Édito

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Pour nos droits, contre l’extrême droite

et la militarisation, créons les conditions nécessaires au changement !

Le 7 janvier 2026, une proposition de loi visant à créer un statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH a été rejetée par le Sénat, majoritairement de droite et du centre. Ceci en dépit d’une mobilisation menée depuis plusieurs mois, soutenue par les syndicats et les parents d’élèves mais encore trop faiblement portée par l’ensemble des personnels. Cet échec n’est pas dû au hasard : émiettement des statuts, incapacité des bureaucraties syndicales à élaborer une stratégie commune permettant aux personnel·les de l’éducation de frapper ensemble pour obtenir des victoires et bilan d’une politique d’école inclusive menée dans un contexte d’austérité budgétaire.

Néanmoins, en ce mois de mars dédié aux luttes pour l’émancipation des femmes et de minorités de genre, comment ne pas voir que dans l’éducation, ces personnel.les cumulent l’ensemble des violences institutionnelles, politiques et patriarcales ? Sous-payé·es, peu reconnue·s, associé·es aux cares pourtant essentielles mais dévoyés par les politiques libérales, leurs conditions de travail – déjà précaires – se sont dégradées depuis l’instauration des PIAL : augmentation du nombre d’élèves à accompagner, affectation sur plusieurs établissements, emploi du temps éclatés et souvent incomplets.

Dans la Fonction publique, où les femmes sont majoritaires, il y a un enjeu collectif à porter leurs revendications qui sont les nôtres et plus largement, à construire un rapport de force pour lutter contre les conséquences de l’austérité budgétaire qui s’impose toujours davantage et menace nos conditions de travail et de vie. Si la casse des services publics est mortifère pour la majorité de la population, doit-on rappeler qu’elle touche plus durement les femmes et les minorités racisées ?

Dans nos professions de l’éducation comme partout dans la société, les femmes sont attaquées dans leurs droits : égalité salariale, droits reproductifs, droits des personnes LGBTQIA+, VSS, baisse des subventions allouées à l’égalité filles/garçons… tout cela dans un contexte d’offensive majeure de la droite et de l’extrême droite à l’école (militarisation de la jeunesse, atteintes croissantes aux libertés pédagogiques).

Ces attaques coordonnées des forces réactionnaires ne concernent pas que l’école et les services publics déjà lourdement fragilisés. Elles portent aussi atteintes aux droits des étranger·es, promeuvent des discours xénophobes dans les médias Bolloré et tentent, au travers de collectifs identitaires comme Némésis, une récupération politique du mouvement féministe. Ne cédons rien face à ces collectifs. Le “fémonationalisme” est une instrumentalisation grossière des luttes féministes qui naturalise les dominations au service d’un projet de société raciste. Celleux qui le portent sont des adversaires politiques des femmes et des minorités mais aussi des ennemis de classe du mouvement ouvrier. Les féminismes sont et resteront, résolument progressistes, ancrés à gauche et antifascistes !

À Émancipation, nous sommes également convaincu·es que la lutte contre la militarisation et la guerre impérialiste est aussi une question féministe. C’est pourquoi, dans ce numéro, plusieurs contributions d’autrices explorent cette question, dans la continuité du travail mené par les collectifs féministes et LGBTQIA+ et en soutien avec les femmes du monde en entier qui luttent pour leurs droits.

En ce mois de mars et après, la mobilisation par en bas reste indispensable pour créer les conditions nécessaires au changement. Regroupons nos forces et prenons appui sur les initiatives qui cherchent à la construire, comme par exemple celle de la “Semaine noire”, à l’appel du mouvement Bloquons Tout issu de la mobilisation du 10 septembre.

Pauline Beaunay

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