le samedi 12 septembre 2026,
Au printemps prochain, l’extrême-droite sera peut-être au pouvoir. Nous savons ce que cela veut dire pour les droits humains fondamentaux, pour les minorités et pour l’école. Pourtant, au sein de l’Éducation nationale, ce danger, vraisemblable et imminent, est rendu invisible par une forme de déni. Nous appelons à sortir de ce déni.
Car l’hégémonie fasciste est indéniable et l’année électorale qui débute va encore accentuer la fascisation de toute la société. Les idéologies qui prônent les inégalités des vies, des droits et dignité ont pignon sur rue. Elles ne se sont jamais cantonnées à l’extrême-droite, mais la place de plus en plus importante de cette dernière leur donne toujours plus de force. Les discours et pratiques racistes, antisémites, discriminatoires, anti-migrant-es, sexistes, anti-LGBTQIA+, militaristes, validistes etc ; la casse de nos acquis sociaux et de nos services publics ; les attaques contre les luttes émancipatrices, anticapitalistes, anticolonialistes, de solidarité, etc ; tout cela est abondamment diffusé par les médias concentrés dans les mains de grands patrons qui servent les intérêts du RN, de Reconquête en tête et des partis qui leur font la course, mais aussi par d’autres médias toujours plus poreux aux mensonges et paniques morales de l’extrême-droite. L’agenda politique et le débat public en sont imprégnés. La réaction des partis de gouvernement prétendant combattre ces idées est loin d’être à la hauteur – quand elle ne traduit pas une adhésion, par exemple aux politiques anti-migratoires.
L’école n’échappe pas à cette extrême droitisation. La rentrée 2026 est marquée par de multiples offensives pour accentuer cette hégémonie. C’est ainsi que l’extrême-droite attaque sans cesse le statut de fonctionnaire (et elle est loin d’être la seule), le programme EVARS (Éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité), mais aussi des projets pédagogiques, par exemple autour des migrations. Elle le fait via des campagnes de désinformation et de harcèlement ciblés sur les réseaux sociaux et dans certains médias. De leur côté, les responsables politiques au pouvoir et les institutions participent pleinement à étendre la fascisation des idées et des pratiques auprès de la jeunesse, avec trop souvent des soutiens des partis de gauche. On peut citer la militarisation de l’école et l’apologie de la guerre pour que la jeunesse adhère à « l’esprit de défense » par exemple via le projet de cérémonies autour du 11 novembre, la chasse aux élèves sans papiers dont le droit à
l’éducation est bafoué, la traque des jeunes femmes musulmanes à travers l’extension indéfinie et toujours plus islamophobe de la loi de 2004, l’adoption du permis de tuer (loi RIPOST adoptée au cœur de l’été) qui ne fera qu’accentuer les violences policières dont les élèves racisé.es sont les premières victimes, la mainmise par Vincent Bolloré, milliardaire d’extrême-droite, sur l’édition scolaire, etc.
En tant que personnels de l’Education Nationale, nous sommes triplement concerné.e.s par ce processus de fascisation. Comme citoyen.ne.s, d’abord, collectivement responsables de la politique menée dans le pays. Comme fonctionnaires ensuite, travaillant au sein d’un service public démantelé et perverti par ces logiques de tri social et raciste, de contrôle et de répression qu’on nous demande si ce n’est d’appliquer, du moins de laisser faire. Comme éducateur.ices enfin, puisque notre mission est d’accompagner une jeunesse qui, souvent issue de l’immigration, est la première cible de ces politiques mortifères. À ce titre, il est maintenant urgent de sortir du déni : l’école n’est ni un « sanctuaire », ni une machine qui fonctionne sans qu’on ait notre mot à dire.
Traversée depuis longtemps par des luttes (de classe, de race, de genre), elle est au cœur des enjeux politiques aujourd’hui. Elle est notamment l’obsession de l’extrême-droite car elle est l’un des lieux où se fabrique la société de demain. La neutralité n’est donc pas possible. Nous devons nous positionner.
Créé en juin 2026, le collectif Education nationale antifasciste entend défendre une éducation émancipatrice, le respect et l’effectivité des droits humains contre l’hégémonie d’extrême-droite et tout ce qui, dans la société, les médias et le monde politique, permet ce processus de fascisation. Vous pouvez nous rejoindre via les contacts ci-dessous.
D’ores et déjà, nous proposons les échéances suivantes :
• participer au temps d’échange du 15 septembre organisé par le collectif EducNat contre
Bolloré ;
• participer à la manifestation contre le permis de tuer du dimanche 20 novembre ;
• se mobiliser contre la cérémonie commémorative annuelle du 11 novembre, imposée à tous les élèves et enseignant.e.s, du CM1 à la terminale, notamment avec le collectif contre la militarisation de la jeunesse.
Le collectif Education nationale antifasciste
contact : educnat_antifasciste93@proton.me
Instagram : @educnat_antifasciste
