PARCE QUE C’EST AUSSI UNE FORME DE HAINE
Chefs op’ festival sexiste ?
Du mardi 3 mars au vendredi 6, la section cinéma audiovisuelle du lycée Le Castel à Dijon campe au festival Chefs op’ en Lumière à Chalon-sur-Saône. Bonne ambiance, élèves motivé·es, programmation de qualité, masterclass passionnantes, travail pratique en studio avec un pupitreur, bref, le rêve. Sauf qu’au bout d’un moment, on remarque que les femmes bénévoles sur le festival ouvrent les portes, déchirent les billets, placent le public dans la salle et passent les micros lors des échanges après projections. Les hommes, eux aussi bénévoles, animent les débats, tutoient les chefs opérateurs et cheffes opératrices qu’ils interrogent et sont visiblement très contents d’être là. Au terme des quatre jours passés avec des dames passe-plateaux et des messieurs porte-parole, j’envoie un mail de bilan à la direction du festival (tout est très bien mais quand même un truc me chiffonne…) et là, surprise, je reçois une réponse d’une des bénévoles qui me remercie chaleureusement d’avoir pris la défense des femmes qui, me dit-elle, sont maltraitées en interne et n’en peuvent plus d’être des petites mains, aussi invisibles que des fourmis que l’on écrase. Aux dernières nouvelles, la contestation enfle et la riposte s’organise.
Rendez-vous en 2027 à Chefs op’ en Lumière, un homme déchirera les billets et une femme interrogera sur le plateau, sans connivence surjouée, une cheffe opératrice, car il en existe beaucoup même si le métier reste encore majoritairement masculin.
Sophie
“Bande de putes”
Elle, Danièle Schultz a 19 ans, elle vit à Tel Aviv et elle dit Non. Refuznik, elle refuse une incorporation : “C’est dans trois jours et je refuse de faire ce service militaire. Ils m’enverront direct en prison, mon refus est politique, je veux dénoncer l’injustice subie par les Palestinien·nes, nous ne tuerons ni ne mourons pour les colonies, nous militons à Mesarvot qu’on peut traduire par les Refusantes”. Le petit groupe part en manifestation sur le boulevard Rotschild : “Bande de putes, vous êtes des déchets” leur crie-t-on. “En Israël l’armée c’est une religion, appeler à déserter est un sacrilège” dit Noa Levy, avocate qui défend des centaines d’objecteurs·trices, dont le nombre grandit. Quel courage ! Merci à eux, merci à elles.
Cf : La chronique, magazine des droits humains. Numéro 471.
Emmanuelle
Afghanistan
Depuis le retour au pouvoir des talibans en août 2021, les droits et les libertés des Afghanes ont continuellement diminué. L’espace public leur est interdit sans chaperon, leur voix ne peut plus s’y faire entendre. Plus d’accès à l’éducation, aux soins de santé, elles subissent “un apartheid de genre”.
Filles et femmes sont assignées à l’espace domestique et depuis le début de l’année 2026, le nouveau code pénal adopté par les talibans encadre et banalise les violences au sein du foyer. Le mari auteur de violences n’a qu’à invoquer une justification morale ou religieuse pour ne pas être poursuivi par l’État. Le texte précise que les châtiments infligés à la femme ou aux enfants doivent rester des “punitions discrétionnaires” qui ne laissent pas de blessures visibles. Et quand bien même ces violences domestiques entraîneraient des hématomes ou des fractures, le mari serait alors condamné… à 15 jours de prison.
Avec ce texte de loi, un nouveau seuil vient d’être franchi dans l’horreur : devenues “la norme”, les violences domestiques faites aux femmes et aux enfants sont légalisées, les possibilités de demander justice pour les femmes pratiquement annihilées.
Joëlle