Émancipation


tendance intersyndicale

Un mois de grèves et de luttes : février 2026

Chaque mois, nous vous proposerons une brève présentation des conflits qui se déroulent ou se sont déroulés dans la période en question, en France mais aussi à l’international.

De très nombreuses grèves ont eu lieu à l’international, dans les outre-mer et en métropole. Est-ce le signe d’un chaud printemps dans l’hexagone ?

Avec le prix de l’essence qui explose, l’argent public qui va dans la guerre et pas dans les services publics, les grèves qui ont lieu tous les jours, les conditions sont réunies pour un grand mouvement d’ensemble. Que font les directions syndicales ? 

Nous savons parfaitement que la liste qui suit n’est que partielle. Eh oui ! L’information sur les grèves et les luttes n’est pas la mieux partagée par les médias, il faut aller la chercher. Et pourtant, des grèves, il y en a ! En France, et ailleurs dans le monde, y compris dans des pays que les médias mainstream nous présentent comme les modèles à suivre, États-Unis ou Allemagne, car les salarié.e.s y seraient dociles, pas comme les salarié.e.s français.es « réfractaires »! Si vous avez des informations à nous transmettre à propos de votre grève ou d’une grève dont vous avez connaissance, n’hésitez pas à nous en faire part en nous écrivant à netournonspaslapage@gmail.com

Clôture rédactionnelle de cet article : mercredi 11 février 2026

A L’INTERNATIONAL

Allemagne

Vu l’absence de résultats sur les conventions collectives dans les négociations avec les représentants des Länder et des communes, le 2/2, il y a eu grève de quelque 100 000 salarié.es dans 150 entreprises de transport urbain (bus, trams et métros), à l’appel du syndicat ver.di, dans tout le pays sauf le Land de Basse-Saxe, avec arrêt complet toute la journée à Stuttgart, Karlsruhe et Fribourg, et des manifestations dans certaines villes, comme Hambourg et Sarrebruck. Les revendications : la paye et les conditions de travail (qui se dégradent) : meilleures primes le week-end et la nuit, augmentation des salaires (de l’ordre de 7 à 10%) dans certains Länder ; mais aussi baisse du temps de travail hebdo à 35h et allongement des temps de repos).

Grève des pilotes et personnels de cabine du groupe Lufthansa le 12/2. Pour les pilotes, cela concerne tous les vols de la compagnie mère et ceux de sa branche de fret, Lufthansa Cargo au départ d’Allemagne. Pour les personnes de cabine, la grève implique la filiale CityLine. Point de départ du conflit des pilotes : la retraite d’entreprise des pilotes, jugée « très en-deça » du niveau de rémunération antérieure ; à l’appel du syndicat Vereingung Cockpit (VC), il s’agit d’obtenir une convention collective qui protège la retraite des pilotes déjà en poste ainsi que celle des futurs pilotes. Pour les personnels de cabine, leur syndicat UFO appelle le même jour à une grève d’avertissement contre la fermeture de CityLine, spécialisée dans les vols européens et menacée de fermeture (encore non officielle), et exige des négociations. Environ 800 vols ont été annulés en Allemagne, et quelque 100 000 passager.es touché.es.

Argentine

Quatrième grève générale en Argentine depuis l’arrivée à la présidence de Javier Milei, après un peu plus de 2 ans de mandat, le 19/2 des travailleurs/ses visait à empêcher la réforme de dérégulation du travail (facilitation des licenciements, baisse des indemnités, extension possible de la journée de travail de 8h à 12h, fractionnement possible des congés, limitation du droit de grève…), en discussion au parlement. Le mouvement a signifié une fonction publique à l’arrêt ou au ralenti, ainsi que les trains, les bus, les ports, les aéroports, les banques. Il a touché aussi des commerces et des restaurants, vu les grosses difficultés de transports. Aerolineas Argentinas a annoncé l’annulation de 255 vols (environ 30 vols internationaux), touchant plus de 30 000 passager.es. Malgré cette grève générale très suivie, l’assemblée nationale a voté la (contre-)réforme du droit du travail. L’adoption définitive de cette loi de régression sociale dépendait du vote au Sénat. C’est fait : il l’a adoptée à son tour le 28/2.

