Émancipation


tendance intersyndicale

Un mois de grèves et de luttes : Mai 2026

Chaque mois, nous vous proposerons une brève présentation des conflits qui se déroulent ou se sont déroulés dans la période en question, en France mais aussi à l’international.

Nous savons parfaitement que la liste qui suit n’est que partielle. Eh oui ! L’information sur les grèves et les luttes n’est pas la mieux partagée par les médias, il faut aller la chercher. Et pourtant, des grèves, il y en a ! En France, et ailleurs dans le monde, y compris dans des pays que les médias mainstream nous présentent comme les modèles à suivre, États-Unis ou Allemagne, car les salarié·e·s y seraient dociles, pas comme les salarié·e·s français·es »réfractaires »! Si vous avez des informations à nous transmettre à propos de votre grève ou d’une grève dont vous avez connaissance, n’hésitez pas à nous en faire part en nous écrivant à netournonspaslapage@gmail.com

Clôture rédactionnelle de cet article : mardi 16 juin 2026

A L’INTERNATIONAL

Allemagne

Chez Deutsche Telekom, les grèves « d’avertissement » se multiplient dans le pays. Mi-mai, la Hesse a été touchée à son tour. Une journée de grève, avec manif dans le centre-ville de Francfort, et rassemblement devant la boite, avec convergence des grévistes de Sarre et de Rhénanie-Palatinat. Le syndicat Ver.di exige notamment +6,6% de hausse salariale annuelle.

Belgique

Les piquets de la longue grève chez bpost, démarrée le 24/3 (voir compte-rendu d’avril) se sont retirés début mai, et le travail avait alors repris dans les centres de distribution, mais avec un arriéré énorme, et sans accord immédiat de sortie de crise.

Nouvelle journée de grève nationale interprofessionnelle le 12/5, toujours portée par l’intersyndicale opposée à l’austérité du gouvernement fédéral de Bart De Wever, qui revendique notamment pour les pensions, l’indexation des salaires, le pouvoir d’achat et les services publics. Pourquoi le 12 ? Parce que le 13/5, la Chambre votait sur le nouveau projet de loi, funeste, sur les retraites. La grève, bien suivie, a supprimé plus de la moitié des vols à Zaventem (60% pour Brussels Airlines) et mis à l’arrêt celui de Charleroi. Dans la capitale, la circulation des métros, trams et bus était très perturbée. En Flandres et Wallonie, le système des transports en commun était aussi affecté, mais pas les transports ferroviaires. Grève aussi le 12 de certaines administrations publiques, de certains services communaux, et dans les prisons. La collecte des déchets a également été touchée. A Bruxelles, 40 000 personnes ont défilé.

A partir du 18/5, une grève d’ampleur s’est développée dans les écoles de Wallonie, avec un fort suivi, dès le début, dans les provinces de Liège et de Verviers, tandis que des AG décidaient, progressivement, de se joindre au mouvement et de monter des piquets de grève, tout cela visant à empêcher le vote du décret-programme austéritaire du gouvernement de la FWB (Fédération Wallonie-Bruxelles) le 27/5. Ce dernier veut imposer aux enseignant.es une charge de travail de 10% supplémentaires sans compensation salariale (en passant de 20 à 22 périodes hebdomadaires « face classe » pour les enseignant.es du secondaire supérieure, ce qui pourrait faire disparaitre quelque 1 300 postes équivalents temps plein). C’est la centrale CSC qui s’est mise au commandes, les autres ont suivi.

