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Georges

En ces temps de marée brune, les victoires sont rares. La libération de Georges Abdallah et son retour au Liban après près de 41 années dans les geôles françaises en sont une.

Citons deux de ses réponses savoureuses : “Que pensez-vous du Hamas ?” “Ce sont des résistants, c’est vraiment dommage que ce ne soit pas des communistes”.

“Georges, on suppose que les Palestinien·nes gagnent et que ça se termine par un nettoyage ethnique à l’envers”. “Alors, on aura perdu”.

Kanaky

Les négociateurs Kanaks de Bougival étaient coupés de leur base. Signer un document qui fait l’impasse sur l’autodétermination du peuple Kanak et sur la décolonisation interroge. Peut-être la situation économique du territoire est telle que l’indépendance, dans ces conditions, fait peur. En tout cas, la direction du FNLKS a clairement désavoué un accord qui n’en est plus un.

Syrie

Bachar al-Assad avait tout fait pour “ethniciser” l’insurrection contre son régime. Toutes les composantes de la Syrie “multiethnique et multiculturelle” étaient représentées dans l’insurrection. Elles ne le sont pas dans la nouvelle direction du pays. Les Djihadistes au pouvoir s’en sont pris aux Alaouites, ils s’en prennent à présent aux Druzes. Leurs exactions ont fait des milliers de mort·es. La respectabilité du président Ahmed al-Charaa n’aura pas tenu longtemps.

Iran

La République Islamique est un régime ignoble qui emprisonne ou pend massivement les opposant·es. Paradoxalement, la double agression que le pays a subie de la part d’Israël et des États-Unis a renforcé la dictature. La prétention d’Israël d’assassiner qui ils veulent et quand ils veulent ou de bombarder des installations nucléaires alors qu’eux-mêmes n’ont signé aucun traité et possèdent l’arme nucléaire, a été dénoncée par l’opposition iranienne. Et l’expérimentation par Trump de bombes terrifiantes capables de détruire des installations souterraines, ressemble à tout sauf au rétablissement de la démocratie.

Turquie

Erdogan ne fait pas semblant. Il a emprisonné les principaux dirigeants de l’opposition kémaliste dont le maire d’Istanbul que tous les sondages donnaient gagnants en cas d’élections démocratiques. Il n’y a plus aucun contre-pouvoir institutionnel dans ce pays. L’heure est à la résistance.

Salvador

Le pays a connu une guerre terrible entre l’extrême droite et les révolutionnaires du Front Farabundo Marti. Arrivés au pouvoir, les révolutionnaires ont abandonné toute velléité de changer la société. Résultat, une criminalité exceptionnelle avec des bandes mafieuses très violentes. Nayib Bukele s’est fait élire triomphalement avec la promesse de combattre la criminalité. Il a emprisonné sans jugement et torturé des dizaines de milliers de personnes dont beaucoup n’avaient aucun lien avec la criminalité. Et il a édifié un régime dictatorial où tous les contre-pouvoirs ont disparu.

Gaza

Plus de 1 000 habitant·es affamé·es de Gaza ont été assassiné·es en venant chercher de la nourriture aux très rares endroits où l’occupant affirme qu’il y en a. Les images de corps émaciés ou d’enfants en train de mourir de faim ne peuvent plus être niées. L’occupant a armé des gangs qui confisquent les rares camions de nourriture.

Les démentis israéliens sur le génocide en cours sont de moins en moins crus. Le terme “génocide” est à présent assumé par de nombreuses personnes qui ont soutenu les crimes israéliens en octobre 2023 : c’est le cas de Borrell, l’ancien ministre des affaires étrangères de l’UE, du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez ou du directeur de J Street (le courant juif majoritaire aux États-Unis). En Israël, une partie de la “gauche sioniste” commence à rompre : l’ancien ambassadeur Élie Barnavi ou l’écrivain David Grossman dénoncent le génocide. Mais ils n’arrivent toujours pas à admettre que leur courant politique a construit un monstre qui leur échappe et qu’à la base de cette barbarie, il y a l’édification d’un État ethniquement pur.

79 % des Israélien·nes, selon un sondage, appuient le génocide. Mais de nombreux militaires, rabbins ou membres des services secrets affirment publiquement leur désaccord. Les départs du pays se multiplient. Il ne manque que les sanctions pour que le “front intérieur” rompe en Israël. C’est là que le bât blesse.

Comme l’explique Gideon Levy, journaliste à Haaretz, la reconnaissance de l’État palestinien par divers pays occidentaux (150 pays ont déjà fait cette reconnaissance) dont la France, c’est la reconnaissance d’une tombe et ça ne marque aucune rupture avec les génocidaires : l’UE n’a pas abrogé l’accord économique avec Israël. Le système bancaire européen interdit les virements pour la Palestine. Le gouvernement britannique a dissous “Palestine Action” et emprisonné des dizaines de solidaires pour terrorisme. La Belgique a supprimé l’asile du porte-parole de Samidoun (une association palestinienne d’extrême-gauche). Le chancelier allemand a félicité Netanyahou pour avoir fait le “sale boulot” lors du bombardement de l’Iran. Et la France somme les pays arabes qui ne l’ont pas encore fait, de reconnaître Israël. Elle a interrompu les évacuations de Gazaoui·es pour la France et dénonce le Hamas pour les images de prisonniers israéliens crevant de faim. Qui donc est responsable de la famine, utilisée comme arme de guerre ?

Les initiatives se multiplient pour arrêter cette horreur : manifestations massives, nouvelles flottilles en préparation, développement du BDS. On lâche rien !!