Belgique

En Wallonie, le réseau des bus TEC est très perturbé par la grève depuis le 26/1. Celle-ci est soutenue par le front commun syndical pour empêcher l’application des mesures d’austérité exigées par le gouvernement wallon à l’opérateur de transport de Wallonie (OTW) qui chapeaute LETEC ; et en particulier d’empêcher la pertes des acquis obtenus il y a quelques années, en contrepartie d’augmentations de salaires. Le 2/2 et les jours suivants, la grève s’est poursuivie, surtout dans les provinces de Liège et du Hainaut. Très tôt le mercredi 4/2, 200 syndicalistes sont arrivés en cortège devant le domicile de François Dequesne, leur ministre régional pour la mobilité, afin de réclamer une rencontre et une reprise des négociations. Le 5/2, des négociations ont repris entre les syndicats et la direction, sans accord sur le fond, mais juste avec un calendrier de négociations. Le 10/2, la circulation des bus a repris comme d’habitude en Wallonie. Cette fin de grève coïncide avec un moment marqué par des journées interprofessionnelles et intersyndicales, et les syndicats déclarent que d’autres actions auront lieu sur le réseau LETEC.

Les centrales syndicales FGTB, CSC et CGSLB ont, de nouveau, appelé à plusieurs grèves interprofessionnelles les 5, 10 et 12/2 pour protester contre les réformes socio-économiques du gouvernement « Arizona », en rejetant en particulier la hausse de l’âge de la retraite à 67 ans, le « saut d’index » (censé limiter l’inflation) et la @@coupe d’austérité de 10 milliards. Les préavis de grève des cheminots déposés pour ces 3 jours ont été refusés par leur employeur juridique HR Rail et par le Conseil d’État. Le 12/2, le front commun intersyndical appelait à une mobilisation massive contre la politique du gouvernement fédéral, avec le blocage de deux zones de Bruxelles, un barrage du Ring (périphérique), un rassemblement devant la Banque nationale, avant un départ en manif vers la Tour des Finances. 13 lignes de bus perturbées, collecte des ordures impactée…

Canada

Après des mois de négociations sans résultat, et une politique financière de la ville qui les conduisait à l’appauvrissement et à une aggravation des conditions de travail, le 4/2, les « cols bleus », nécessaires au bon fonctionnement quotidien de la ville de Montréal (travailleurs/ses des ateliers) ont fait, pour la première fois depuis plus de 15 ans, une journée de grève à l’appel de leur syndicat, SCFP 301, qui représente plus de 6 200 « cols bleus ». Après cette journée de débrayage, les grévistes n’excluent pas une grève générale illimitée si les négociations ne donnent pas satisfaction.

Espagne

Malgré des rapports alarmants remis par les conducteurs/trices et des alertes lancées depuis des mois, rien n’a été fait et les coupes sombres dans les infrastructures ont continué. En janvier, des accidents ont 47 morts et des centaines de blessé.es en Espagne. Le principal syndicat des conducteurs/trices de trains a appelé à une grève de trois jours les 9-10-11/2, avec une limite importante placée par le gouvernement de 75% de trafic pour les trains de banlieue aux heures de pointe, et 50% le reste de la journée. La grève a touché 8 compagnies ferroviaires en annulant ou perturbant des centaines de trains dans tout le pays, de toutes les catégories : trains des grands pôles urbains, trains de moyenne-longue distance, trains à grande vitesse, trains de marchandises.

Etats-Unis

En début de mois, 15 000 infirmier.es de l’établissement Kayser à New York et 31 000 sur la côte ouest était en grève, une lutte bénéficiant de sympathie et même de soutien, avec la perspective aussi de voir 3 000 techniciens et pharmaciens rejoindre la lutte, malgré les menaces patronales et le recours à des briseurs de grève.