Bolivie

Le monde de mai a été un mois de luttes et de grèves. Les appels à la grève générale, venant de divers secteurs de la base (mineurs, habitant.es des quartiers, ouvrier.es, enseignant.es, paysan.nes, etc.). Le peuple est descendu dans la rue pour protester contre la politique du gouvernement de droite de Rodrigo Paz, contre ses coupes budgétaires (santé, éducation), contre des privatisations et d’ignobles expropriations de terres paysannes et indigènes au bénéfice des très riches, et pour des salaires indexés sur l’inflation. La hausse du prix des carburants a accéléré la révolte, violemment réprimée policièrement et militairement le 16/5 (au moins 4 morts, de nombreux.ses blessé.es, une cinquantaine d’arrestations). Une marche de 28 jours a été lancée des communautés populaires jusqu’à La Paz. Le mouvement s’est radicalisé en peu de temps, poussant la COB a endosser la grève générale et exigeant le départ de Rodrigo Paz, tout cela en développant et coordonnant l’auto-organisation. A suivre…

Comores

Mi-mai : lutte contre le renchérissement des carburants, avec le lancement d’une grève illimitée des chauffeurs et commerçant.es contre ces hausses.

Corée du Sud

C’est la non-grève la plus puissante qu’on a vu depuis très longtemps ! Environ 50 000 employé.es de Samsung Electronics menaçaient de faire une grève de 18 jours à partir du 21/5 et le monde entier regardait de ce côté du globe, surtout après l’échec des négociations entre la multinationale et le principal syndicat de la boite (SELU), le 12/5. Pendant plusieurs jours, ce dernier a maintenu la pression, annonçant le maintien de la grève. Mais le 18/5 des négociations ont repris, le gouvernement jouant les médiateurs pour éviter la grève. Mais le 20/5, le syndicat annonçait la mise en grève de 48 000 syndiqué.es pour le lendemain.

Les exigences des salarié.es étaient au nombre de trois (au moment où l’explosion de l’IA génère des profits colossaux chez Samsung) : suppression du plafonnement des primes liées aux performances ; hausse des salaires fixes de +7% ; partage salaires/profits qualitativement meilleur pour les salarié.es.

L’enjeu était énorme : Samsung produit entre autres des semi-conducteurs (35% des expéditions à l’étranger environ). Au-delà de la chute des actions Samsung à laquelle on a commencé à assister, et des pertes prévisibles estimées à 66,7 milliards de dollars, une pareille grève ne pouvait que perturber fortement la production de puces mémoires et d’éléments essentiels pour l’IA, avec de très grosses conséquences mondiales (notamment une énorme chute de la production, hausse des prix, etc.).

Finalement la grève n’a pas eu lieu, elle est « suspendue » : un accord (provisoire) trouvé in extremis accorde une prime moyenne de 338 000 dollars à chacun.e des 78 000 salarié.es de la boite en 2026.

Espagne

Grèves massives de l’éducation dans plusieurs territoires du pays (Catalogne, Pays valencien, Aragon, Madrid…). Grève illimitée au Pays valencien dès le 11/5 ; journée très suivie le 12/5 en Catalogne ; 48 heures en Aragon ; grèves illimitées des maternelles à Madrid… et 17 journées de grève et de mobilisation planifiées jusqu’à la fin de l’année. Les exigences : récupération des pertes cumulées de pouvoir d’achat ; moins d’élèves par classe ; création de postes ; meilleures structures et climatisation des établissements ; maintenir la qualité de l’enseignement face aux attaques d’austérité.

Italie

Le 20/5, chez Kering (numéro 2 mondial du secteur du luxe après LVMH), les plus gros syndicats italiens ont appelé à la grève, dans toutes les boites du groupe présentes dans le pays, suite à un refus de la direction de parler stratégie, et à l’annonce de 54 suppressions de postes chez Alexander McQueen.

Kenya

Grève des transports (alliancede transports publics, transporteurs routiers, VTC, entreprises logistiques et livreurs) contre la hausse du prix des carburants, le 18/5. L’état policier a affronté les grévistes et manifestant.es qui bloquaient les routes dans plusieurs villes, dont Nairobi : 4 morts et plus de 30 blessé.es.

Suisse

Grève du secteur parascolaire (animateurs.rices, référent.es socio-éducatifs.ves) à Genève le 5/5, reconduite le 8/5, décidée en AG. Il s’agit d’obtenir une hausse salariale pour le personnel du GIAP (Groupe intercommunal pour l’animation du parascolaire), avec manifestation de 300 personnes.

