Dans le plus grand secret 1 et faisant fi des recommandations, Matignon a décidé d’“introduire” les jeux vidéo à l’Éducation nationale, un scénario invraisemblable, qui pourrait devenir réalité.
86 % des Français·es jugent la culture “essentielle” pour leur qualité de vie, selon une étude menée par l’IFOP pour la fondation internationale Art Explora 2, pourtant iels en “consomment” de moins en moins, puisque cette étude révèle qu’un·e Français·e sur cinq n’a effectué aucune sortie culturelle au cours des douze derniers mois.

Toutes les pratiques culturelles des Français·es ont baissé entre 2017 et 2025, par exemple iels ne sont plus que 72 % à lire un livre au moins une fois dans l’année ; (-13 points), 57 % à être allé·es au cinéma (-20 points), 43 % à s’être rendu·es dans un musée ou une exposition (-19 points)…
Il existe sans doute de multiples explications : les inégalités territoriales ou sociales, le coût financier ou encore le manque de temps. Sans compter que depuis 2017, le “numérique ” a pris une place toujours plus importante dans le quotidien.
C’est sans doute pour cette raison que dans le plus grand secret et faisant fi des recommandations, Matignon a décidé d’“introduire” les jeux vidéo à l’Éducation nationale.
Le Premier ministre a validé à l’issue d’une concertation interministérielle, le 8 avril dernier, la stratégie nationale “Esport 2026-2030” qui consiste à “développer et accueillir de grands évènements esport pour soutenir l’industrie numérique française et l’attractivité de la France à l’étranger”.
La France s’apprête donc à promouvoir en milieu scolaire la pratique du esport, le format “compétition” du jeu vidéo (en ligne ou en salle), une activité qui n’a de sportive que le nom.
Le document prévoit d’abord la création de partenariats entre établissements scolaires et acteurs privés du secteur du jeu vidéo (avec Ubisoft par ex.), il prévoit également d’“inscrire l’esport dans les parcours éducatifs”, sans davantage de précisions sur les modalités concrètes.
Et ce sans tenir compte des avis de la direction générale de la santé (DGS) du ministère de la Santé chargée des politiques de santé publique, et de la Mildeca, en charge de la lutte contre les addictions, qui s’opposent à plusieurs mesures de cette stratégie. Notamment au déploiement de l’esport à l’école. La DGS et la Mildeca alertent en effet sur les risques liés aux usages intensifs des jeux vidéo – sédentarité, troubles du sommeil, fragilités psychiques, conduites addictives.
Elles rappellent que l’OMS reconnaît, depuis 2019, les troubles liés au jeu vidéo comme une pathologie. Sans compter l’incohérence du gouvernent qui affirme vouloir limiter l’exposition des enfants aux écrans.
Bernard F. (mai 2026)