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Amérique latine

La victoire électorale (de justesse) de l’extrême droite colombienne est due au vote de celles et ceux qui vivent à l’étranger, mais elle va avoir des conséquences terribles. Rupture des relations diplomatiques avec les ennemis de Trump, utilisation de l’armée contre tout ce qui bouge et qui sera qualifié de “narcotrafiquant”. Pour la gauche, l’heure de la résistance est arrivée.

Au Pérou aussi, la victoire de la fille du dictateur mafieux Fujimori est due au vote des Péruvien·nes de l’étranger. Ce vote a aussi une composante “ethnique”. Les régions “indigènes” ont massivement choisi la gauche et la capitale a massivement voté à droite.

Au Chili, sans surprise, les premières mesures du président Kast, admirateur de Pinochet et nostalgique de l’Allemagne nazie, sont contre les Mapuches.

Au Venezuela, Trump s’est emparé du pétrole et l’impérialisme est seul maître des finances du pays. Ex-Chavistes et opposition d’extrême droite se parlent, leur seul choix est désormais d’obéir à Trump.

Le dénominateur commun de cette vague d’extrême droite, c’est “l’insécurité”. C’est le Salvador qui a servi de laboratoire. Le président Nayib Bukele, sous prétexte de lutte contre l’insécurité, a mis en prison des dizaines de milliers de personnes, a généralisé la torture et déclare à présent être président à vie.

Bolivie

En mai et juin, ouvrier·es, enseignant·es, paysan·nes, chauffeurs routiers… ont bloqué les grands axes routiers et exigé la démission du nouveau président Rodrigo Paz. Celui-ci a décrété l’état d’exception et lancé un mandat d’arrêt contre l’ancien président Evo Morales pour “terrorisme”. Quelle imagination !

Drogue

Qu’on se le dise, Trump va traquer les trafiquants. Maduro a été kidnappé pour un “trafic de drogue” tout à fait imaginaire. Par contre, l’ancien président du Honduras Juan Orlando Hernandez (d’extrême droite), condamné par un tribunal de New-York à 45 ans de prison pour trafic de drogue, a été gracié par Trump et libéré.

Albanie

La “révolution des flamants roses” a commencé en mai. Par milliers, manifestant·es et habitant·es de la région s’opposent à la privatisation de l’île de Sazan au profit de Jared Kushner, gendre de Trump. L’Albanie est dans l’OTAN depuis 2009. Au pouvoir depuis 2013 dans ce pays où le tourisme est en train de provoquer un enrichissement sans limite d’une petite minorité, il y a le “socialiste” Edi Rama. Il a négocié avec l’Italie de Meloni la délocalisation des Sans Papiers “indésirables”. Le parti socialiste albanais est l’héritier du PC d’Enver Hoxha !

Iran

L’incohérence des décisions de Trump est de plus en plus palpable. Un jour il reprend les bombardements sur l’Iran, un jour il annonce la paix, un jour il déclare “privatiser” le détroit d’Ormuz. En fait, sur ce terrain il a perdu et ne sait comment le masquer. Une partie de l’extrême droite états-unienne pour qui le suprémacisme doit se limiter aux deux Amériques se détache de lui.

Arabie Saoudite

Cette monarchie sanguinaire, esclavagiste et patriarcale paie le prix de son alignement sur l’impérialisme occidental. Du coup, le pays vient de sceller une alliance avec le Pakistan et la Turquie. Mais il n’arrive pas à prendre la seule décision qui le protégerait : fermer les bases américaines.

Inde

Les élections régionales du mois de juin traduisent une progression du BJP de Narendra Modi. Ce gouvernement d’extrême droite a de moins en moins de contre-pouvoirs. Il dirige à présent le Bengale Occidental, ancien fief communiste. Pourtant des centaines de milliers de paysan·nes manifestent régulièrement pour réclamer l’adoption d’une loi garantissant un prix minimum légal pour les récoltes, l’annulation de leurs dettes et le rejet de la libéralisation économique.

Génocide

“À Gaza, il faut éliminer 30 à 40 personnes par jour, ils ne devraient pas vivre, ce ne sont même pas des êtres humains” (Ben Gvir).

“Une vie juive en vaut 10 millions parce que Dieu nous a choisis” (un colon).

“À Gaza, nous implantons notre politique, nous détruisons toutes les maisons comme dans le Sud du Liban. En Cisjordanie, s’il y a une Intifada, nous ferons la même chose ” (Israël Katz, ministre).

“Les femmes, les hommes, les enfants et les nouveau-nés doivent être tués” (le rabbin Tzur).

“Je crois en l’obtention des frontières bibliques du Grand Israël. Je travaille à cela en nous établissant à Gaza, au Liban et en Syrie ” (Smotrich).

Palestine

L’attaque contre les villages de Cisjordanie s’intensifie. Les colons assiègent plusieurs maisons du village de Qusra dont celle d’un Palestinien qui a aussi la nationalité états-unienne.

À Gaza, le Hamas avait accepté le plan de “paix” de Trump et Netanyahou l’a rejeté. Ce n’est pas la première fois que le sous-impérialisme israélien impose ses volontés à ceux qui le financent et l’arment. Dans le plan Trump, il y avait le retour à Gaza de Mohamed Dahlan, le mafieux qui (par une tentative de coup d’État) est à l’origine de la prise du pouvoir du Hamas à Gaza. Dahlan est l’homme des Émirats. Même ça, Netanyahou n’en veut pas. Il maintient le blocus de plus de deux millions de personnes qui vivent dans une précarité extrême.