OUTRE-MER

Martinique

Grève à la Poste, touchant 10 communes, à partir du 12/5, avec fortes tensions, la direction refusant de recevoir les grévistes sans levée des barrages bloquant l’accès aux bureaux des non-grévistes dans plusieurs communes. Les exigences : refus des réorganisations des services ; des hausses de salaires ; contre la dégradation des conditions de travail (climatiseurs…). Une affaire transmise à la Justice.

EN FRANCE

Métallurgie

Acti Group à Onet-le-Château (12) est spécialisé dans la mécanique de précision. Grève, avec piquet, contre des conditions de travail dégradées et l’opacité sur l’avenir de la boite. Les travailleurs.ses craignent pour leur emploi. Le mouvement, démarré fin avril, a cessé le 7/5 après négociations.

Industrie automobile

Chez Dumarey – producteur de boites de vitesses pour poids lourds et autocars – à Andrézieux-Bouthéon (42), la lutte à rebondissements contre la fermeture du site cette année, a fait parler d’elle en mai. Les grévistes dénoncent le non-respect des engagements pris précédemment, lors du rachat de la boite par Dumarey à ZF en 2023 (maintien de l’emploi au moins jusqu’à fin 2027). Une grève démarrée à 98% le 5/5 (266 salarié.es) et qui a duré tout le restant du mois, avec des taux de grévistes restés très élevés. Manifs, distributions de tracts, rencontre avec des élu.es. Le ton est monté en mai.

Industrie aéronautique

Airbus

Une grève apparemment spontanée – situation inédite depuis 2010 – a démarré sur divers sites toulousains, nantais, franciliens… Plusieurs centaines de travailleurs.ses d’Airbus, essentiellement ouvrier.es, ont débrayé sur des périodes brèves, dès la nuit 6 au 7/5, contre la baisse de la prime de participation annoncée par la direction (2057€ contre 4473€ en 2025, soit -54%), après des NAO qui n’ont donné que 0,9% d’augmentation générale. Tout cela, malgré des profits records (5,2 milliards d’euros dont 2,5 distribués aux actionnaires, soit +6%). FO, la CFTC et la CFE-CGC étaient bien dans leurs rôles de syndicats pro-patronaux, pour casser la grève en renvoyant à des négociations dans le calme ; défendre la « stabilité sociale » de la boite. Mais le 29/5, à nouveau des centaines de travailleurs.ses ont lancé une grève, après des négociations où le patronat n’a affiché que son mépris (une prime exceptionnelle de 500€, les -54% étant maintenus). Les jaunes ont gardé leurs rôles !

Transports

SNCF et autres Rail

Une grève SNCF en Auvergne-Rhône-Alpes a eu lieu le 7/5, perturbant certaines lignes TER régionales et au départ de Lyon. Cela vient après des mouvements analogues les 10 et 23/4. La CGT, la CFDT et Sud Rail dénoncent toujours le projet Équipement agent seul, qui conduirait à supprimer des postes de contrôleurs.ses à bord des trains et en général. De nouveaux dégâts faits aux conditions de travail.

Le Transilien a été touché par une grève sur la ligne L (St-Lazare, Versailles ou St-Nom-la-Bretèche) contre l’« ouverture » de la ligne à la « concurrence » SVCO (filiale SNCF), qui veut dire que ce qui existe déjà (allongement de la durée et intensification du travail et un pouvoir d’achat en baisse) va s’aggraver. Le 12/5, 120 cheminot.es des lignes L, avec aussi des collègues des lignes J et A étaient en grève, dont la moitié apostrophaient la direction SVCO… qui leur a envoyé les flics ! Suite prévue le 10/6.

Débrayage le 28/5 aux ateliers SNCF de Quatre Mares à Rouen (76), contre la température de plus de 40°C dans laquelle les patrons voulaient faire bosser les travailleurs.ses, sans possibilité de se rafraîchir.