Gabon

Depuis le 10/12, les enseignant.es gabonais.es sont en grève. Le 31/1, malgré un accord de sortie de crise signé avec le gouvernement quelques jours plus tôt, la poursuite du mouvement a été votée à l’unanimité. Pour les grévistes, les revendications (recrutements, avancements, reclassements – bloqués depuis 10 ans) ne sont pas satisfaites : 400 enseignant.es recruté.es, un présalaire pour seulement 1 800 bénévoles et une évolution de carrière pour 5 000 enseignant.es (sur 21 000), ce n’est pas assez, et le pouvoir peut aller plus loin… En conséquence, le système éducatif est toujours paralysé, et le gouvernement est obligé de revoir le calendrier scolaire en fonction de la grève, qui reste très massive. Du coup, la trouvaille du putschiste Brice Oligui Nguema, arrivé à la présidence en août 2023, a été, le 17/2, de suspendre les réseaux sociaux pour casser cette lutte !…

Inde

Grève générale de 300 millions de personnes le 12/2, après celles de novembre 2020 (250 millions de participant.es) et de juillet 2025 (200 millions), contre la politique de libéralisation de l’économie de Modi et les « 4 codes du travail » de son parti, le BJP. Ce texte de classe, ultra-violent, affaiblirait gravement la classe ouvrière : plus facile pour les patrons de licencier, de fermer les boites, de remplacer des contrats stables par des précaires, de supprimer des syndicats, de faire emprisonner des syndicalistes qui agissent dans cette illégalité qu’ils veulent organiser, et avec cela une durée journalière du travail pouvant aller jusqu’à 12 heures. A cela, s’ajoutent les privatisations et les conséquences de l’accord commercial provisoire passé entre Trump et Modi, qui pénaliserait la petite production agricole indienne. Le 12, les administrations, les services publics, les banques, les transports et certaines industries ont été touchés, avec des manifestations et des barrages routiers, ainsi que des rassemblements et des actions organisés par les paysans dans les campagnes.

Italie

Grève de 24h dans le transport aérien le 26/2 en Italie, contre la stagnation des salaires, la dégradation des conditions de travail et une précarité croissante. Elle touche pilotes, personnel de cabine et agent.es au sol, et affecte les principaux aéroports. Impact : 55% des vols supprimés à ITA Airways, 180 à 220 annulations chez EasyJet et grève ciblée de 4h chez Vueling.

Kenya

Grève des contrôleurs/ses aérien.nes les 16 et 17/2 à l’aéroport Jomo Kenyatta de Nairobi, l’un des hubs les plus fréquentés d’Afrique, impliquant de nombreux et importants retards et des passager.es bloqué.es. La grève a été lancée par le Syndicat des travailleurs de l’aviation, malgré une ordonnance judiciaire l’interdisant. Il s’agit d’obtenir la finalisation d’une convention collective et d’en finir avec la mise en place de contrats temporaires pour des postes permanents.

Liban

Les fonctionnaires publics/ques ont démarré une grève le 20/1, dans un contexte d’une grave récession, de salaires dévorés par l’inflation, et d’un budget d’austérité. L’exigence des grévistes : atteindre 50% de ce qui était perçu en 2019 (!) et une augmentation de 10% tous les six mois. Le 5/2 elle a été suspendue, la « ligue des fonctionnaires de l’administration publique » espérant des négociations fructueuses avec ministère des finances.

Maroc

Fin janvier, les syndicats de l’enseignement (5 centrales) avaient annoncé une grève nationale générale les 11 et 12/2 et une grève nationale de 3 jours les 17, 18 et 19/2, avec sit-in central devant le ministère à Rabat. La profession est exaspérée par la non-mise en œuvre des dispositions de l’accord de décembre 2023, notamment pour ce qui est du statut particulier des fonctionnaires de l’éducation et de la formation. Il y a d’autres dossiers en suspens mais les discussions à leur sujet sont à l’arrêt. Les personnels sont mis sous tension, ce qui est aussi dénoncé.

Sénégal

La grève est ici un moyen d’action contre un fait particulièrement grave : les salaires de février des enseignant.es – même non-grévistes et des femmes en congé de maternité – ont été ponctionnés, parfois de plus d’un tiers, par le gouvernement, qui prétend que ces coupes sont légales. Cela fait quatre mois que certains syndicats (ceux membres du G7) organisent des arrêts de travail alternés, exigeant le respect d’accords signés avec le gouvernement de l’ex-président Macky Sall. Mais la situation économique du Sénégal est mauvaise, et le pays est en négociations avec le FMI, qui a suspendu son programme « d’aide ». C’est sûrement un hasard !

