Chaque mois, nous vous proposerons une brève présentation des conflits qui se déroulent ou se sont déroulés dans la période en question, en France mais aussi à l’international.
Nous savons parfaitement que la liste qui suit n’est que partielle. Eh oui ! L’information sur les grèves et les luttes n’est pas la mieux partagée par les médias, il faut aller la chercher. Et pourtant, des grèves, il y en a ! En France, et ailleurs dans le monde, y compris dans des pays que les médias mainstream nous présentent comme les modèles à suivre, États-Unis ou Allemagne, car les salarié·e·s y seraient dociles, pas comme les salarié·e·s français·es »réfractaires »! Si vous avez des informations à nous transmettre à propos de votre grève ou d’une grève dont vous avez connaissance, n’hésitez pas à nous en faire part en nous écrivant à netournonspaslapage@gmail.com
Clôture rédactionnelle de cet article : dimanche 12 avril 2026
A L’INTERNATIONAL
Allemagne
Après la grève dont nous parlions au mois de février, le syndicat allemand des pilotes Vereinigung Cockpit a organisé une grève de 48h les 12 et 13/3, touchant les vols passagers et cargo au départ des aéroports allemands de la Lufthansa et de ses filiales CityLine et Lufthansa Cargo. Le conflit porte, rappelons-le, sur les pensions et les conditions de travail, après des mois de négociations infructueuses. Il semblerait qu’environ la moitié des vols aient été assurés.
Australie
Grève massive en Australie dans le principal média public, ABC. Des milliers de personnels étaient en grève le 24/3, suite à un échec de négociations entre la direction et les syndicats. Le conflit porte sur les salaires et sur les garanties exigées pour que l’IA ne remplace pas les emplois.
Belgique
Le 12/3, grève nationale à l’appel des 3 grandes centrales syndicales. Conséquences : suspension de tout le trafic à l’aéroport de Charleroi ; annulations des vols au départ de Bruxelles-Zaventem ; fortes perturbations sur les métros-bus-trams à Bruxelles ; grève dans les ports d’Anvers et Zeebruges. C’est toujours les attaques anti-sociales massives du gouvernement Arizona qui sont rejetées : fiscalité, chômage (chasse aux demandeurs/ses et aux malades), retraite (réforme des pensions avec bonus-malus défavorables aux carrières hachées, donc aux femmes).
Comores
Après plusieurs mouvements les années passées, lancement d’une grève illimitée le 9/3 à l’hôpital El-Maarouf à Moroni. Les agents contractuels exigent l’alignement de leurs salaires sur ceux des fonctionnaires, la revalorisation de la prime de garde, l’accès à la caisse de retraite et de meilleures conditions de travail. Plusieurs corps de métier sont concernés, mais un service minimum sera assuré pour les urgences.
Espagne
En Catalogne, une semaine de grève a eu lieu dans le secteur éducatif, regroupant personnels, familles et élèves, avec un point d’orgue le 20/3, journée qui a rassemblé 90% des personnels de l’éducation dans la grève, et 100 000 manifestant.es. En ligne de mire : les coupes budgétaires, la militarisation, la précarité de l’emploi et l’avenir sombre de l’enseignement public.
Grève massive des salarié.es de l’entreprise Groundforce (assistance aéroportuaire) : des arrêts de travail programmés mais pour une durée indéterminée (service minimum mais opérations ralenties). Initialement, cela devait démarrer le 27/3 et impacter les vacances de Pâques. Puis les syndicats ont reporté la grève au 30/3. Les hubs les plus importants sont impactés, notamment Madrid, Barcelone, Málaga, Palma de Majorque, Valence, Bilbao, Alicante… La grève concerne plusieurs dossiers : la revalorisation salariale, la demande d’un accord de branche qui harmoniser les conditions de travail, et la question de la restructuration des effectifs.
Madagascar
Grève des agent.es d’assainissement de la société municipale d’Antananarivo, à partir du 9/3. Dans la capitale malgache, les détritus s’accumulent. Pourquoi ? Parce que les éboueurs/ses, qui jugent la municipalité incompétente, veulent le paiement des arriérés de salaires et exigent le rattachement de ce service public au ministère chargé de l’assainissement.