On a aussi appris le 6/5 que 4 syndicats SNCF (CGT, Sud, Unsa, CFDT) appelaient à une grève de 24 heures le 10/6 contre, notamment, les « réorganisations qui portent atteinte à la santé mentale et physique » des salarié.es et pour de véritables négociations salariales.

Activités portuaires

Le port de Bayonne (64) a connu une grève de 24 heures le 18/5 contre une aggravation des conditions de travail, avec l’arrivée d’un second remorqueur et les contraintes non compensées que cela causait. Suite à négociation, un accord temporaire a été trouvé, avec des compensations pour les marins.

Frêt / transport routier de marchandises

En lutte contre un management toxique et une hausse des salaires pour les smicards, les salarié.es d’ID Logistics, soutenu.es par la CGT, ont fait 10 jours de grève et obtenu 250€ de prime d’intéressement supplémentaire et l’embauche prévisionnelle de 40 intérimaires.

Transports urbains

Brest (29)

Bibus est en grève depuis mi-avril et début juin, ça continuait. Les transports en commun brestois fonctionnent certes très majoritairement mais irrégulièrement. Les grévistes et la CFDT exigent des embauches de chauffeurs. C’est leur nombre insuffisant qui est à l’origine de la grève. 420 nouveaux postes étaient exigés par les grévistes.

Laval (53)

Le mois de mai a démarré avec la grève pour 75 employé.es du réseau TUL (transports urbains lavallois), pour une augmentation de salaire. Au bout de 10 jours de grève, une manif a parcouru Laval.

Lisieux (14)

Les transports urbains du réseau « Astrobus » de Kéolis ont été très perturbés les 18 et 19/5 : 39 grévistes sur 51 salarié.es, en grève contre le style de management et les conditions de travail et pour récupérer du pouvoir d’achat perdu depuis le changement de délégataire de service public.

Nancy (54)

Après une grève en avril, le réseau Stan (Kéolis) des transports urbains de Nancy a connu une nouvelle journée de mobilisation le 7/5, avec une grève partielle (début ou fin de service) sur l’ensemble des lignes, contre les discriminations (racistes) dans la boite, en plus d’autres problèmes : procédures disciplinaires injustifiées, parc des bus vieillissant…

Secteur des services privés

Nettoyage – Traitement des déchets

Fin mai, les salarié.es du nettoyage de la société Onet tenaient déjà presque un mois de grève à l’aéroport de Toulouse-Blagnac, contre l’agressivité du management et des conditions de travail qui se dégradent. Ils et elles exigent le départ de deux responsables.

A Sud-Est Assainissement (filiale de Veolia) à Villeneuve-Loubet (06), grève lancée à partir du 28/5 par l’intersyndicale CGT-FO pour revaloriser les salaires et mieux prendre en compte les risques psychosociaux, en plus d’une hausse salariale pour compenser la hausse des prix et la flambée des carburants. Le ramassage a été stoppé sur tout le secteur.

La Poste

Grève illimitée des facteurs.rices des Hautes-Pyrénées à partir du 26/5. Un rassemblement s’est tenu ce jour. Des postier.es déjà mobilisé.es en début du mois pour défendre les conditions de travail, contre les insupportables réorganisations et les 120 postes supprimés en 5 ans. 39 communes se sont retrouvées sans courrier début mai contre la fermeture du centre de distribution de Lourdes. La négociation fin mai n’a démarré qu’après quelques jours de grève.

A Nogaro (32), un mouvement de grève de postier.es a démarré le 26/5 contre les suppressions de postes et la détérioration des conditions de travail (réorganisation), et s’est terminé le 29/5 sur une victoire : moyens humains supplémentaires, semaines de renfort en période estivale, remaniement de certaines tournées…

Grève le 28/5 de plusieurs dizaines de travailleurs.ses de la plateforme de tri à Cestas (33), contre une réorganisation annoncée pour octobre, avec tous les méfaits qui s’ensuivraient. Suites à prévoir.

