
Citons deux de ses réponses savoureuses : “Que pensez-vous du Hamas ?” “Ce sont des résistants, c’est vraiment dommage que ce ne soit pas des communistes”.
“Georges, on suppose que les Palestinien·nes gagnent et que ça se termine par un nettoyage ethnique à l’envers”. “Alors, on aura perdu”.
Les démentis israéliens sur le génocide en cours sont de moins en moins crus. Le terme “génocide” est à présent assumé par de nombreuses personnes qui ont soutenu les crimes israéliens en octobre 2023 : c’est le cas de Borrell, l’ancien ministre des affaires étrangères de l’UE, du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez ou du directeur de J Street (le courant juif majoritaire aux États-Unis). En Israël, une partie de la “gauche sioniste” commence à rompre : l’ancien ambassadeur Élie Barnavi ou l’écrivain David Grossman dénoncent le génocide. Mais ils n’arrivent toujours pas à admettre que leur courant politique a construit un monstre qui leur échappe et qu’à la base de cette barbarie, il y a l’édification d’un État ethniquement pur.
79 % des Israélien·nes, selon un sondage, appuient le génocide. Mais de nombreux militaires, rabbins ou membres des services secrets affirment publiquement leur désaccord. Les départs du pays se multiplient. Il ne manque que les sanctions pour que le “front intérieur” rompe en Israël. C’est là que le bât blesse.
Comme l’explique Gideon Levy, journaliste à Haaretz, la reconnaissance de l’État palestinien par divers pays occidentaux (150 pays ont déjà fait cette reconnaissance) dont la France, c’est la reconnaissance d’une tombe et ça ne marque aucune rupture avec les génocidaires : l’UE n’a pas abrogé l’accord économique avec Israël. Le système bancaire européen interdit les virements pour la Palestine. Le gouvernement britannique a dissous “Palestine Action” et emprisonné des dizaines de solidaires pour terrorisme. La Belgique a supprimé l’asile du porte-parole de Samidoun (une association palestinienne d’extrême-gauche). Le chancelier allemand a félicité Netanyahou pour avoir fait le “sale boulot” lors du bombardement de l’Iran. Et la France somme les pays arabes qui ne l’ont pas encore fait, de reconnaître Israël. Elle a interrompu les évacuations de Gazaoui·es pour la France et dénonce le Hamas pour les images de prisonniers israéliens crevant de faim. Qui donc est responsable de la famine, utilisée comme arme de guerre ?
Les initiatives se multiplient pour arrêter cette horreur : manifestations massives, nouvelles flottilles en préparation, développement du BDS. On lâche rien !!