OUTRE-MER
Guadeloupe
Mouvement de grève avec piquet, à partir du 13/3, au casino de Saint-François, suite à l’échec des NAO, face aux propositions insuffisantes de la direction. Les salarié.es veulent une vraie revalorisation.
Grève dans l’éducation le 31/3 : mobilisation dans le 1er et le 2nd degré. De nombreux établissements sont restés fermés. Motif : comme en métropole, les suppressions de postes et fermetures de classes.
Guyane
Grève enseignante locale dans le premier et le second degré le 17/3, avec reprise annoncée le 19/3. Des écoles fermées, contre la rentrée catastrophique prévue en septembre 2026.
Martinique
Grève à l’entreprise de bus Transaglo à partir du 16/3. L’an passé, une autre grève avait duré 33 jours. Avec un blocage de deux centres de maintenance, des dizaines de lignes ne sont pas desservies et Fort-de-France et Schoelcher sont paralysés. Les NAO sont en cause : la direction propose +3% d’augmentation, les grévistes demandaient +300€ et ont réduit leurs exigences : +150€.
EN FRANCE
Métallurgie
Industrie automobile
Grève le 5/3 chez GTE-Durisotti à Salaumines (62), avec une centaine de salarié.es devant la boite, qui rejettent le chômage partiel voulu par la direction, qui veut dire 30% de salaire en moins.
Chez Forvia à Allenjoie (25), une grève pour les salaires s’est déclenchée avec la quasi-totalité des ouvrier.es, pour une augmentation de 150€ par mois et une prime annuelle de 2000€, alors que la direction propose une hausse salariale de 20€ bruts. Une grève avec piquet et relais des grévistes. Les travailleurs/ses Forvia de Sochaux (25) et Bavans (25) se sont lancé.es dans la grève, améliorant le rapport de forces. Les négociations avec la direction n’aboutissent pas. Mais fin mars la grève tenait et la détermination semblait intacte, avec un taux de grévistes de 95% parmi la main d’œuvre directe.
Aéronautique
Grève pour les salaires le 3/3 chez Figeac Aero, appelée par la CGT pour contrer une NAO inacceptable. La proposition d’augmentation générale des salaires faite par la direction est passée de +1,5% à +1,8%. Les grévistes refusent une telle humiliation, alors que la boite se porte bien.
Chimie
Le groupe Barbier, dont plusieurs ateliers se sont manifestés par la grève début mars, fait de la plasturgie, à Monistrol sur Loire et Sainte-Sigolène (43). Quelque 150 personnes (ouvrier.es, employé.es, agent.es de maitrise, technicien.nes) exigeaient une hausse salariale de 150€ bruts par mois, 1000€ de revalorisation pour les chèques vacances, 200€ de participation, et une prime exceptionnelle de 2000€.
Même département, et exigences salariales aussi chez Interep (caoutchouc cellulaire). Pas d’accord dans les NAO, et rupture des négociations à Aurec-sur-Loire (43), et les travailleurs/ses réclament 3% d’augmentation du taux horaire, tandis que la direction proposait 0,8% (ou des tickets restaurant), puis 1,2%. Une grève très suivie parmi les quelque 80 salarié.es du site.
Pharmacie
A Cenexi Fontenay-sous-Bois (94), la grève a commencé le 13/2 pour une augmentation salariale générale de 100€ (en NAO, la direction proposait 20€ bruts) ; à cela s’ajoutent des exigences sur les conditions de travail (cadences, matériel défectueux, accidents du travail…). Nous en parlions dans le compte-rendu de février. Le 24/3, une nouvelle journée de grève était organisée, et très réussie.
Autres industries
Énergie
Au Havre (76), à l’usine d’éoliennes offshore Siemens Gamesa, la grande majorité des ouvrier.es se sont mis.es en grève début mars, pour faire respecter leurs droits. Le prélèvement à la source des impôts s’est élevé à 15%, y compris pour les non-imposables ! Et les sanctions sont rudes dans la boite !
