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Madagascar

Ce pays de 32 millions d’habitant·es est un des plus pauvres du monde. La jeunesse s’est révoltée contre l’autoritarisme et la corruption du président Rajoelina. Comme tous les dictateurs, le président a fait tirer sur la foule : 28 mort·es mais les manifestations se sont poursuivies jusqu’à ce que l’armée, pour ne pas être entraînée dans la chute du régime, renverse Rajoelina. C’est à bord d’un hélicoptère français que le président s’est enfui, la Françafrique est toujours là.

Grèce

Le peuple grec n’en finit pas de payer pour la défaite qu’il a subie face à l’Europe néolibérale : le Parlement grec, dominé par la droite pro-européenne, vient de voter la possibilité d’une journée de travail de 13 h !! Le capitalisme n’arrête pas le progrès.

Maroc

Comme dans de nombreux pays, la jeunesse s’est révoltée contre les injustices, les détournements de fonds, le chômage massif. Le Maroc est un pays à deux vitesses. Une partie de la population des grandes villes profite (un peu) de la mondialisation en servant de main d’œuvre bon marché aux multinationales. Mais les services publics s’effondrent et la pauvreté est généralisée dans les campagnes. Originalité de cette révolte : la remise en cause de la coupe du monde de football.

Deux poids, deux mesures

Le journaliste français Antoni Lallican a été tué intentionnellement en Ukraine par un drone russe. Le Parquet ouvre une enquête. C’est normal, Poutine est un assassin sans scrupule. À Gaza, plusieurs dizaines de milliers de civil·es ont été assassiné·es dont certain·es avaient la nationalité française. 35 Français·es ont été capturé·es dans les eaux internationales par la marine israélienne. Le Parquet n’entame aucune poursuite.

Italie

La marche vers le pouvoir de Meloni avait commencé avec les élections dans la petite province des Marches. La gauche, exceptionnellement unie, espérait une revanche. Elle a progressé mais elle a perdu à nouveau. Meloni attaque à présent sur le plan idéologique. Sa ministre estime que les voyages scolaires à Auschwitz imputent injustement l’antisémitisme au fascisme.

États-Unis

Plus de 7 millions de personnes ont manifesté contre Trump aux cris de “No kings” et en soutien aux immigré·es enfermé·es et expulsé·es. À New York, le candidat à l’élection municipale qui devrait (sauf surprise) être élu se présente comme socialiste. C’est un immigré né en Ouganda. Les sondages disent que la grande majorité des Juifs/ves de la ville vont voter pour lui.

Gaza

La population n’en pouvait plus. Il fallait que le génocide s’arrête. Mais le “plan de paix” qui s’applique aurait pu être écrit par Netanyahou. La reconstruction se fera sans les Palestinien·nes avec des villes nouvelles bourrées de caméras. Le nombre de camions entrant dans Gaza reste très insuffisant et la famine touche toujours une partie de la population, surtout au nord. Netanyahou a déjà violé la trêve. Les libérations de prisonniers palestiniens ne concernent pas les prisonniers emblématiques : Marwan Barghouti (Fatah), Ahmed Saadat (FPLP), le docteur Abu Safiya (directeur de l’hôpital Kamal Adwan que l’occupant a rasé). L’occupant ne veut pas de partenaire pour la paix. Il garde en prison toutes celles et ceux qui font consensus en Palestine.

Les médias occidentaux sont restés égaux à eux-mêmes lors des ·échanges de prisonnier·es”. Pour les Israéliens libérés, on a eu droit aux noms des membres de leurs familles et de leurs animaux domestiques. Rien sur le fait qu’ils ont subi aussi la famine organisée ou sur le fait que les mort·es ont été écrabouillé·es·par des bombes israéliennes. Pour les prisonnier·es palestinien·nes, juste des chiffres, rien sur les tortures, sur les non-retrouvailles avec des familles décimées, sur les dizaines de cadavres “livrés” pieds et poings liés.

Rafah était une ville de 250 000 habitant·es. L’armée israélienne a tout rasé et évacué les gravats. Il ne reste que du sable et des dunes.

Gaza a connu des scènes que la France a vécu en 1944 à la Libération : des exécutions sommaires de personnes accusées de collaboration. C’était parfois vrai et parfois faux. Cela a été très mal vécu par la société civile.

Vénézuéla & Prix Nobel

Autant, quand Chavez était à la tête du pays, il y a eu des transformations progressistes qui ont amélioré le sort des plus pauvres, autant Maduro, c’est avant tout une bourgeoisie nationale qui truque les élections pour se maintenir au pouvoir. Le blocus et la faillite du régime ont provoqué l’exode de millions d’habitant·es.

Mais Maduro est un ennemi de Trump et, comme le Vénézuéla détient des énormes réserves de pétrole, cela a réveillé les appétits de l’impérialisme états-unien. L’histoire a connu l’annexion de territoires mexicains, les invasions du Nicaragua, de la République Dominicaine, de Haïti ou de la Grenade, les coups d’État au Brésil, en Argentine, au Chili, en Bolivie et en Uruguay. Aujourd’hui, c’est le Vénézuéla où une vaste opération de déstabilisation intitulée “opération anti-drogue” est en cours. Comme les Israéliens à Gaza, la marine de Trump assassine sans jugement des pêcheurs (y compris colombiens) qualifiés de “trafiquants”.

Trump n’a pas eu le prix Nobel mais la Vénézuélienne Maria Corina Machado qui l’a eu l’a dédié à Trump et a félicité Netanyahou pour ses actions au cours de la guerre. Elle a soutenu toutes les tentatives de coups d’État dans son pays depuis 2002. Cette attribution est-elle une bavure ? Pas vraiment. Le Prix Nobel d’économie a été attribué à Philippe Aghion qui soutient Macron et préconise la suppression de la retraite par répartition.

Yémen

C’est le dernier pays de la région que l’armée israélienne n’a pas réussi à terroriser et à neutraliser. Les attaques de bateaux se rendant à Eilat continuent. Alors Israël a envoyé des missiles sur les sièges des deux grands journaux du pays en pleines conférences de rédaction. Il y a eu 32 mort·es.