Tunisie

L’entreprise Mecachrome Tunisie (géant de la sous-traitance aéronautique, en mécanique de haute précision, basé à Toulouse), pratique une brutale répression antisyndicale et tente d’intimider les travailleurs/ses. Le 1/11, la direction a refusé de reconnaitre la nouvelle section syndicale. Puis, le 1/1, elle a licencié 12 salarié.es. Face à cela, 3 jours de grèves ont été annoncés à partir du 19/1. Réponse des brutes patronales, avec l’aide des flics : 7 syndicalistes et 2 salarié.es convoqué.es pour un interrogatoire de près de 12 heures. En réponse, les travailleurs/ses ont fait une grève massive du 9 au 13/2, pour dénoncer les pratiques de la direction et exiger la réintégration des 12 personnes licencié.es. Les patrons ont refusé de répondre aux grévistes et ont même tenté de rendre la grève illégale, en plus de l’envoi des flics pour intimider les grévistes. Les capitalistes essaient même d’imposer des heures supplémentaires pour compenser les effets de la grève !

OUTRE-MER

Martinique

Grève, en Martinique et autres territoires ultramarins, des enseignant.es le 3/2, à l’appel de FSU, UNSA et FO, contre des conditions d’enseignement abominables (bâti scolaire dangereux, coupures d’eau répétées, démantèlement des RASED), la précarisation et épuisement des enseignant.es et AESH. Un décret discriminatoire sur le congé de longue maladie supprime 40% de la majoration pour les fonctionnaires ultramarins malades, alors que le coût de la vie est bien plus élevé en Outre-Mer qu’en métropole. Cela a été la goutte d’eau.

Polynésie

La même grève, le 3/2 aussi, (selon France Info TV) avec un taux de grévistes de 21% dans le premier degré, 0,7% dans le second, a fait fermer 35 établissements.

EN MÉTROPOLE

Métallurgie

Industrie automobile

Journée « usine morte » chez Dumarey le 13/2, contre la fermeture de l’usine programmée d’ici fin 2026, et le licenciement des salarié.es de la production au 1/6. 200 personnes présentes devant l’usine (militant.es, travailleurs/ses et soutiens). Le but : obtenir bien plus pour partir que ce qui a été obtenu en novembre 2024 pour les 234 licencié.es de janvier 2025. « Dumarey doit payer ».

Autres métallurgie

En grève illimitée depuis le 21/2, une douzaine de salarié.es du service IRST (Infrared search and track) de Thales Élancourt (78) ont été en mesure d’arrêter presque totalement la production de détecteurs de menaces infrarouges qu’on trouve à l’avant du Rafale, l’avion de combat de Dassault. Cela après des NAO sans de vraies augmentations de salaires. Ils et elles exigent une prime de 2 000€, de meilleures conditions de travail, des garanties sur les évolutions de salaires et le paiement des jours de grève.

Chimie

Grève dans l’entreprise chimique DSP à Chauny (02) les 9 et 10/2 (au moins). Les salarié.es dénoncent leurs conditions de travail, avec une diminution des effectifs de 320 à 306 en quelques mois. Ils et elles occupent un rond-point qui dessert l’usine.

Grève à Eurenco Bergerac (24). Un conflit oppose syndicats et salarié.es à la direction de ce fabriquant de poudre. Il y a d’abord l’exigence d’une hausse de salaires. Le patron a fait appel à des intérimaires pour remplacer les grévistes. La juge des référés, saisie par les syndicats le 12/2, n’y a vu aucune atteinte au droit de grève ! Le 25/2, les grévistes étaient toujours là, entouré.es de pneus et de palettes.

Pharmacie

Le 19/2, les salarié.es du laboratoire Cenexi de Fontenay-sous-Bois (94), en grève depuis le 12/2 au soir, réclament 100€ net d’augmentation de salaire et une amélioration des conditions de travail. Un piquet de grève s’est mis en place devant l’entreprise, et du soutien est demandé.