Transports
SNCF
Début mars, à les cheminot.es du technicentre d’Annemasse (74) continuaient leur mouvement lancé le 19/1, contre un sous-effectif permanent (avec ses conséquence sur la circulation sur les réseaux dans la région) et pour des hausses de salaires. Ils et elles comptent sur la caisse de grève pour tenir : https://www.leetchi.com/fr/c/soutient-aux-cheminots-de-latelier-dannemasse-en-greve-2129376?utm_source=copylink&utm_medium=social_sharing
Transports aériens
Grève surprise mais très suivie des agent.es de sécurité à l’aéroport Lyon-St Exupéry le 13/3, pour exiger des garanties face au transfert (prévu le 1/4) des activités d’Atalian Sûreté aéroportuaire Lyon (AFPS) à ICTS France, avec de grosses incertitudes des salarié.es pour l’emploi et les congés payés.
Transports maritimes
Le 9/3, environ 70 dockers du port de Rouen ont tenu une AG et fait grève devant la direction du port et décidé de recommencer la même chose chaque semaine. Il s’agit de défendre leur emploi, alors que depuis 1992, de nombreux postes sont gérés par d’autres structures (avec d’autres conventions collectives). Les dockers les revendiquent.
Transports routiers / frêt
Côtes d’Armor
Le 2/3, les salariés de l’entreprise de transport routier Burlot à Loudéac (22) ont démarré une grève. Sur 28 conducteurs de camions, une vingtaine ont cessé le travail pour un calcul plus favorable de leurs congés payés, alors que le montant avait baissé. Le mouvement a été reconduit les jours suivants. La direction du groupe Eonnet (propriétaire de la filiale à Loudéac) ne voulant pas reculer, la tension est montée lors d’une provocation patronale (récupérer des camions pour d’autres filiales du groupe). Au bout d’une semaine de grève, 3 chauffeurs ont démissionné. Le 9/3 après-midi, les grévistes ont mis fin au mouvement après une négociation qui les a plutôt satisfaits.
Transports urbains
Beauvais (60)
90% des 78 conducteurs/trices de bus de Corolis (filiale de Transdev) se sont mis.es en grève à partir du 12/3, aux heures de pointe (6h30-9h30 et 15h30-18h30), pour exiger une hausse des salaires, mais aussi une amélioration des conditions de travail , contre des temps de conduite à rallonge et des bus souvent vieillissants.
Lyon (69)
Dans le nord du département du Rhône, 6 syndicats du réseau TCL ont appelé à la grève des bus à partir du lundi 30/3, dans la plage 7h-8h et dans plusieurs communes. Cela fait suite au licenciement d’un chauffeur après 28 ans de service, jugé injuste et scandaleux.
Pau (64)
Grève longue de 40 jours déjà chez Idelis, soutenue par la CGT. Le 14/3, cela obligeait la boite à mettre en place un service minimum dans l’agglomération paloise. Objectif : que plus un seul bus ne sorte ! Les grévistes veulent une revalorisation salariale pour faire face à l’inflation, et de meilleures conditions de travail (notamment contre des congés refusés, ou des rythmes de travail irréguliers).
Strasbourg (67)
Grève des agent.es de la CTS (compagnie des transports strasbourgeois) les 20 et 21/3, à l’appel du syndicat majoritaire, UNSA. 3 motifs : les conditions de travail des conducteurs/trices ; la sécurité des agent.es de contrôle et d’intervention ; de mauvaises relations sociales dans la boite.
Presse – médias – communication
Grève à France 3 Ile-de-France le 22/3, votée à la majorité en AG et empêchant la soirée électorale habituelle, contre la direction régionale qui a attribué un studio de France 3 à Franceinfo.
La Poste
Grève illimitée, à partir du 10/3, d’une trentaine de salarié.es au centre de tri postal de Guipavas (29), contre la réorganisation du centre, en lien avec la mise en place d’une machine à trier les colis.
