Le drapeau rouge flotte sur la cathédrale de Strasbourg. En effet, l’Alsace-Moselle fait partie de l’Empire allemand. Depuis le début de novembre 1918, la mutinerie partie de la flotte se généralise, des conseils (“soviets”) d’ouvriers et de soldats se mettent en place, l’Empire est renversé… ce mouvement révolutionnaire gagne l’Alsace-Moselle : on ne rêve pas d’appartenir à la France, mais de changement social. Ici comme ailleurs, la situation est celle d’un bouillonnement idéologique et d’une intense mobilisation sociale : une république – ni française ni allemande – est proclamée ; un double pouvoir existe de fait : d’un côté les institutions plus ou moins contrôlées par la social-démocratie, de l’autre des conseils de soldats et d’ouvrier.es avec des aspirations révolutionnaires. Les conseils vont décider de réformes sociales et démocratiques radicales : liberté de la presse et d’expression, augmentation des salaires, etc. L’arrivée de l’armée française va y mettre fin, les capitalistes “allemands” l’accueille (finalement assez logiquement) en “libératrice”. S’ensuit une politique de “francisation” à outrance, la France refusant même la tenue d’un référendum avant l’annexion de l’Alsace-Moselle.