Autres industries

A Hombourg (68), une grève reconductible a touché l’entreprise Euroglas les 12 et 13/2, dans le cadre des NAO, pour les salaires (exigence de +100€ pour tou.tes et 13e mois conforme au salaire mensuel), des primes de poste revalorisées, et de meilleures conditions de travail. L’intersyndicale (CFTC, CFDT, Unsa), a décidé le mouvement à la suite d’une nouvelle rencontre avec la direction ce 13/2.

Transports

SNCF

Au technicentre des Ardoines (94), 100% des cheminot.es se sont mis.es en grève le 15/2 au soir contre le passage de 4 à 5 nuits de travail par semaine voulu par la direction, à partir du 15/2 pour certaines équipes, du 1/3 pour les autres. Et le 16/2 au matin, un débrayage a suivi. La direction a réagi par des menaces de sanctions, appel à un huissier, lancement de procédures disciplinaires. Mais cela n’a pas entamé la détermination : en AG, le mouvement a été prolongé contre le projet de réorganisation, mais aussi contre les sanctions potentielles. Au bout du compte, en trois jours de grève sauvage, en étant organisé.es à la base, et en ignorant les menaces répressives de la direction, les grévistes ont largement fait plier celle-ci. Ils et elles ont obtenu 4 embauches, une prime de 70€ pendant 1 an pour certaines équipes et une prime pérenne de 60€ pour toute 5e nuit effectuée. La direction s’est engagée à ce qu’aucun.e gréviste ne soit sanctionné.e.

A Annemasse (74), c’est depuis le 19/1 que les travailleurs/ses du technicentre SNCF sont en grève, pour contester le sous-effectif (7 postes vacants sur 40), exiger des embauches et une prime de vie chère (300€ par mois). Là aussi, le passage à la concurrence passe mal ! Ils et elles ont mis en place une caisse de grève.

Mouvement « inopiné » sur le réseau TGV sud-est (départ Gare de Lyon), à l’appel de Sud Rail, pour le week-end de départ en congés des Parisien.nes (du 20 au 23/2). Le motif : les conditions de travail Ce sont les conducteurs/trices puis les contrôleurs/trices qui ont poussé. La SNCF s’en sort avec quelques perturbations mais un plan de transport presque normal, en faisant appel à des jaunes.

Les 21 et 22/2, grève aussi des agent.es des trains Intercités sur la ligne Clermont-Nevers-Paris, avec suppressions de plusieurs trains sur cette ligne, à l’appel de la CGT. Le but : face à la casse des métiers, des emplois et des conditions de travail en vue de la mise en concurrence généralisée, obtenir des emplois en nombre suffisant, pour tous les métiers, une revalorisation des salaires et une amélioration des conditions de travail.

Transports maritimes

Le 2/2, une grève illimitée a été lancée par la CGT dans les transports maritimes à Marseille, chez Corsica Linea et à La Méridionale, affectant les liaisons avec la Corse et le Maghreb. Les grévistes veulent défendre l’emploi maritime sous « pavillon français » en Méditerranée et lutter contre le « dumping social ». Le ministre des transports a nommé deux médiateurs le 5/2 après une réunion de conciliation avec la CGT-Corsica Linea et la CGT-La Méridionale, mais aussi la SAMMM (autonomes) et le STC-La Méridionale. Au soir de la 5e journée de grève, le 6/2, la CGT Marins s’est dite satisfaite des avancées (de nouvelles dessertes vers l’Algérie) et a décidé de suspendre la grève.

Transports urbains

Le Mans (72)

Grève de 24h à la SETRAM et à la STAO le 2/2 avec de fortes perturbations (aucune circulation de bus et de tramways), après l’agression de 2 contrôleurs le 13/1 dernier.

Montesson (78)

Près de 90% des 120 conducteurs/rices du dépôt Keolis de Montesson-Boucles-de-Seine ont fait grève le 10/2 et occupé les lieux, pour dénoncer des conditions de travail inacceptables, en particulier la vétusté des bus. La direction ignore cela et ne les répare pas, alors que le nombre de bus ne suffit déjà pas. C’est dangereux pour les chauffeurs/ses, et les passager.es en arrivent parfois à des incivilités, voire à des agressions verbales ou même physiques : c’est arrivé le 8/10/2025 ; mais rien n’a été fait.

