Édito

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Jusqu’à satisfaction

de nos revendications…

Le 10 septembre, des milliers de personnes sont descendues dans la rue, épuisées par les fins de mois de vache maigre, les journées de travail harassant, les factures de gaz et d’électricité en hausse continue, les services publics de moins en moins publics, le chômage reproché aux allocataires des prestations sociales que la classe dominante accuse de mettre à bas les finances de la France…

Ces milliers de manifestant·es disaient leur colère face aux énormes richesses de quelques grands patrons à qui le pouvoir accorde baisse des charges patronales et cadeaux fiscaux, pendant qu’ils licencient allègrement afin de générer encore plus d’argent pour eux-mêmes et leurs actionnaires…

Iels disaient aussi leur inquiétude face au dérèglement climatique engendré et aggravé par le capitalisme, couronné par la loi Duplomb et son permis d’empoisonnement… Iels exprimaient le scandale que représentent les ventes d’armes à Israël qui commet un génocide à Gaza et leur peur des démarches sécuritaires, militaristes et guerrières d’Emmanuel Macron et de ses gouvernements…

Pour avoir eu l’outrecuidance de dire leur ras-le-bol de cette société sur la place publique, presque toutes et tous ont été arrosé.es de gaz lacrymogènes et matraqué.es par la police.

Le 10 septembre nous étions dans la rue et nous voulions tout bloquer. Parce que nous savons bien que pour que nos revendications aboutissent, quelques jours éparpillés de grève, aussi massive soit elle, ne suffisent pas et que cette stratégie est une machine à perdre qui nous affaiblit.

Nous espérions que les directions syndicales relaient cet appel populaire à se rebeller et à prendre nos destins en main. Nous espérions des appels clairs à rejoindre le mouvement, à bloquer les lieux de travail, à nous organiser pour contrer les pouvoirs en place.

Que nenni. Une fois de plus (à l’exception de Solidaires et de syndicats de secteurs de la CGT), elles en ont décidé autrement. Elles ont décrété que cet appel du peuple n’était pas dans leur prérogative, bien que la grande majorité des assemblées générales demandaient à ce que les syndicats les rejoignent et les aident à s’organiser. 

Isolées dans leurs tours d’ivoire, les directions syndicales ont organisé la grève du 18 septembre, décrétée légitime celle-là, en ne faisant jamais référence à la mobilisation du 10.

Nous y étions aussi, ce 18 septembre, avec les camarades que nous avions croisé·es huit jours plus tôt sur les ronds-points, les places, les barrages filtrants, les manifs… Nous y étions et nous nous disions que les soulèvements populaires, aussi minimes soient-ils (et la mobilisation du 10 septembre était loin d’être négligeable), ne sont jamais perdus. Parce qu’ils permettent les rencontres, parce qu’ils sont des lieux d’échange de la parole et de savoir-faire, parce qu’ils donnent de l’espoir.

Comme attendu, les patron·nes des centrales syndicales nous ont donné rendez-vous pour une nouvelle “grande journée de mobilisation” : le 2 octobre.

Nous y serons et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que, les jours suivants, la lutte continue, afin de tout bloquer jusqu’à la satisfaction de nos revendications.

Corinne Mialon, 30 septembre 2025

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