Édito

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Liberté de circulation !

Les médias ont largement commenté les deux meurtres de Minneapolis, et l’arrestation d’un enfant de 5 ans qui rentrait de l’école maternelle. Des crimes justifiés et défendus par les déclarations mensongères de Trump et de son gouvernement, qui couvrent ouvertement les crimes de l’ICE. Mais la mobilisation citoyenne aux États-Unis a contraint Trump à reculer un peu, et les agents fédéraux envoyés pour faire la chasse aux étranger·es devraient se retirer de Minneapolis. On pourrait se contenter de suivre ces évènements apparemment lointains en spectateur/spectatrice passif/ve et compatissant·e.

Mais ce serait oublier qu’en Europe et en France, Trump fait des émules, et pas seulement dans le Rassemblement national. C’est ainsi qu’Arno Klarsfeld a récemment fait polémique en osant déclarer sur CNews : “Si on veut se débarrasser des OQTF, il faut organiser, comme fait Trump avec ICE des sortes de grandes rafles un peu partout”.

Ce serait oublier que chaque jour les frontières maritimes de l’Europe et de la France tuent. Ainsi, l’OIM (Organisation internationale pour les migrations) de l’ONU, a signalé plusieurs centaines de migrant·es mort·es ou disparu·es en Méditerranée durant le mois de janvier. À Calais, la police, armée de tasers, lanceurs de LBD, grenades lacrymogènes, intervient pour empêcher les migrant·es de prendre la mer prétendument pour leur sécurité. Désormais, l’interception des bateaux se pratique aussi en mer, au péril de la vie des personnes interceptées. Des militant·es britanniques d’extrême droite viennent sur les plages de la Manche pour agresser les candidat·es à la traversée.

Cette violence croissante appelle un sursaut, la mobilisation indispensable des associations qui agissent localement ne suffit pas. La journée internationale contre le racisme et le fascisme pourrait constituer un point d’appui. Inscrire cette journée le 14 mars, comme un point d’orgue d’un projet de “Semaine noire”, répond à la nécessité d’un mouvement social d’ensemble déterminé à gagner sur ses revendications. C’est la même logique que celle qui avait permis le succès des mobilisations “On bloque tout” de septembre.

Les obstacles à la mobilisation sont considérables, alors que les bureaucraties syndicales se coupent toujours davantage des forces vives qui animent les luttes. Mais l’enjeu est majeur. Alors qu’au niveau planétaire les déplacements de population ne cessent d’augmenter, poussés par les crises climatiques, les guerres, la misère et le désespoir, ériger les pays d’accueil en forteresses toujours plus militarisées ne peut conduire qu’à toujours plus de barbarie.

Il faut gagner la bataille culturelle et cesser d’ériger l’immigration en problème : pour l’avenir de l’humanité, il n’y a pas d’autre solution que la liberté de circulation. Et nous sommes convaincu·es à Émancipation que les libertés, la solidarité, la fraternité en actes, sont incompatibles avec les intérêts du capitalisme mondialisé. C’est une lutte de longue haleine qui ne peut s’arrêter aux calendriers électoraux, et dans l’immédiat il s’agit de contribuer aux mobilisations unitaires pour obtenir :

  • L’abrogation immédiate de la loi Darmanin et des circulaires Retailleau.
  • L’égalité des droits de toutes et tous, à l’école, au logement, à la santé, à la culture, au travail.
  • La régularisation des sans-papiers.
  • La fermeture des centres de rétention administrative (CRA).
  • La justice sociale et la solidarité, contre le racisme et le fascisme.

Raymond Jousmet, 28/01/2026

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