S’auto-organiser, une nécessité !
Alors que l’extrême droite est dans les starting-blocks de l’élection présidentielle, et ce, quel que soit le résultat du procès en appel du RN, une part de la société s’organise pour lutter contre l’empire Bolloré. Dans le secteur de l’édition, le collectif EducNat contre Bolloré développe sa campagne de boycott des manuels scolaires alors que des auteur·trices se désengagent des maisons d’édition. Une tribune du collectif Zapper Bolloré signée par 600 professionnel·les rejoint·es par 600 autres a fait les grands titres lors de l’ouverture du festival de Cannes. Dans tous ces mouvements, la mainmise de Bolloré, homme d’affaires d’extrême droite, est dénoncée, tout comme le spectre d’un programme du RN qui affiche clairement sa volonté d’uniformisation et de labellisation des manuels scolaires, de démantèlement du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) et de l’audiovisuel public.
C’est une prise de conscience, que l’on pourrait juger tardive, de la possibilité d’une prise de contrôle par l’extrême droite de ces milieux, offrant des voies royales pour une propagande massive : on en voit l’ébauche avec la chaine Cnews ou la distribution toujours plus importante des livres des politiciens d’extrême droite dans les Relay. Il est fondamental de repenser l’organisation des secteurs de communication (édition, télévision, cinéma…) afin de s’affranchir des financements par Bolloré et organiser un asséchement des finances des milliardaires d’extrême droite par exemple par le boycott.
On ne peut cependant que constater que les idées d’extrême droite progressent et que la droite et le centre leur font la courte échelle, par la montée de la coercition des masses, la proposition de loi de renforcement de la pénalisation des rave parties et surtout l’insertion de l’état d’alerte de sécurité nationale dans la loi de programmation militaire votée en mai en sont des exemples, mais aussi un désinvestissement dans les services publics et une casse progressive des droits du travail et de la retraite. Le capitalisme, à la recherche de croissance et de profit infinis, est actuellement en butte à un monde fini de ressources. Sa voie de renouvellement est trouvée dans la militarisation croissante des sociétés et un autoritarisme fascisant.
Depuis quelques mois, l’armée et la défense sont au cœur des sujets médiatiques et économiques : projets de porte-avion, déclaration du chef d’État-Major, multiplication des “parades” de l’armée (à Dijon, les 24 et 25 Avril, l’armée de Terre et le 23 mai, l’armée de mer étaient présentées en centre-ville par exemple) augmentation du budget militaire et proposition de loi par le député centriste Christophe Blanchet pour mettre en place un enseignement à la défense obligatoire et hebdomadaire, votée à l’assemblée et qui devrait passer le 2 juin au Sénat. Il est grand temps de nous organiser face à la montée en puissance de la militarisation de la société et dans l’éducation, il faut créer, partout, des espaces de résistances, former les personnels de l’Éducation nationale, informer les citoyen·nes et lutter pas à pas.
Enfin, il est impossible de laisser de côté l’impossible rentrée qui a été élaborée avec un budget de l’Éducation nationale moins important que celui de la défense : 4000 suppressions de postes d’enseignant·es vont faire des conditions de rentrée un enfer dans un système éducatif avec des moyens déjà à l’os. Les personnels ne sont pas résigné·es : iels continuent à se mobiliser et à s’organiser, alors soyons déterminé·es derrière ces slogans : “Pas de moyens, pas de rentrée”, “Pas d’augmentation du budget militaire, l’argent aux services publics”.
