Édito

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Non à l’économie de guerre

et à l’austérité

Le budget de l’Éducation nationale pour l’année 2026 entraîne 4000 suppressions de postes. Pourtant pas une seule journée nationale de grève n’est prévue pour dénoncer ce budget immonde. Les directions syndicales ont une lourde responsabilité dans la période, puisqu’au lieu d’impulser un mouvement contre le budget, elles n’agissent pas.

Au niveau local, la mobilisation des collègues et des établissements est pourtant là. Partout en France, à Marseille, Lyon, Toulouse, Dijon…, les personnels des collèges et lycées s’insurgent contre les conditions de rentrée. Dans plusieurs établissements, ce sont aussi les lycéen·nes qui se mobilisent contre la dégradation des conditions d’étude : la solidarité des personnels est indispensable pour faire face à la répression qui les frappe. Alors que les DHG 2025 permettent à peine aux établissements de fonctionner, celles de 2026 présagent d’une dégradation sans précédent, avec des effectifs qui explosent, en particulier dans les quartiers populaires. L’école y est pourtant un des derniers services publics présents.

Cette mobilisation est bien souvent initiée dans les établissements et accompagnée par les sections syndicales départementales. Ainsi des journées de grèves sont prévues partout en France, sans appel national. Dans nombre d’établissements, les revendications ne se limitent pas à la question de la DHG mais il est nécessaire d’accompagner cette auto-organisation par la création d’AG inter-établissements, de ville ou départementale qui s’articulent vers une coordination nationale afin de créer un mouvement d’ampleur qui pourra déboucher sur une grève non limitée à l’avance. En parallèle, des AED, AESH se mobilisent partout, à la fois pour obtenir la création de postes mais aussi pour faire progresser leurs droits.

Dans la période, la lutte contre la précarité doit devenir un axe fort des directions syndicales, pour :

  • la création d’un statut pour les AED et AESH ;
  • la titularisation immédiate et sans conditions de tous les contractuel·les de l’Éducation nationale ;
  • la fin du blocage des salaires et des pensions ;
  • l’annulation des suppressions de postes prévues au budget 2026, la création de tous les postes nécessaires ;
  • une coordination de toutes les luttes à la fois contre le budget d’austérité et contre la précarité généralisée.

Le budget de l’État dote le ministère de la défense d’un budget supérieur à celui de l’Éducation nationale, et permet ainsi de créer 40 000 postes dans l’armée. Nous exigeons que les 40 000 créations de postes soient fléchées vers la Fonction publique et notamment l’Éducation nationale (postes d’enseignant·es, CPE, AED, AESH, PsyEN, Assistant·es social·es…).

Le ministère de la défense développe de nombreux guides pour généraliser l’esprit de défense. Dans l’Éducation nationale, c’est le guide Acculturer les jeunes à la défense. Celui-ci invite, en plus des dispositifs existants comme les classes “Défense”, à se saisir des stages de “découverte professionnelle” des classes de troisième et seconde, ainsi que des périodes de formation en milieu professionnel pour proposer “une imprégnation plus immersive”. Il faut en demander le retrait, tout comme la suppression des classes et dispositifs de défense et sécurité globales, et le retrait de la FSU de la commission armée jeunesse.

L’extrême droite est à combattre dans les manifestations (8 mars, 14 mars,…) et aussi dans l’Éducation. Bolloré a une position quasiment hégémonique dans le monde de l’édition scolaire et de la distribution, ce qui lui permet de financer son empire médiatique mis au service d’un projet de société réactionnaire. C’est de l’argent public qui tombe directement dans les caisses de l’extrême-droite. Et c’est l’Éducation nationale qui passe les commandes ! De plus, si le RN arrive au pouvoir, il est question dans son programme de manuels labellisés. Avec le groupe Hachette et ses nombreuses maisons d’édition satellites, il aura l’outil tout trouvé pour mener à bien sa politique autoritaire et nauséabonde. Le collectif EducNat contre Bolloré, créé en janvier, a élaboré des outils de communication et d’actions, en accès libre, dont chacune et chacun peut s’emparer dans son établissement (voir en page 14). Soutenons activement cette campagne.

Émancipation tendance intersyndicale

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