PARCE QUE C’EST AUSSI UNE FORME DE DISCRIMINATION
Que vive la sororité !
Dans le livre réjouissant de Chloé Delaume : Mes bien chères sœurs (2019), deux propositions, parmi d’autres, pour faire vivre, selon l’autrice, une sororité, désormais renforcée par “la quatrième vague féministe” du mouvement metoo, après la bataille pour les droits civiques, puis celle pour les droits à la contraception et l’IVG, et puis celle de la campagne “balance ton porc”, toutes quatre visant à déconstruire le patriarcat.
Concrètement :
– se tricoter, se fabriquer son “Pussy Hat” : un bonnet fuchsia avec des oreilles de chat, bonnet devenu le symbole des féministes anti Trump : “500 000 Pussy Hat devant la Maison blanche comme autant de chattes qui ne comptent pas se faire attraper” !
– s‘appliquer le test de Bechdel : “parler chaque jour avec des femmes de quelque chose sans rapport avec un homme. Attendu que vous ne pouvez pas dire du mal d’une autre femme”.
Et ajouter qu’un désaccord politique entre nous ne constitue pas une VSS, ni une médisance.
Emmanuelle
Afghanistan : le mariage des enfants entériné
Publié au Journal officiel par les Talibans en mai 2026, le décret n° 18 intitulé “Code sur la séparation judiciaire des époux” va encore aggraver la situation des filles et des femmes dans ce pays. Ce code supprime toute notion de consentement, le silence d’une fille mineure équivaut à son consentement. Il accorde aux hommes de la famille (pères, grands-pères…) le contrôle sur les arrangements matrimoniaux et restreint drastiquement les recours pour contester ces mariages forcés. Selon Amnesty international, “ce code institutionnalise et normalise le mariage des enfants”.
Mais malheureusement l’économie et la politique prévalent toujours sur les droits fondamentaux des femmes et des enfants. Alors que le pays connaît une crise humanitaire très importante (la famine et la malnutrition touchent près de 14 millions de personnes en particulier les enfants), le régime des Talibans se félicite du rétablissement de relations diplomatiques avec ses pays voisins. Mais pas que, puisque les émissaires du Japon, de la Turquie, de l’Arabie saoudite succèdent à ceux de la Chine et de l’Inde. Et jusqu’à l’Union européenne qui au printemps dernier, a convié les talibans à Bruxelles pour évoquer le renvoi de migrant·es afghan·es. Alors que le régime fête ses cinq ans de retour au pouvoir, la solidarité internationale avec les victimes de cette politique liberticide envers les femmes et les enfants s’impose.
Joëlle
Afghanistan, 15 août 2021, prise de Kaboul par les Talibans :
“Depuis cinq ans les femmes sont seules dans la guerre que leur mènent les autorités talibanes, abandonnées par le reste du monde, nous en appelons à la solidarité” écrit Zahra Joya, journaliste en exil à Londres. L’Afghanistan est le seul pays au monde où l’éducation des filles est interdite après le primaire. 2,4 millions de filles sont ainsi exclues de l’enseignement secondaire. Les autorités disent appliquer la loi islamique, or “vous ne trouverez pas dans le Coran que l’éducation est réservée aux hommes”. En attendant, nos sœurs sont enfermées, comme en prison, même si l’Unesco appelle à la fin des discriminations…
Emmanuelle
Extrait du dico :
Apartheid : Pour l’Union européenne, il n’y a pas d’apartheid en Israël. Mais il n’y a pas non plus d’apartheid de genre en Afghanistan. Donc les Talibans ont été invités à Bruxelles pour discuter des droits des femmes, non pardon, de l’expulsion des immigré·es non “désirables”.