For-ever-ism

Cet essai s’ouvre sur la répression du sentiment nostalgique, projet qui occupera les penseurs du début du XXe siècle, où l’on ne peut tolérer que quelque sentimentalisme vienne s’opposer à la ferveur militaire. Au fil des moments de ce court texte, Grafton Tanner propose une thèse selon laquelle :

  • •nous sommes apparemment entourés d’objets de nostalgie ;
  • •à bien y regarder, il s’agit d’épigones ;
  • •ceux-ci ont vocation à conjurer l’émotion nostalgie, cette fois au service des impératifs capitalistes ;
  • •ce foreverism va de pair avec le nowism d’une époque éternellement plongée dans l’instant.

“Rien ne hante cet instant éternel, aucun fantôme n’y fait cliqueter ses chaînes. Exister dans un néant foreverisé signifie ne jamais mourir, produire et livrer concurrence sous des regards vigilants, errer dans un univers infini où les conversations ne se terminent jamais, en se demandant quand le printemps va arriver.”

For-ever-ism, Grafton Tanner, Façonnage éditions, novembre 2024, 120 p., 14€.