Besançon (25)

Grève de 13 personnes le 14/2 du réseau Keolis Besançon Mobilités, faisant tourner au ralenti les bus et les trams dans la soirée, contre la suppression des patrouilles en binômes décidée par la direction, alors qu’incivilités et agressions ont augmenté de 12% en 2025. De plus les syndicats accusent la direction d’entrave au droit de grève et de sanctions discriminatoires.

Corbeil-Essonnes (91)

A partir du 17/2, grève au dépôt, bloqué à l’initiative de FO et mettant à l’arrêt 12 lignes de bus, dont la nouvelle ligne Tzen 4. Avec l’ouverture à la concurrence, les 6 entités préexistantes ont été regroupées en une seule, avec 700 salarié.es, avec suppression de tous les accords d’entreprise antérieurs, perte de tous les avantages et révision à la baisse des salaires de base. 30% de grévistes selon FO.

Non loin de là, au dépôt d’Évry-Centre-Essonne (Tisse) et à celui de Bondoufle, dès le 19/2, de nouveaux grévistes se sont joints à ceux de Corbeil et ont mis en rideau l’ensemble des lignes.

Services

La Poste

Après une grève de 19 jours, visant à empêcher le transfert des activités colis et distribution vers Sancerre (18), 6 postier.es de Léré (18) ont levé leur mouvement le 13/2 et ont repris le travail le 16/2. Selon la CGT il y a eu des avancées : le transfert est reporté de 3 mois (!), un emploi en CDI est obtenu ainsi que 10 semaines de flexibilité au lieu de 3.

Commerce-distribution

Grève dans les magasins Alinea (enseigne d’ameublement du groupe Mulliez, 1172 salarié.es dans 36 magasins). La marque, mise en redressement judiciaire, semble promise à la mort, faute de repreneur, après l’abandon d’une société roumaine qui s’était positionnée. Le 14/2 à Saran (45), les syndicalistes dénoncent la méthode Auchan : toucher l’argent public tout en restructurant et en licenciant.

Carrefour Alma Rennes, c’est le plus gros hypermarché de Bretagne. Il est en redressement judiciaire. Le 14/2, l’intersyndicale CGT-FO y appelait à la grève, après une première mobilisation il y a 3 mois. Le groupe Pont-de-Bois est repreneur, ce qui veut dire fin des avantages acquis, et tout le personnel, excédé par la dégradation des conditions de travail (flicage, insultes…), s’inquiète, alors qu’il est impossible de discuter avec lui. Plus de 60 salarié.es sur 230 ont débrayé plusieurs heures ce jour-là.

Leclerc Châlons en Champagne (51). Pendant des NAO très insatisfaisantes, à l’appel de l’intersyndicale Unsa/Sud Industrie/CFDT, rejointe par la CGT et FO, les salarié.es de la Scapest (centrale d’achat et logistique régionale de Leclerc, 630 employé.es dans le secteur) se sont mis.es en grève illimitée le 16/2, installant un piquet tournant devant l’entrée du site de St Martin sur le Pré, et un barrage filtrant des poids lourds. Ils et elles revendiquent 3% d’augmentation générale des salaires et une prime PPV de 3 000€, ainsi que des mesures pour en finir avec les inégalités salariales entre catégories, et entre femmes et hommes. Le 18/2, la grève continuait après une proposition de la direction de 0,8% de hausse et 750€ de prime. Le 19/2 des opérations de filtrage des camions ont touché plusieurs autres sites. Le site de Récy (proche du précédent) a alors pris une place importante dans la grève. Le soir, des dizaines de camions restaient bloqués devant l’entrée, des tonnes de marchandises n’étaient pas chargées, et la direction dénonçait les conséquences de la grève, notamment pour l’approvisionnement des quelque 150 magasins Leclerc du Nord-est, et la sécurité sanitaire de certains produits. Le 23/2, les rayons des Leclerc se vident, mais si le dialogue entre syndicats et direction a repris, les négociations sont au point mort. Finalement, le 24/2, un accord a été signé et la grève a été levée. Pourtant, rien n’a été obtenu sur les salaires et sur la prime, et la direction s’est juste engagée à ouvrir des discussions sur la mutuelle des salarié.es et sur les chèques-vacances…

