Un film israélien anticolonialiste (The Lab , 2013) montre comment l’armée et la police brésiliennes sont venues se former en Israël aux armes et aux techniques de mort. Il s’agissait à l’époque d’attaquer les favelas pour assurer la “sécurité” des Jeux Olympiques de Rio. Le gouverneur de l’État de Rio, Claudio Castro (partisan de Bolsonaro), a récidivé. Sans même prévenir le gouvernement de Lula, il a lancé 2 500 policiers sur des favelas, censées être un bastion des trafiquants. Bilan terrible : au moins 132 mort·es, des cadavres décapités partout.
Milei a plongé une moitié de la population sous le seuil de pauvreté. Et il a quand même gagné les élections provinciales avec la “promesse” que Trump renflouerait le pays. C’est une victoire par manque d’alternative crédible. Depuis des décennies, la “gauche” argentine est incarnée par le courant péroniste. Les longues années au pouvoir de ce courant l’ont discrédité. Si l’Argentine doit se tourner vers son passé, c’est davantage vers les années 2000, quand les travailleur·euses avaient récupéré des entreprises abandonnées par leurs patrons et les avaient remises en route
Trump devrait être déconsidéré à l’ONU tant il s’assoit sur toutes les résolutions. Il a pourtant fait voter au Conseil de Sécurité sans opposition une motion qui reconnaît l’annexion du Sahara occidental par le Maroc. Une espèce de remake du vote du plan de partage de la Palestine en 1947. Le Maroc est ainsi récompensé pour avoir reconnu Israël. Quant au peuple sahraoui, il s’ajoute à la longue liste des peuples dont les droits sont niés.
L’extrême droite a reculé et perd 11 député·es. Elle tenait à bout de bras le gouvernement sortant, elle est désormais dans l’opposition. Les manifestations très massives contre le génocide à Gaza ont joué un rôle dans la victoire du parti D66 qui s’est prononcé pour des sanctions contre Israël.
Certes le poste de Président·e de la République est un poste honorifique. Mais la victoire de Catherine Connoly avec 63 % face aux candidats des deux partis de droite au pouvoir a un sens. Elle est pour la réunification de l’Irlande et a participé à des manifestations pour la Palestine. En Irlande, le soutien à la Palestine traverse tous les milieux : la fédération irlandaise de football demande l’expulsion d’Israël de toutes les compétitions.
Dans le BDS contre l’État d’Israël, il y a le boycott culturel. Pas parce qu’on n’aime pas les artistes israélien·nes. Mais parce que cet État génocidaire essaie de sauver son image avec sa culture. À Paris, l’orchestre philharmonique israélien avait invité l’ambassadeur Joshua Zarka qui justifie à longueur d’antenne le génocide en cours. Et il a joué la Hatikvah, l’hymne israélien. Honte à une certaine gauche française qui dénonce le BDS et ne dit rien sur les violences commises contre les militant.es du BDS.
Au mépris de toute forme de droit international, le Conseil de Sécurité a adopté le Plan Trump d’occupation coloniale de Gaza. C’est Trump qui va présider en personne cette farce tragique.
Sauf miracle, l’extrême droite va revenir au pouvoir : une extrême droite multiple avec des composantes néo-nazie, libertarienne, et héritière de Pinochet. Pourquoi cet échec de la gauche qui était arrivée à la présidence à la suite d’un formidable mouvement populaire ? La gauche bute sur l’héritage de Pinochet : celui-ci avait détruit l’essentiel des formes de droit du travail, de sécurité sociale, d’éducation gratuite pour tou.tes, de droits du peuple autochtone (les Mapuches). Et la bourgeoisie chilienne ne veut en aucun cas abandonner cet héritage. La défaite de la gauche chilienne a commencé avec l’échec du référendum sur la constitution. Réforme ou révolution ? Un vieux débat.
Le continent africain est sinistré. Il est pillé par les multinationales et des gouvernements dictatoriaux s’installent partout. Le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument.
En Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara est un octogénaire porté au pouvoir par l’armée française. Il a fait invalider la candidature de tous ses opposants et entame un quatrième mandat.
Au Cameroun, Paul Biya a 92 ans. Au pouvoir depuis 1984, il a été “réélu” pour la 8ème fois. Le score de l’élection (54 % contre 32 %) est totalement fantaisiste. Par contre le nombre de décès au cours des manifestations de protestation est officiellement de 16 mort·es. Officieusement plus d’une centaine.
En Tanzanie, la présidente Samia Hassan a interdit toute candidature d’opposition et elle a fait tirer dans la foule. L’opposition parle de plus de 1 000 mort·es. Les journalistes ont découvert de très nombreux corps dans les rues.
On oublie souvent que c’est au Soudan que se trouve le plus important parti communiste d’Afrique. Il a joué un rôle fondamental dans la révolution de 2019 qui a renversé Omar el-Béchir. Révolution très vite confisquée par une armée qui a rarement quitté le pouvoir depuis l’indépendance. L’armée, ça pue, ça tue et ça pollue. Mais quand il y en a deux, c’est pire. Mohamed Hamdan Dogolo dit Hemeti a un lourd passé de criminel de guerre, notamment au Darfour. Les sans-papiers du Darfour qui arrivent en Europe ont fui ces massacres. Hemeti est l’homme le plus riche du pays. Il a rompu avec le général al-Burhan en 2023. La guerre civile entre les deux généraux a provoqué une famine généralisée et de très nombreuses victimes civiles. Hemeti est soutenu financièrement et militairement par les Émirats Arabes Unis (signataires des accords d’Abraham), eux-mêmes armés par la France et les États-Unis. Avec la prise de la ville d’El Fasher, capitale du Nord Darfour, où se trouvaient des centaines de milliers de réfugié·es, les troupes d’Hemeti se livrent à un nouveau génocide. Elles menacent désormais Khartoum.