La semaine précédant le premier tour des municipales (du 9 au 13/3) a aussi vu des grèves allant d’un jour à une semaine, de facteurs/rices dans divers endroits, contre l’arrivée de milliers de plis électoraux, sans complément de rémunération et avec un gros surcroit de travail, alors que les tournées sont déjà chargées et que les conditions de travail se dégradent. Ce mouvement a touché Rennes (35), au centre de distribution de Colombier et au bureau de Pacé ; Nantes (44) et ailleurs en Loire-Atlantique, dans 7 bureaux, avec la participation de voiturier.es et chargé.es de clientèle ; à Trélazé (49), à Paris 15e où la situation liée aux élections s’est cumulée avec un projet de réorganisation qui ne passe pas.
Commerce-distribution
Grève à Super U Savigneux (42) le samedi 14/3 contre des problèmes récurrents de management et des méthodes qui causent souffrance et peur de s’exprimer.
Chez Leboncoin, le malaise couvait depuis plusieurs mois. Fin décembre, une AG avait déjà décidé du principe d’une grève. Dans cette boite de 1500 salarié.es réparti.es entre Paris, Nantes (44), Mâcon (71), Reims (51) et Montceau-les-Mines (71), la grève (suivie par plus de 10% des salarié.es, avec rassemblement devant le siège parisien), appelée pour le 18/3 par l’intersyndicale CFDT/CGT/Solidaires Informatique, sont une première. Le mouvement porte sur une brutale dégradation des conditions de travail, avec des décisions internes contestées. La lutte vise la remise en cause du télétravail – 2 jours depuis janvier 2026, 3 jours à partir de juillet – (générant un temps de transport accru et des coûts supplémentaires) ; les réorganisations et la hausse de la charge de travail ; les outils mesurant de façon intrusive l’activité de certaines équipes, pour faire pression sur les performances, avec l’augmentation des risques psycho-sociaux que tout cela induit. Tout cela arrive après la prise de contrôle, en 2024, du groupe Adevinta (la maison-mère norvégienne de Leboncoin) par les fonds américain Blackstone et britannique Permira. Dans ce contexte, la réduction de la masse salariale par la direction se profile, et la peur d’une diminution d’effectifs augmente, via notamment le passage accru par des prestataires extérieurs. Les élu.es du CSE ont saisi la justice.
Éducation
Inter-degrés
Grève intersyndicale le 10/3, pour protester contre le budget 2026 et les suppressions de classes dans le premier degré. La journée touche aussi l’enseignement supérieur, contre les suppressions de postes dans les universités, qui sont de plus mises au pas, ainsi que les organismes de recherche du fait de leur sous-financement.
Pour protester contre le budget 2026, qui supprime quelque 4000 postes dans l’Éducation nationale à la rentrée 2026 (en gros, 2200 dans le primaire et 1800 dans le secondaire), nouvel appel intersyndical (FSU/Unsa/CFDT/CGT/Sud) lancé le 20/3 pour une « semaine d’actions » du 30/3 au 3/4 avec une grève nationale le 31/3 sur le même thème : suppressions de postes (sous prétexte de baisse démographique) et fermetures de classes annoncées, alors que les classes sont déjà surchargées, des formations supprimées et les enseignant.es en souffrance. S’y ajoute le mécontentement face à la médiocrité des revenus enseignants en France, et à l’absence de revalorisation salariale. Résultat : quelque 25% de grévistes le 31/3 : 30% dans le premier degré (SNUIpp) et 25% dans le second degré (SNES). C’est comparable à Bloquons Tout, mais le manque de construction d’une perspective ferme limite le mouvement.
Premier degré
Notons pour commencer un problème particulier… mais pas tant que ça ! : à l’école Anne-Sylvestre de Rouen (76), à deux reprises, des parents d’élèves (2 familles) ont agressé une directrice, ce qui a conduit à une grève du personnel de l’école et à une journée école morte le 27/3 en soutien à la directrice, pour alerter l’inspection académique et obtenir le classement en zone prioritaire.
