Les Filles de la passion

Maggy fait grève. Voilà douze jours qu’elle a cessé de s’alimenter. Maggy est en prison. Maggy est une terroriste. Entre souvenirs et hallucinations on la suit dans son enfance au couvent des Filles de la passion. On l’accompagne dans ses amitiés sinueuses. Avec Dizzie, qui lui apprend que la franchise est une option. Avec Rosheen, frappée par son mari. L’IRA est dans le paysage mais Maggy se tient à distance, elle a une thèse à terminer. De sémiologie. Le sens ça n’est pas dans une vie de femme qu’on le trouve. Alors Maggy tue parce que c’est une option. Comme la franchise.

“Maggy cracha sur lui. C’était un geste étrange et barbare, mais, en y repensant, elle éprouvait à nouveau la colère de la jeune couventine devant cette atteinte à la dignité et savait que c’était le minimum pour qu’elle se défoule. Si on lui avait donné un couteau, elle aurait poignardé cet homme. Il dut voir de la folie sur son visage car il essuya le revers de sa veste et s’éloigna sans piper.”

Les Filles de la passion, Julia O’Faolain, Les éditions du Portrait, avril 2023, 8,90€.