Éducation

Inter-degrés

A Paris le 19/5, les enseignant.es grévistes dénonçaient le management toxique et maltraitant qui s’étend dans l’EN. Ce dernier se traduit par des conditions de travail qui se dégradent. Mais pour faire passer la casse des services publics, le gouvernement et son État doivent pouvoir compter sur les sociopathes en col blanc !

Dans le 95, c’est le 21/5 que la grève a eu lieu, après la journée du 31/3, contre l’austérité qui se traduit par des suppressions de classes et des dotations horaires en diminution, parfois très massivement.

Premier degré

Le 21/5, à Caulnes (22), grève des enseignant.es de l’école primaire La Fontaine-Cariou contre les conditions de travail et le climat de violence qui nuit aux personnels tant qu’aux élèves. Rassemblement devant la mairie, avec le soutien de parents.

Second degré

Le 7/5, les personnels du lycée des métiers Jean-Monnet au Puy (43) ont fait grève pour dénoncer la dégradation du climat social et des conditions de travail conduisant à l’épuisement, et l’absence de soutien de leur direction, notamment par rapport à un collègue gravement menacé par un élève.

Grève enseignante avec manif conjointe à 150 avec parents et élèves le 19/5 à Saint-Étienne pour obtenir le classement en REP+ du collège Honoré-d’Urfé et autres établissements du secteur.

Grève à 80% au collège Paul-Langevin d’Hagondange (57) le 28/5, après plusieurs rassemblements et débrayages : ce jour-là, il n’y avait qu’une dizaine d’élèves au collège sur 550. Parents et personnels se relaient un collège mort. L’exigence porte sur la stabilité de la vie scolaire (contrats moins précaires, un.e deuxième CPE) mais aussi des embauches d’AESH, de personnels éducatifs, médicaux et sociaux.

Le collège Condorcet de Nîmes (30) – enseignant.es, agent.es administratifs.ves – est en lutte contre le management toxique de la principale. 93% du personnel en grève le 22/5, collège mort le 26/5…

Grève le 28/5 au collège de Boigne à La Motte-Servolex (73) contre l’abandon du projet de reconstruction de l’établissement, attendu depuis 10 ans par parents, élèves et enseignant.es.

Supérieur

Le 5/5, les bibliothécaires en grève du Muséum d’Histoire naturelle, avec d’autres catégories présentes sur le site, ont manifesté entre leur piquet du Jardin des Plantes et le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Le ministère a refusé de recevoir les grévistes, ce qui ne leur laisse pas d’autre choix que de poursuivre la lutte, commencée le 31/1, pour des salaires décents et contre des primes de 20% plus basses que sur d’autres sites.

Le 19/5, le service de santé des étudiants de l’université de Nantes (44) a connu le premier jour de grève de son histoire, pour dénoncer la détérioration des conditions de travail. Vu le manque de moyens, les besoins étudiants (notamment en santé mentale) ne peuvent plus être satisfaits.

Enseignement privé

Grève des enseignant.es du privé sous contrat le 27/5, pour défendre leur régime de prévoyance, menacé de disparition. Plusieurs lieux de rassemblement dans l’ouest du pays.

Santé-social

Travail social

A l’agence Destia de Lorient (56), les aides à domicile, en lutte depuis janvier, exigent une augmentation générale des salaires et primes d’astreintes, ainsi que le respect et une rémunération réelle des temps de trajet. Fin mai, une nouvelle grève se prépare.

Dans les hôpitaux

Au CHU d’Angers (49), il a fallu 4 mois de grève (depuis le 19/1) pour que les agent.es des urgences obtiennent un protocole d’accord (le 23/4) leur permettant d’obtenir des renforts de soignant.es en cas de forte tension sur l’activité. La grève a été suspendue, une réunion de suivi est prévue en octobre.

Grève illimitée des personnels de l’hôpital d’Allauch (13) à partir du 26/5. L’établissement est menacé par le choix de déplacer à Aubagne le service d’addictologie, essentiel et pionnier régionalement.