S’ajoutent à cela les fermetures de classes et les suppressions de postes induites par le budget 2026, au cœur de la grève du 31/3. Pour le primaire, cela donne par exemple : dans toute l’Académie de Lille (59 et 62), 245 postes supprimés à la rentrée 2026 ; à Paris, 83 postes supprimés ; dans le Gers, 13 postes en moins… Partout, dans des proportions diverses, c’est une véritable saignée. Certains départements n’ont d’ailleurs pas attendu la mobilisation nationale. Le 26/3, une intersyndicale finistérienne a appelé à une grève départementale contre les suppressions de postes. Le même jour, la Gironde a vu une grève associant parent.es et enseignant.es contre 94 fermetures nettes de classes (148 fermetures – 55 ouvertures). Dans certaines écoles, les autorités envisagent sans sourciller des classes à triple niveau.
Second degré
Un cas de violences, pour commencer : le 13/3, le collège Paul-Vallon de Givors (69) s’est mis en grève après qu’en marge d’une bagarre entre élèves, deux assistantes d’éducation (AED) et la conseillère principale d’éducation (CPE) ont été blessées. Mais dans le second degré aussi, la lutte contre les suppressions de postes joue un rôle de premier plan.
Au lycée Edouard Branly de Dreux (28), c’est à partir du 3/3 que les enseignant.es ont fait grève plusieurs jours. Ils et elles rejettent les suppressions de postes et exigent des recrutements de personnels de santé et de vie scolaire. Le samedi 7/3, la journée portes ouvertes leur a permis d’avertir les parents de la situation, et ses conséquences pour les enseignant.es comme pour les élèves.
Dans l’Académie de Lille (59), le SNES-FSU appelait déjà à une journée de grève le 6/3. Certain.es ont pris les devants. Au lycée Léonard de Vinci de Calais (62) qui devrait perdre 120 heures en septembre, après des centaines d’autres ces dernières années, les enseignant.es ont démarré la grève le 4/3. Dans toute l’Académie de Lille (59 et 62), ce sont 235 postes qui doivent être supprimés en collèges et en lycées généraux et/ou technologiques.
A Angers (49), 50 des 70 enseignant.es du lycée Joachim-du-Bellay ont lancé une grève tournante du 4 au 6/3, après avoir perdu 100 heures d’enseignement, deux classes et cinq postes d’enseignant.es.
A Dijon (21), c’est le 9/3 que les enseignant.es du lycée Le Castel ont choisi de commencer la lutte : ils et elles ont fait grève, dans un cadre intersyndical, contre la baisse des moyens horaires (-106,5 heures pour les filières générales et 8,25 pour les filières technologiques). Cela veut dire, par exemple, des classes à 36… Les grévistes ont organisé des rassemblements devant le lycée, et devant le rectorat.
Quelques jours plus tard, le 19/3, grève, manifs et actions prévues devant divers établissements de Côte-d’Or, pas seulement à Dijon, contre les suppressions de postes à la rentrée 2026. L’intersyndicale FSU/FO/Unsa/CFDT/CGT/Sud exige le retour des 164 postes dérobés par l’académie de Dijon (dont 33 en Côte d’Or et 83 dans le second degré).
A Gardanne (13), les personnels du Collège Pesquier ont fait grève le 11/3 contre une augmentation des violences dans l’établissement et aux abords de celui-ci. Ce n’est pas un hasard : l’encadrement est insuffisant parce que des postes manquent, (assistante sociale, surveillant, CPE, principale adjointe absente depuis des mois et non remplacée, enseignant non remplacé) …
A Sainte Livrade sur Lot (47), le 13/3, les enseignant.es du Collège Paul Froment ont dénoncé le gâchis éducatif causé par la politique relayée par l’inspection académique, qui augmente de façon massive et farfelue les prévisions de départs d’élèves, et en supprimant des classes par voie de conséquence. Résultat : des classes surchargées et un nombre croissant d’élèves en difficultés.
