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Ma vie à la verticale

Ma vie à la verticale

Lynn Hill est une grimpeuse. Elle a été parmi les premières lorsqu’elle a commencé par hasard il y a cinquante ans. Elle a alors rapidement été l’une des meilleures. Dans cette édition augmentée de son autobiographie parue en 2002, on l’accompagne dans sa découverte du milieu de l’escalade des années 80. Elle y décrit aussi bien l’esprit de ce sport et les différentes tendances qui s’y affrontent à l’époque que les obstacles auxquels les pratiquantes auront à faire face dans ce monde masculin. Lorsqu’elle libère le Nose, célèbre voie de la vallée de Yosemite, elle adresse aux hommes qui s’y sont cassé les dents avant elle un “Ça passe les gars !” dans lequel est contenue toute son adresse.

Ma vie à la verticale , Lynn Hill, Paulsen, avril 2025, 348 p., 25€.

Le Bonheur

Le Bonheur

Paul Kawczak vit au Québec mais il est originaire de Besançon. C’est autour de cette ville aux sept collines enserrée par le Doubs et surmontée d’une citadelle qu’il tisse la trame de cet incroyable roman, où l’on passe de personnages en personnages à mesure que ceux-ci sont fauchés par la répression puis par la guerre. On plonge dans la France de l’Occupation et de la Collabo- ration. On plonge dans la France de la Résistance et à la fois dans un songe. La langue est magnifique et les personnages superbes. Paysages, faune et flore existent à part entière et sont comme un contrepoint à l’absence totale de mélo. Le réalisme magique rencontre la poésie objectiviste dans une symphonie dont le personnage principal est la solidarité.

Le Bonheur , Paul Kawczak, La Peuplade, août 2025, 384 p., 23€.

Nom d’un animal

Nom d’un animal

Antoine Mouton est poète, et jusqu’à il y a peu il était aussi libraire au théâtre de la Colline. C’est au travail et à la séparation qu’il s’attaque dans ce recueil aussi sensible qu’offensif. Une prouesse.

“Je rencontre des gens détruits et pleins d’espoir. Leur destruction ressemble aux lieux où ils vivent, mais leur espoir n’appartient qu’à eux. Les gens se sont inventé un espoir. Voilà ce que je vois quand je rencontre les gens : leur destruction, c’est évident et l’espoir qu’ils ont inventé quand même, fabriqué malgré tout, pour continuer d’être là, par goût du pire, appel de l’autre, attente d’une rencontre qui change tout.

Les rencontres ne réparent rien. Les gens ne sont pas des mécaniciens les uns pour les autres. Mais parfois les rencontres changent tout. On rencontre les gens, et la vie a changé. Ça n’a pas transformé le désastre en réussite, mais c’est venu dedans, dans le désastre, et ça l’a enchanté. La vie change aussi facilement qu’elle se laisse détruire. C’est la fragilité qui permet ça : la destruction, et le changement. Oui la fragilité peut tout.”

Nom d’un animal , Antoine Mouton, La Contre Allée, juin 2025, 144 p., 19 €.

Le Goût des secrets

Le Goût des secrets

Olivia a quitté son mari et Boston pour éloigner leur fils des violences qu’elle subissait. Elle est devenue apicultrice, reprenant les ruches familiales du New Hampshire. Asher, aujourd’hui adolescent, tombe amoureux de Lily, nouvelle camarade de lycée pour qui la région est également le lieu d’une renaissance. Quand Lily décède brutalement, Asher est rapidement suspect. Dans ce roman écrit à quatre mains tout est toujours un peu plus compliqué que ce que les apparences laissaient présager. Les apparences et nos préjugés. On suit avec gravité deux mères qui se démènent face à la violence de genre. On doute avec elles, on est perdu·es comme le sont les jeunes personnages ; comme eux, on regarde couler le miel.

Le Goût des secrets , Jodi Picoult et Jennifer F. Boylan, Actes Sud, juin 2025, 512 p., 23.80 €.