Grève d’une partie des soignant.es et du personnel administratif (hospitalisation à domicile) de l’hôpital de Grasse le 28/5. Les moyens matériels et humains ne suivent pas, le sous-effectif dégrade les conditions de travail et l’offre de soins, le personnel est en souffrance.

Grève le 29/5 aux Hôpitaux du Léman à Thonon (74), contre de nouvelles grilles horaires (avec notamment des fins de postes à 23h), et un « plan d’efficience » budgétaire désastreux.

A Alençon (61), les urgences se sont mises en grève depuis le 27/5 pour exiger de nouvelles ouvertures de lits face à l’afflux des patient.es.

Grève au CHU de Rouen : les urgences de Saint-Julien sont sous préavis depuis le 18/5, contre un sous-effectif causant surcharge de travail et souffrance et détresse des agent.es.

Santé privé

Laboratoires d’analyses

La mobilisation est nationale et massive à compter du 4/5 ; le cadre d’action est local/départemental, et parfois ce niveau empire la situation nationale.

Au niveau national, les syndicats dénoncent la charge de travail qui ne cesse d’augmenter, des mobilités imposées par les patrons et des suppressions de postes, en plus de l’absence de revalorisation des salaires (la plupart sont payé.es au SMIC ou juste au-dessus). Cela dans un cadre très nocif : des rachats de labos indépendants par de grosses boites privées (Biogroup, Cerballiance, etc. par exemple).

Dans le Gers, la fusion de deux groupes (Synlab Gascogne et Synlab Adour) a conduit à la suppression du seul plateau technique, à Auch (32), en plus de conditions de travail dégradées. Le 4/5, de nombreuses actions de visibilisation avaient lieu. A Pamiers (09), les grévistes de Cerballiance (700 labos en France) ont exigé des hausses de salaires devant un site du groupe. Au Mans (72), la direction de Biogroup a décidé de gêner la mobilisation en réquisitionnant des salarié.es.

Cliniques privées

En avril, on notait déjà la grève des cliniques Médipôle de Cabestany et Saint-Pierre à Perpignan. Le 12/5, on en était déjà à 19 jours d’arrêt de travail lorsque Sophie Binet est venue soutenir les grévistes, face à la direction et au groupe Elsan (plus de 200 établissements en France), hautement toxiques, qui se veulent inflexibles, et cherchent à culpabiliser, discréditer et réquisitionner des grévistes… qui exigent des hausses de salaires (avec notamment un 13e mois), et des embauches. Le lendemain de cette visite, les pressions du préfet ont sans doute joué un rôle, et à Saint-Pierre un accord a été trouvé et la fin de la grève a été votée. A Médipôle de Cabestany, la grève a duré plus longtemps (32 jours, plus d’un mois de piquet de grève, un record pour une clinique privée) : les salarié.es ont tenu bon, ils et elles ont arraché un accord à la direction incluant le maintien d’une prime (qui était remise en question) de 1500€, plus une nouvelle prime de 400€, plus une prime de 500€ pour 2026. L’accord reste flou sur les conditions de travail, il s’agit d’amorcer une réflexion.

A Pau (64), les soignant.es de la polyclinique Pau Pyrénées, menacé.es par un gros plan social, devaient se mettre en grève le 29/5, pour défendre leur établissement. L’ARS a choisi de les réquisitionner ce jour-là, arguant que l’hôpital ne serait pas capable d’absorber le travail, notamment, de la maternité.

USCPP (Unité de stérilisation centrale de Dijon)

Mouvement de grève reconductible entamé le 12/5 pour une revalorisation des salaires (de +2%), une prime de partage de la valeur de 1000€ brut, une hausse de la prime de nuit de 2 à 3€ par heure et une prime de panier repas de 7€ par jour travaillé.

Ambulancier.es

Au CHU de Toulouse, grève illimitée à partir du 11/5. Les ambulancier.es, soutenu.es par Sud et par la CGT, veulent une prime de 100€. Ils et elles revendiquent l’obtention de la NBI (Nouvelle Bonification indiciaire) ou de l’IFR (Indemnité de Fonction et de Responsabilité). Les grévistes se font entendre notamment en exhibant des banderoles et en filtrant des ambulances

Autres Fonction publique

Marine

A Brest, le service hydrographique de la Marine était en grève le 28/5, peut-être pour la première fois en 300 ans, pour dénoncer le recours à emplois précaires sur des missions importantes.