A Auneau-Bleury-Saint-Symphorien (28), les enseignant.es du collège Jules-Ferry ont fait une grève par roulement toute la semaine du 9 au 13/3. Ils et elles disposent d’un soutien massif des parents et face au refus de l’administration de répondre aux besoins (ouverture d’une classe de sixième et d’une autre de quatrième), la détermination est grande contre la perspective d’avoir des classes de 6e à 28 élèves et de 4e à 30 élèves, comme les projections pour la rentrée l’annoncent.
Au lycée Galilée à Gennevilliers (92), c’est une grève majoritaire (66% le 16/3) qui s’est construite contre la baisse des moyens pour septembre 2026 : -31h de dotation horaire globale (menaçant les demi-groupes, l’accompagnement personnalisé, les oraux blancs…), et ce alors même que 31 élèves supplémentaires sont prévus à la rentrée. Un carnage dans un établissement qui reçoit des élèves particulièrement défavorisé.es. Les grévistes ont mis en place des actions : rassemblement devant la mairie ; délégation enseignant.es-parents auprès du directeur académique ; opération lycée mort le 20/3 ; signature d’une pétition ; soutien d’élu.es locaux/les : maire, députée ; lien établi avec les grévistes enseignant.es du collège Guy Môquet à Gennevilliers, en grève les 17 et 18/3, et avec un collège mort les 19 et 20/3 ; lien avec d’autres établissements : collèges Edouard Vaillant et Pasteur à Gennevilliers ; lycée Newton à Clichy (92). Le premier communiqué des grévistes insiste sur le cadre national de cette grève, notamment avec des grèves dans des établissements d’autres communes populaires du Rhône et des Bouches-du-Rhône.
Grève, à partir du 16/3, des accompagnant.es d’élèves en situation de handicap (AESH) au collège des Châtenades à Mussidan (24), contre la suppression de 2 postes et la réduction du temps de suivi des élèves. Suspension temporaire de la grève pour le brevet blanc, et réunion publique le 26/3.
Enfin, une lutte à la fois enseignante et lycéenne : à partir du 5/3, plusieurs journées de grèves, blocus et manifestations le 23/3 à Marseille (13) à la fois contre les coupes budgétaires, la militarisation et l’extrême droite.
Santé-social
Travail social
Partout dans le pays, le 10/3 était (aussi) une journée nationale de grève et de mobilisation pour les salarié.es du secteur social, médico-social et aussi dans la santé privée. Les exigences : de meilleures conditions de travail et une rémunération plus acceptable.
A Saint-Genis-Laval (69), des salarié.es de Cada Adoma (centre d’accueil pour demandeurs/ses d’asile) ont fait grève le 17/3, contre l’obligation inhumaine que veut leur imposer leur direction, de recevoir des groupes de 50 personnes issues des rues et squats parisiens, en utilisant masques et gants, en passant des uniformes aux personnes accueillies, qui dormiront à deux dans des chambres de 9 m2. Tout cela alors que la volonté des personnes concernées de s’installer à Lyon n’a rien d’évident et que, quelques semaines plus tard, elles seront envoyées hors de l’agglomération lyonnaise…
Après avoir exprimé leur inquiétude pendant plusieurs semaines, une quarantaine de salarié.es de l’Asompaei (Association du Sud-Ouest Marnais des Parents et Amis d’Enfants Inadaptés) de Sézanne (51) ont fait grève le 19/3 pour plus de transparence à propos d’un projet de rapprochement de leur structure avec l’ACPEI, une association de Châlons-en-Champagne.
Dans les hôpitaux
Grève pour plus de moyens (personnels, lits) aux urgences à Lyon (69). A Edouard-Herriot et à Lyon Sud, cela fait un mois (ça commencé début février). Au 3/3, la mobilisation se poursuivait au Hospices civils de Lyon. La réponse de la direction est toujours insuffisante et les personnels sont épuisés.
