Émancipation


tendance intersyndicale

Dans la grève avec le mouvement lycéen

Après la mobilisation du 29 septembre, la question de la poursuite de l’action a été posée. Et elle se pose dès maintenant par la mobilisation grandissante des lycéen.nes. Cette mobilisation dénonce les dysfonctionnements actuels de l’école publique, exacerbés par la politique éducative de Macron et de ses gouvernements :

  • Non aux classes surchargées.
  • Non à Parcoursup.
  • Non aux locaux vétustes qui deviennent des fournaises en période de canicule, pour laquelle le gouvernement n’a pris aucune mesure pour la rentrée scolaire de septembre.
  • Non au manque de personnels : AESH, personnels non remplacé.es, enseignements non assurés depuis plusieurs semaines…
  • De l’argent pour l’éducation, pas pour les canons.

Il ne s’agit pas de revendications purement locales comme le prétend le pouvoir, mais des revendications qui sont la traduction locale d’une politique nationale qui sacrifie l’école publique et la jeunesse. Cette politique se matérialise en particulier dans le budget 2027, qui est contradictoire avec toutes les revendications des personnels et des lycéen.nes.

Le mouvement lycéen correspond à une volonté de vivre mieux et d’étudier dans de meilleures conditions, à la demande d’un service public d’éducation qui n’abandonne pas une jeunesse lycéenne confrontée à la précarité, au travail salarié précoce. Il s’oppose frontalement à la politique éducative de Macron qui se rapproche de celle de la droite et de l’extrême-droite : une restructuration du système éducatif uniquement fondée sur la sélection sociale, l’éviction des enfants des classes populaires (avant même la fin de la scolarité au collège pour « optimiser » les relégations ultérieures de Parcoursup et de Mon Master) et la différenciation (jusqu’à 3000 euros) des frais d’inscription pour les étudiant.e.s étranger.e.s.

Les luttes lycéennes rejoignent celles des personnels. Pour faire face à une contestation forte dans la jeunesse, le gouvernement utilise la répression massive sur tous les plans : répression administrative, répression judiciaire, répression policière d’une violence inédite qui entraîne d’ores et déjà de graves blessures. Il dénonce et criminalise les militant.es qui protestent contre le manque d’enseignant.es et d’AESH. Il ferme  les établissements scolaires et cherche à imposer un enseignement « en  distanciel » pour empêcher la mobilisation : les enseignant.es ne se  laisseront pas imposer des pratiques qui n’ont rien à voir avec la  pédagogie ! Il vise en particulier la jeunesse des quartiers populaires, dans le prolongement de la répression des révoltes après le meurtre de Nahel en juin 2023.

Aujourd’hui des jeunes sont mutilé.es à vie par des tirs de LBD, des préfets entendent faire intervenir la police à l’intérieur des établissements, des centaines de jeunes passent en garde à vue. L’attitude répressive et autoritaire de trop nombreux / nombreuses éléments de la hiérarchie de l’Education nationale est inadmissible, tout comme les violences policières encouragées par le gouvernement. La responsabilité du mouvement syndical, et pas seulement dans l’Education nationale, est de revendiquer l’arrêt de la répression administrative et des poursuites judiciaires contre le mouvement lycéen, mais aussi d’entrer concrètement dans l’action à leur côté.

Le budget d’austérité en préparation tourne le dos aux revendications des personnels comme des lycéen.nes : nos luttes se rejoignent ! Le mouvement syndical doit soutenir clairement, il appelle les personnels à organiser la convergence avec leurs propres actions dans le respect de l’auto-organisation du mouvement, y compris avec les organisations de parents d’élèves comme cela se fait déjà dans nombre d’établissements :

– en participant aux actions en cours, ce qui nécessite un appel national à la grève ;

– en faisant respecter les droits démocratiques des lycéen.nes : droit d’association et de syndicalisation, droit de réunion et d’assemblée générale, droit de manifestation.

Les militant.es d’Emancipation interviennent dans les instances syndicales et sur leurs lieux de travail en ce sens : le mouvement lycée continue à s’étendre malgré la répression, les prochains jours seront décisifs !

 Emancipation se joint à l’appel des organisations lycéennes de faire de mardi 6 octobre une grande journée de mobilisation, de grève et de manifestations.


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