Nettoyage

Le 9-10/2, à l’appel de la CGT propreté 34, grève avec piquet des salarié.es d’ONET sur le nouveau site de la SNCF à Montpellier, pour obtenir la titularisation des CDD, suite à l’arrêt brutal des contrats, le 8/2. En réaction, au 2e jour de grève, la direction a prolongé le contrat de deux employés à fin février.

Education

Inter-degrés

Ce 17/2, grève régionale Île-de-France contre le « saccage de l’école publique », soutenue par une intersyndicale éducation unie inter-degrés (FSU, SNUipp-FSU, Snes-FSU, SE-Unsa, FO, CFDT, CGT et SUD), et manifestation, jusque devant le ministère, de près de 3 000 enseignant.es d’Île-de-France, Concrètement, les moyens horaires pour la rentrée 2026 diminuent drastiquement, et quelque 4 000 postes doivent être supprimés dans l’Éducation. Ce qui veut dire des classes encore plus chargées, des absences non remplacées, plus de pression et de stress. Les revendications face à cela : annulation des suppressions de postes, budget à hauteur des besoins (notamment éducation prioritaire), baisse des effectifs par classe (20 et 16 en REP), refonte de la carte de l’éducation prioritaire, création de postes de CPE, AESH, médico-sociaux… Une mobilisation qui n’a pas fait le plein.

Premier degré

Le 9/2, Montreuil (93) a vu une grève de plusieurs établissements scolaires pour dénoncer le manque d’AESH. Un rassemblement d’une quarantaine de personnes s’est tenu devant la DSDEN 93 (Direction des services départementaux de l’Éducation nationale)

10/2 : enseignant.es et parents ont envahi le rectorat de Paris pour dénoncer la fermeture des classes annoncée pour la rentrée 2026 (voir aussi Second degré).

Grève des enseignant.es remplaçant.es du premier degré à Amiens (80) le 12/2, contre la réforme de leur statut, prévue à la rentrée. Ils et elles passent d’un rattachement à une école et sa circonscription avec limitation des déplacements à 30km (ou en brigades spécialisées pour les établissements REP+), à des remplacements par département, ce qui rallonge les temps de trajet et rend problématique les remplacements d’absences imprévues de courte durée. C’est aussi une dissolution des spécialisations REP+, l’obligation d’intervenir loin, dans des classes inconnues, une souffrance accrue au travail.

Second degré

Grève massive au lycée professionnel Théodore Monod à Noisy le Sec (93). Le 27/1, l’AG vote unanimement (avec 20 présent.es) l’usage du droit de retrait le 29/1, après l’explosion de violences entre élèves et de ces dernier.es contre les profs et les AED. Cela dans un contexte où la charge de travail augmente. Un mouvement entièrement autoorganisé, conduisant à un ratio de 43 grévistes sur 59 présent.es, dont tous les personnels les plus précaires (AED, AESH). Soutien obtenu auprès des élu.es du coin. Journée « lycée mort » le 5/2, décidée à l’unanimité. La FCPE, les représentant.es de parents d’élèves du lycée ainsi que des associations ou élu.es locaux soutiennent l’initiative. Les exigences : un poste de CPE en plus, davantage de postes d’AED, d’AESH, plus d’heures d’enseignement.

Au lycée Fénelon de Lille, grève très majoritaire le 9/2 contre les suppressions de postes à la rentrée prochaine, avec rassemblement devant le rectorat de Lille. La grève reçoit le soutien des parents et des élèves, prêts à se mobiliser. Cette région est la plus touchée par la casse annoncée (142 postes d’enseignant.es supprimé.es entre écoles, collèges et lycées).

