Contre la militarisation et les violences policières,
à nous de réagir !
Aussi bien au niveau national qu’international, les chefs d’État, sous prétexte de paix, prévoient la guerre. Aux États-Unis, le ministre de la Guerre a déclaré “Nous vivons un moment 1939” et déroule un plan de réarmement massif, nécessaire pour des troupes au sol et pour le repositionnement géostratégique des États-Unis dans le Pacifique. Trump veut “faire la paix” en Palestine ou en Ukraine pour mieux rouvrir un nouveau front vers la Chine. Le plan de paix à Gaza n’a de paix que le nom donné par Trump. En plus des attaques quotidiennes d’Israël, il institue l’occupation israélienne dans une partie de Gaza, la constitution d’une force internationale qui ne pourra être perçue que comme une force colonisatrice supplémentaire. La Cisjordanie connait des violences et des exactions continuelles. Nous sommes loin de la reconnaissance du peuple palestinien à disposer de lui-même….
En France, malgré l’abandon du SNU, l’armée ne fait que gagner du terrain : le budget militaire continue d’augmenter et va dépasser le budget de l’Éducation nationale en 2026, elle tisse des liens étroits avec l’Éducation nationale. Il y a une accélération politique et médiatique de préparation des esprits à la guerre. D’abord avec le discours du chef d’État-Major des Armées au congrès des maires de France, notamment avec cette phrase : “Si notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants […], de souffrir économiquement parce que les priorités iront à de la production défense, alors on est en risque”, puis avec le soutien de Macron à son chef d’État-Major.
Macron est d’ailleurs attendu dans les prochains jours pour un discours sur la place de l’armée et les dispositifs d’engagement des jeunes. Il souhaite refondre le service militaire volontaire, avec pour objectif 50 000 jeunes accueilli·es par an. Les médias jouent leur rôle en cultivant la peur. La balle est donc dans le camp du peuple pour refuser d’envoyer nos enfants se faire tuer, être embrigadé·es dès l’école pour “servir le pays” et exiger que le budget de l’armée soit affecté aux services publics.
Dans le même temps de promotion de l’armée, Mediapart et Libération révélaient les vidéos des caméras embarquées des gendarmes à Sainte-Soline (voir le communiqué des blessés). Elles sont accablantes et montrent la jouissance des gendarmes, donc militaires, à blesser et mutiler des manifestant·es mais aussi une violence ordonnée par la hiérarchie avec des ordres de tirs tendus, interdits car mutilants. On constate aussi les regrets des gendarmes de ne pouvoir utiliser des grenades interdites GLI-F 4 qui ont mutilées des gilets jaunes. Ces vidéos étaient en possession de l’IGGN qui n’a entamé aucune poursuite contre les donneurs d’ordre et les gendarmes ayant réalisés ces tirs interdits.
Les experts nommés dans le cadre de l’enquête suite au dépôt de plaintes des blessé·es à Sainte-Soline ont mis deux ans à rendre des conclusions qui protègent les gendarmes, alors même que les vidéos étaient en leur possession, ils concluent même que les tirs étaient réglementaires. Les violences policières de Sainte-Soline s’inscrivent bien dans un processus étatique de montée en puissance de la répression contre les mouvements sociaux et contre la jeunesse.
À cela s’ajoute la publication par l’ONG Flagrant Déni, d’un rapport sur les violences policières en France. Il montre une augmentation du nombre d’enquêtes sur des violences policières mais aussi du nombre d’homicides par les forces de l’ordre, en particulier suite à un refus d’obtempérer, légalisé dans la loi du 28 février 2017, sous Hollande. L’ONG documente qu’à ce nombre croissant de la mortalité s’ajoute le fait que les taux d’élucidation des affaires de violences policières est deux fois moins important que s’il s’agissait de personnes lambda. Les forces de l’ordre cachent leur identité, font de fausses déclarations sous serment et sont couverts par leur hiérarchie. Les violences policières sont donc bien des violences d’État.
Face à cette montée en puissance de la violence, de l’armement et de l’embrigadement, nous devons réagir en refusant les partenariats armée-école, en démontant les discours bellicistes, en nous organisant à tous les niveaux et notamment dans l’Éducation nationale comme nous avons commencé à le faire lors du stage antimilitariste (voir stage antimilitariste dans l’éducation).
