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L’École, champ de bataille

L’École, champ de bataille

Le Canadien Francis Dupuis-Déri a construit cet ouvrage à partir de travaux de recherche (dont il fournit le protocole ainsi que des notes et références très fournies) et de pratiques collectives de terrain (stages, travail avec une association de parents).

Il est préfacé par Barbada, drag queen québécoise animatrice d’heures du conte.

L’auteur associe aux résultats de ses recherches et observations récentes des rappels opportuns sur le sens des termes “féminisme” et “diversité” et sur l’évolution de ce qu’ils recoupent. Le constat principal est qu’il y a augmentation sensible, même s’ils restent minoritaires, des actes et propos misogynes, homo et transphobes, au Canada mais aussi aux États-Unis et en France, pays dont il a intégré un certain nombre de données. Et ce tant de la part des adultes que des élèves. L’ensemble remet en cause certaines idée reçues sur l’évolution de la jeunesse scolarisée – et particulièrement des garçons – par rapport au féminisme et à la diversité LGBTQIA+, et avance des explications.

La structuration du texte, jonglant entre références théoriques et résultats de recherche, introduit de façon assez personnelle les propositions pour développer de bonnes pratiques.

L’École, champ de bataille , Francis Dupuis-Déri, Lux Éditeur, septembre 2026, 17 euros.

Bahia

Bahia

Journaliste, présidente du Reporters sans Frontières suisse, Isabelle Cornaz livre ici une exploration délicate de l’Espagne de sa famille maternelle, catalane. Objet littéraire non identifié, ce récit agrège souvenirs, impressions et sensations à des documents d’époque. L’exil, le franquisme et le surtourisme sont convoqués dans un ballet singulier, aussi rigoureux qu’aérien. On est hier avec eux et aujourd’hui avec elle, dans cette cartographie sensible qui redessine la Costa Brava qu’on nous avait vendue. À mettre à côté du Troisième Reich de Roberto Bolaño.

“Au village, la lourdeur de l’été a dans mon souvenir un goût sec, minéral. Celui des petits grains de sable et de chips mêlés.”

Bahia , Isabelle Cornaz, La Baconnière, août 2026, 18 euros.

Darya & Dounya

Darya & Dounya

Dounya a la trentaine, elle se sépare, déménage, perd son job… Il est temps de solder les comptes, et de rendre coup pour coup ! D’abord avec un inventaire à la férocité joyeuse et plein d’autodérision des humiliations racistes, classistes et sexistes qu’elle a subies professionnellement, dans le milieu de l’éducation populaire. Puis via des lettres adressées aux hommes qui ont jalonné sa vie, au sens littéral du terme. Elle y approche, et nous avec, les multiples strates d’objectification qui font la vie d’une femme. Elle s’adresse aussi à Darya, la jeune femme qu’elle a été, dans une recherche de celle qu’elle était avant les affronts, de ceux qu’on accepte parce qu’on est perdu·e parce qu’on a peur, ou simplement la flemme. Darya et Dounya est un outil hybride mis au service de la mémoire, mémoire de celles qui ont été nous et qui survivent à travers nous. Comme par-delà les destructions on se construit, inlassablement.

Darya & Dounya , Diaty Diallo, Seuil, août 2026, 22 euros.

Ce qui se joue

Ce qui se joue

Reverdy, jeune transfuge hissé au bureau de la ministre de l’Éducation nationale est envoyé sur le terrain. Et quel terrain, un champ de ruines. Le corps enseignant est décimé par une mystérieuse épidémie, Le Fatum, qui s’annonce par une marche funèbre et condamne ceux/celles qui en sont atteints à perdre ce qui les relie aux autres : le langage. Voilà notre énarque propulsé dans une classe du lycée du patient zéro. Monia Boukary lui ouvre la porte de ses classes, et nous voici invité·es dans les cours d’une prof éblouissante de verve et de panache. Le roman déploie des trésors d’humour et de pastiches pour s’attaquer aux maux qui viennent et réhabiliter ce que permet la langue quand elle est employée à son juste escient : la solidarité.

Ce qui se joue , Caroline Hinault, Éditions du Rouergue, août 2026, 23 euros.