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Chronique des sexismes

PARCE QUE C’EST AUSSI UNE FORME DE HAINE

Qui nous protège de la police ?

15 janvier 2026, Angoulême : un policier de 45 ans avoue le viol d’une adolescente en janvier 2025, et aussi plusieurs agressions sexuelles avec tentative d’enlèvement armée de quatre autres femmes entre novembre 2025 et janvier 2026. Ce policier a été enfin interpellé après l’agression d’une femme de 60 ans qui a réussi à le repousser en sortant son canif.

Est-il besoin de rappeler que le fait de porter une arme létale rend son titulaire « tout puissant  » pour violer, tuer ?

Il faudra être vigilant·e sur les suites juridiques de cette affaire car il faut rappeler que les VSS ne diminuent pas dans notre pays (contrairement à l’Espagne qui mène une politique publique digne de ce nom).

En 2024 sur les 122 600 plaintes il y a eu seulement 7 500 poursuites et condamnations, sachant que peu de femmes portent finalement plainte…

Emmanuelle

Définitivement condamné mais toujours à l’antenne

Ce 14 janvier, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi de l’animateur Jean-Marc Morandini et l’a définitivement condamné pour “corruption de mineurs” et “harcèlement sexuel” à deux ans de prison avec sursis et 20 000 € d’amende. Lui était reproché l’envoi de messages de nature sexuelle à trois adolescents. Ce n’était pas sa première affaire avec la justice ; en effet ce même animateur de CNews, il y a un an tout juste, avait été condamné en appel, à 18 mois de prison avec sursis pour harcèlement sexuel à l’encontre d’un jeune comédien.

Malgré ses deux condamnations, rien ne change à l’antenne. Le directeur général de Canal+, Gérald-Brice Viret confirme le soutien de son groupe à l’animateur : “On assume complètement” a-t-il déclaré le lendemain de la condamnation.

Quel message véhicule cette attitude du groupe appartenant au milliardaire conservateur Vincent Bolloré, toujours si prompt lors d’agressions sexuelles à accuser sans preuve, les sans-papier ? Quel message sinon celui que les décisions de justice ne servent à rien face aux volontés et aux pouvoirs des puissants et qu’il y aura toujours “deux poids, deux mesures”. Pour les victimes d’agressions sexuelles, c’est catastrophique. Parler, porter plainte leur demande une force considérable ; si les décisions de justice ne sont pas prises au sérieux et ne changent rien, la mobilisation citoyenne et militante se doit de continuer à dénoncer.

Joëlle

Chili, une pro-vie au ministère des Femmes et de l’Égalité des genres

Le 14 décembre dernier, second tour des élections présidentielles, les urnes ont révélé la large victoire (58 % des voix) de l’ultraconservateur José Antonio Kast, contre la candidate de la coalition de gauche, Jeannette Jara. L’inquiétude des mouvements féministes qui redoutent une possible remise en cause des avancées en matière de droits des femmes, est largement fondée. Aucun gouvernement ultraconservateur ne remet en cause le patriarcat et les assignations que ce dernier fait peser sur les filles et les femmes.

Le 20 janvier, la présentation des membres du futur gouvernement chilien ne rassure pas les féministes : c’est Judith Marín, chrétienne évangéliste de 30 ans, que le futur président (lui-même catholique fervent et père de neuf enfants) a choisi pour le ministère de la Femme et de l’Égalité des genres. Judith Marin, défend la “famille naturelle” de l’homme et de la femme comme socle de la société. Elle avait déclaré en octobre 2025 : “Notre pays traverse une crise spirituelle, sociale, morale et politique, et plus que jamais, nous, les enfants de Dieu, devons nous lever”.

Les chiliennes vont devoir se préparer à combattre durement cette adversaire qui se déclare ouvertement pro-vie. Elles doivent pouvoir compter sur le soutien à l’international de toutes les militantes féministes. Solidarité avec nos sœurs du Chili !

Joëlle