Grève aussi aux urgences à l’hôpital de Chartres (28), depuis le 12/2. Rassemblement le 3/3. La situation : des patient.es vulnérables qui passent des heures dans les couloirs, une trentaine de personnes par jour sur des brancards…
10/3 : grève nationale dans le secteur sanitaire, social et médico-social. Un mot d’ordre lancé par l’intersyndicale CGT/CFDT/FO/Sud à la fois pour augmenter les rémunérations et pour améliorer les conditions de travail de plus en plus calamiteuses auxquelles les personnels font face.
A l’hôpital du Neubourg (27), grève illimitée lancée par FO à partir du 19/3, avec manifestation l’après-midi de ce jour dans le centre-ville. Les grévistes dénoncent le sous-financement de l’hôpital (national et local) et ses conséquences : réorganisations, suppressions de postes, dégradation continue des conditions de travail et de la qualité des soins. 25 places doivent encore être prochainement supprimées par l’ARS du côté des soins infirmiers à domicile…
A Laval (53), ce sont des agent.es techniques (électricien.nes, plombiers, chauffagistes) de l’hôpital qui se sont mis.es en grève illimitée pendant leurs astreintes, à partir du 19/3. Ils et elles réclamant une plus juste rémunération des astreintes (souvent la nuit ou le week-end).
Grèves des astreintes aussi au CHU de Nantes, à compter du 23/3. Ici il s’agit des médecins gériatres. Il s’agit aussi de la mise en place de la réforme nationale des astreintes des médecins hospitaliers par le CHU. Au milieu des difficultés de recrutements, cela signifie une forte baisse de leurs rémunérations.
25/3 : grève des agent.es du CHU de Bordeaux (33), contre une attaque de la direction contre leurs congés (pas plus de 15j de congés consécutifs ; pas plus de 25% des effectifs pouvant partir en même temps). La direction use d’un subterfuge pour faire mine de lutter contre les sous-effectifs. Cela se fait alors que la direction met en place unilatéralement une charte sur les plannings et l’absentéisme, sans concertation avec les syndicats. La direction a reçu la CGT, mais ne veut rien savoir.
EHPAD
La maison de retraite L’Orée des Bois à Mézin (47) a été secouée par une grève de ses agent.es, avec le soutien de FO, le 24/3. Les travailleurs/ses se plaignent de leurs conditions de travail et d’un management « toxique ».
Depuis le début de l’année, la colère d’une partie des salarié.es de l’EHPAD Bérengère (groupe privé Emera) du Mans conduit à des débrayages hebdomadaires. Alors que les salarié.es (essentiellement des femmes) subissent assez vite, vu leur boulot, des douleurs chroniques, un mal de dos, et que beaucoup des catégories concernées sont au SMIC, la direction a généreusement proposé cette année une hausse de 7€ pour les agent.es de service hospitalier et 36€ pour les aides-soignantes. C’est la dignité de ces travailleurs/ses qui est en cause, d’où aussi leur ténacité.
A la maison de retraites de Feuillants à Poitiers (86), les travailleurs/ses exigent une vraie hausse des salaires. La direction a triché en intégrant la prime Ségur dans le calcul du taux horaire, pour le faire gonfler. Ce vilain subterfuge a beaucoup énervé, et a valu 6 jours de grèves fin février. Face au refus de négocier de la direction, qui use de toutes les ficelles de l’intimidation, la grève a repris le 23/3.
Médecine privée
A la clinique Saint-Vincent à Besançon (25), propriété du groupe Elsan, les discussions infructueuses avec la direction ont conduit à suspendre les négociations et à passer à l’action. Il s’agit de temps ponctuels de mobilisation, visant à surprendre la direction, tout en évitant les pertes de salaires trop importantes et la pénalisation des patients. Les salarié.es ont calculé que l’évolution de la grille salariale aboutirait à 624000€ d’augmentation globale, et pensent que cette somme est « absorbable ».
Autres Fonction publique
Le 23/3, la CGT du CROUS de Grenoble (38) a émis un préavis de grève, pour une revalorisation salariale et de meilleures conditions de travail (les grévistes réclament des embauches immédiates). Les équipes du CROUS subissent une pression croissante, renforcée par la généralisation des repas étudiants à 1€.
