Émancipation


tendance intersyndicale

Intervention Émancipation (O. Vinay) bureau national de la FSU du 22 juin 26 :

La canicule plus longue, plus forte que jamais et moins prise en charge que jamais par les pouvoirs publics est un révélateur de l’Etat du monde et du pays :

1-le capitalisme sous toutes ses formes dont le capitalisme vert et les pouvoirs qui le servent, à commencer par ceux fascisants et populistes pour beaucoup climatosceptiques, s’opposent aux solutions déjà trop tardives et limitées pour enrayer les catastrophes annoncées, dont ils portent pourtant l’essentiel de la responsabilité. Ils exposent le milieu terrestre, les mers, l’air, à des températures inédites avec toutes les conséquences mortifères : canicules, manque d’eau pour les cultures, mais aussi d’eau potable comme dans de nombreuses régions de France, tempêtes, inondations, extinction de masse d’espèces, conditions de vie, de travail et sanitaires insupportables pour les humains, à commencer par les plus défavorisés.

En France, les mêmes pratiques anti-écologiques produisent les mêmes effets désastreux, aggravés par les reculs des lois et règlements  environnementaux pour satisfaire le patronat ainsi que  les lobbies de l’agriculture et de la bouffe industrielle. La re-nucléarisation présentée comme la panacée pour produire de l’électricité propre décarbonée est un mythe, vus le coût carbone et financier des constructions et entretien des centrales ainsi que la captation importante et permanente d’eau dans le milieu naturel.

2-le capitalisme et les actionnaires, en panne de profits sur le travail humain, sur le pillage des ressources et sur l’extractivisme, fait le choix des guerres d’une actualité dramatique ou hypothétiques, pour faire tourner à plein la fabrication, le commerce et l’utilisation des armes, pour militariser l’économie, la société, la jeunesse, et donc accroître l’emprise de l’armée sur l’éducation. Dans le même temps, il s’appuie de plus en plus sur une dédiabolisation des extrêmes droites.

3-cette canicule n’a jamais été aussi grave et le gouvernement et les administrations n’ont jamais été aussi en retrait, espérant banaliser ces épisodes et pousser aux solutions individuelles.

La réponse doit être claire il ne suffit pas de rappeler les droits comme dans les documents reçus des syndicats: il faut dès maintenant inscrire la réhabilitation -en concertation entre l’Etat et les collectivités locales, pour éviter les renvois des responsabilités- des bâtis des services publics (l’isolation, la végétalisation… et à titre transitoire d’urgence la climatisation) parmi les premières revendications touchant aux conditions de travail des personnels et de vie des usagers. Et il ne faut pas attendre avril, mai, ou plus tôt encore, le retour de la canicule : c’est dès les premiers jours de la rentrée qu’il faut agir avec toutes les forces concernées de façon à arracher au moins la climatisation et une programmation de travaux.

En veillant à ne pas laisser passer les délais des recours juridiques, aspect étonnamment absent des documents syndicaux, alors qu’ils explicitent les démarches préparatoires à de tels recours. Bien sûr, le juridique seul ne répond pas directement aux impératifs syndicaux notamment vu les délais en dehors des référés, il n’est pas à exclure en appui à des luttes de terrain précises.

Olivier Vinay


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