Culture

Mouvement de grève reconductible au château d’Angers, monument national, fermé les 2 et 3/5, 9 et 10/5, puis 15 et 16/5. Des grèves pour dénoncer le manque récurrent de personnel (notamment à la billetterie-boutique), soutenue par CGT-CFDT-SUD du Centre des Monuments Nationaux. Les grévistes réclament des créations de postes et le remplacement des agent.es absent.es.

Grève à l’Opéra de Paris le 28/5 pour des revendications salariales, ce qui a conduit à l’annulation de la première de l’opéra Ercole amante. Sud Spectacle s’oppose à l’accord sur le nouveau système de rémunération, qu’il considère injuste, mais qui a été signé par les 3 autres syndicats (CGT-CFDT-FO). C’est le 5e jour de grève en un peu plus d’un mois, et la colère monte.

Collectivités territoriales

Grève le 7/5 dans les bibliothèques parisiennes contre le plan « Lire à Paris 2 », qui induit des horaires d’ouverture plus amples sans compensation ; des missions supplémentaires sans moyens supplémentaires ; et tout cela dans un cadre de sous-effectifs, de manque de moyens et de bas salaires.

Grève dans le périscolaire parisien du 11 au 22/5, à l’appel de 7 organisations syndicales de la ville de Paris, face au climat de suspicion généralisée qui s’est installé depuis plusieurs mois avec des suspensions d’animateurs.rices, hors cas de violences sexuelles. Manif de plus de 1500 personnes le 19/5 devant la direction des affaires scolaires de la ville : 400 écoles étaient touchées sur 620.

A Nantes (44), se baigner dans une piscine n’était pas toujours possible fin mai sous la canicule. Plusieurs piscines étaient fermées suite à une grève des électrotechnicien.nes (qui surveillent la qualité de l’eau). Depuis le 27/5, ils et elles étaient en grève pour des embauches et une hausse des salaires.

Autres grèves, dans le secteur privé

Altice (SFR)

Grève le 2/5 appelée par les syndicats CFDT, Unsa et CFTC et concernant les salarié.es des boutiques SFR, face aux inquiétudes qui augmentent par rapport aux conditions du rachat de la boite par Bouygues, Free et Orange. Exemple : la boutique SFR de La Défense était fermée.

Avocats

Le mouvement des avocats contre le plaider coupable s’est poursuivi en mai, dans certains endroits. A Nîmes (30), par exemple, les affaires continuaient à être reportées au début du mois. Idem à Châlons (51) où le 8/5, l’engorgement de la juridiction se poursuivait.

Cinéma UGC Paris-Les Halles

Une grève des agent.es d’accueil a été lancée en mai, après plusieurs journées en décembre 2025, puis en avril. La caisse de grève a été généreusement abondée, ce qui leur permet de tenir. Ils et elles dénoncent leurs conditions de travail et arracher des augmentations.

Coiffeuses salon afro Paris 10e

Une belle victoire, le 19/5 : après 2 mois et demi de grève avec occupation, 9 des 13 employé.es du salon de beauté et de coiffure afro au 65, Bd de Strasbourg (celles qui étaient sans papiers), ont été régularisées par la préfecture de police, en tant que victimes potentielles de traite des êtres humains.

Jeu video

Le STJV (Syndicat des Travailleurs du Jeu Vidéo) appelait à une grève nationale de tout le secteur le 27/5 pour exiger : l’annulation de tous les licenciements prévus ; le départ des patrons incompétents et la transmission du pouvoir de décision aux travailleurs.ses, les seul.es compétent.es pour produire des jeux vidéo. Des exigences sympathiquement radicales ! Virer les patrons, ça reste une bonne idée !


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