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Chronique des sexismes

PARCE QUE C’EST AUSSI UNE FORME DE HAINE

Une bonne idée, vraiment ?

Depuis peu, suite à une récente agression, une pétition circule pour réclamer la création d’espaces réservés aux femmes dans les transports en commun parisiens. Sept femmes sur dix ont déjà été victimes de violences sexistes et sexuelles dans les transports franciliens. Selon une enquête, publiée par la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof) pour la RATP, 56 % des femmes déclarent ne pas se sentir en sécurité dans les transports parisiens et après 22 heures, ce chiffre grimpe jusqu’à 81 %.

Mais si l’insécurité est une réalité incontestable, les espaces “réservés aux femmes” représenteraient-ils vraiment la solution ? Ne serait-ce pas une fois encore une stratégie d’évitement quant au débat de fond sur les violences masculines ?

Les femmes n’ont-elles pas le droit d’aller où elles veulent, habillées comme elles le souhaitent, sans devoir être perpétuellement sur le qui-vive ? Les cantonner à des espaces protégés, sous prétexte d’assurer leur sécurité, ne fera pas avancer le chantier de l’égalité femmes-hommes revendiquée par les féministes, au contraire, cela les contraindra, elles seules encore une fois, à adapter leur comportement.

Les espaces de non-mixité dans les transports règleraient-ils la question de la sécurité des filles et des femmes dans l’espace public ? Au Mexique, où ces espaces existent déjà, les taux d’agressions et de féminicides battent des records L’agression récente en pleine rue de la présidente Claudia Sheinbaum, le rappelle. Si l’on veut des espaces publics sécures pour toutes et tous, attaquons-nous à la racine du mal, la société patriarcale, source de ces violences systémiques. Ne restreignons pas la liberté des filles et des femmes !

Joëlle

Apartheid de genre, grand absent du droit international 

Le reportage No woman’s land : photos extraordinaires, instants de joie et de résistances, avec un film et des textes, a été réalisé en 2024 en Afghanistan par Melissa Cornet et Kiana Hayeri. Il est exposé dans certaines villes, bientôt à Niort, par la fondation Carmagnac. Comme nous le savons, depuis août 2021, les talibans imposent toujours plus aux femmes une privation de droits fondamentaux, les effaçant de toute vie sociale, leur imposant voile et masque, les enfermant, leur interdisant même désormais de faire entendre leur voix en public. “Les instances internationales que font-elles pour nous ?” interroge une ancienne magistrate. “Le concept d’apartheid fondé sur le genre a été formulé par des féministes afghanes, en droit international, cela comblerait un vide juridique permettant de lutter contre les régimes d’oppression systématique des femmes et de promouvoir la justice de genre dans le droit pénal”. Certes, en attendant, que pouvons-nous faire ? L’accueil inconditionnel de ces femmes ne devrait-il pas être une priorité pour une internationale féministe ? 

Emmanuelle

Inégalité salariale…jusqu’à quand ?

Depuis le lundi 10 novembre à 11h31, en raison des inégalités salariales persistantes entre les femmes et les hommes, les femmes travaillent “gratuitement” et ce jusqu’à la fin de l’année. Un décompte symbolique effectué par Les Glorieuses, qui doit nous interpeller. À temps de travail identique, les femmes gagnent en moyenne 14,2 % de moins que les hommes (statistiques Insee sur 2023). 

La transparence salariale, qui tarde à se mettre en place en France, si on regarde du côté de pays comme l’Islande et la Suède, qui l’ont adoptée depuis longtemps, constituerait un outil pour aller vers cette égalité.

Si on se base sur les statistiques : depuis 2016, l’écart salarial entre femmes et hommes est passé de 15,1 à 14,2 %, soit une réduction de seulement 0,9 point en presque 10 ans. À cette allure et sans volonté politique de s’attaquer véritablement à cette question, l’égalité salariale entre les femmes et les hommes sera atteinte dans… 142 ans !

Joëlle