A Toulouse (31) aussi, la grève a été déclenchée au CROUS, à l’appel de la CGT, contre le manque de moyens humains et matériels et pour des augmentations. La mise en place des repas à 1€ est impossible à réaliser à moyens constants.
Collectivités territoriales
A la cuisine centrale d’Avignon à partir du 12/3 et pour une durée indéterminée jusqu’au 30/3, les agent.es de cuisine de la production et des chauffeurs/ses livreurs/ses sont en grève reconductible. Des vols y ont eu lieu il y a quelques mois, et les travailleurs/ses dénoncent l’opacité de l’enquête, ainsi que des pressions, du harcèlement et des menaces de sanctions. Les enfants devront manger ailleurs.
A Melle (79), le retour sur scène de Frédéric Rivault, élu en 3e position au conseil municipal, ulcère les salarié.es de la municipalité. Il a sévi entre 2019 et 2025 comme directeur technique municipal, et s’est fait largement connaitre : c’est un individu redouté parce que colérique, manipulateur, obscène, usant de chantage et faisant travailler les employé.es de la ville à son domicile. Face à ce fâcheux retour, il y a eu grève le 27/3 avec manifestation devant la mairie.
A Grenoble, grève à la MC2 (la maison de la culture) à partir du 24/3, avec pour conséquence l’annulation de plusieurs spectacles. Les grévistes et les représentant.es du personnel dénoncent un dialogue très difficile avec la direction, qui a rejeté l’accord d’usage du CSE. Cela dans un contexte délicat, avec 9% de déficit de la structure. Un plan d’économies de 850 000€ serait envisagé, et fait craindre des attaques sur les conditions de travail.
Autres grèves, dans le secteur privé
Grève illimitée, avec occupation jour et nuit, par 13 coiffeuses et esthéticiennes d’un salon afro (l’institut Sabadou et Jade) depuis le 3/3, dans le 10e arrondissement de Paris. Les grévistes, soutenues par la CGT, veulent simplement être payées, ce qui, pour beaucoup, a cessé depuis octobre dernier. Le patron profite du fait que la majorité d’entre elles est sans papiers, et il ignore le droit du travail : journées de 13 heures, pas de cotisations à l’URSSAF, pas de congés payés, pas de prime d’ancienneté, pas de salaire minimum de branche… De plus, elles étaient exposées sans protection à des produits toxiques dont elles ignoraient la dangerosité. Fin mars, la grève continuait, pour le paiement des arriérés de salaires, pour faire respecter le droit du travail, et pour la régularisation pour obtenir un titre de séjour.
Grève à Saint-Thurien (29), à partir du 3/3, de plus de 150 salarié.es sur 298, à l’entreprise Peny (plats préparés et conserves de légumes, appartenant au Groupe Eureden), à l’appel de la CGT, contre des conditions de travail qui se dégradent et contre un plan social annoncé. Les grévistes revendiquent de meilleurs salaires et conditions de travail. La forte détermination a permis d’impliquer les sites de Locminé et Le Faouët dans le mouvement et à la fin mars, la grève continue.
Grève de la moitié du personnel du grand cinéma UGC-Les Halles à Paris, à partir de début mars, pour des hausses de salaires (pas moins de +5% tout de suite), pour obtenir de meilleures conditions de travail (notamment contre les plannings infernaux, pour des embauches) et dénoncer la situation sanitaire lamentable du cinéma (punaises de lit dans les salles…)
Chez Securitas (2200 salarié.es) à Ivry-sur-Seine (94), grève le 24/3 pour les salaires.
Les agent.es de sécurité de l’aéroport Saint-Exupéry de Lyon (69) se sont mis.es en grève à 98% à la mi-mars, dans le cadre d’un changement de prestataire suite à un appel d’offres à partir du 1/4. Ils craignent pour leur emploi et leurs congés (notamment avec le non-transfert des 20-30 salarié.es (sur 160) en maternité, en maladie, accidents du travail pendant les 9 derniers mois).