Le 9/2 aussi, les enseignant.es du collège Amiral Lejeune étaient en grève à Amiens (80), contre la dégradation des conditions de travail et le manque de moyens, pour les enseignant.es mais aussi les autres personnels scolaires (manque de surveillant.es, vie scolaire en grande difficulté, plus d’assistante sociale…). Conséquence : le climat scolaire se dégrade et les arrêts maladie explosent.

10/2 : devant le rectorat de Paris (19e arrondissement), installation de tentes par les enseignants mobilisés, avec appel à d’autres débrayages, et l’exigence que des délégations des établissements en grève, parents et enseignant.es, soient reçu.es en délégation par la rectrice.

Le collège Olympe-de-Gouges à Champcueil (91) était largement en grève le 12/2, suite à l’agression d’une assistante d’éducation, sciemment blessée au genou par un élève de sixième, lors d’une bagarre entre élèves. Les personnels exigent au moins un demi-poste de CPE, et 4 postes d’assistant.es d’éducation supplémentaires.

A Wittenheim (68), au collège Joliot-Curie (près de 600 élèves), tou.tes les enseignant.es sauf un ont débrayé spontanément pendant deux heures le 12/2, dans le cadre d’un climat de travail ingérable avec de multiples problèmes. Quelques jours plus tôt, un élève qui avait insulté une enseignante a été sanctionné d’une exclusion avec sursis – sanction trop clémente pour les professeur.es.

Le 12/2, grève massive à Grisolles (82) au collège Jean Lacaze pour obtenir des moyens humains pour la vie scolaire (CPE, assistant.es) et des AESH, catégories en sous-effectifs notoires.

Grève reconductible, à partir 18/2, reconduite les 2 jours suivants, au collège Colonel Fabien à St Denis (93), pour un changement de direction. Pour la quasi-totalité (gréviste) des personnels, les dysfonctionnements avec la direction (notamment des cas de maltraitance répétée, recherche systématique du rapport de forces, projets éducatifs en péril) ont rendu le travail commun impossible.

A Bergerac (24), grève reconductible massivement votée, avant les vacances, au lycée Maine-de-Biran, pour une période débutant le 23/2. Il s’agit d’obtenir l’annulation des 118 heures de moyens et des 5 postes supprimés en septembre 2026 (28 dans toute la Dordogne) et 8 postes d’enseignant.es mis à temps partiel, à cheval sur deux établissements. Conséquence : classes (déjà à 30 élèves) surchargées et fin des cours en petits groupes. Au 2e jour de grève, le 24/2, les profs ont été rejoint.es en manif par les élèves, avant de reconduire la grève le 25/2.

Grève au lycée Newton à Clichy (92), le 19/2, contre la baisse drastique des moyens pour septembre 2026 : perte de 120 heures d’enseignement, ce qui fait 4 classes en moins, la suppression de cours en demi-groupes, et des classes encore plus surchargées. C’est le lycée, selon les grévistes, le plus touché du 92, malgré un public défavorisé. Les grévistes réclament un maximum de 30 élèves par classe, en plus des moyens que l’on veut leur supprimer.

A Nérac (47), grève à partir du 23/2, des professeur.es et autres personnels de la cité scolaire (collège Henri de Navarre et lycée George Sand), avec le soutien de parents et d’élu.es, contre une amputation de 93,5 heures en septembre 2026, soit 3 classes en moins.

Santé-social

Travail social

A Marseille, grève à la maison d’accueil pour mineur.es de Bois-Fleuri, un établissement fermé en décembre 2025 par une décision départementale, qui était le début d’une série d’agressions contre les personnels et les jeunes bénéficiaires de cette structure associative. Depuis le 26/1, les salarié.es de l’association font grève, après des années de dégradation social et de décisions prises contre les jeunes et les personnels. Les grévistes exigent la fin de l’austérité pour l’association ; des embauches tout de suite, au niveau des besoins ; la reconnaissance de l’expertise des travailleurs/ses dans les décisions ; et la réouverture du service jeunes majeurs.

Grève bien suivie à Auch (32) le 10/2 à l’UDAF 32 (Union départementale des associations familiales du Gers), contre des conditions de travail « délétères » dans l’association (management toxique, repos non respectés, etc.).

26/2 : fin de la grève des éducateurs de rue de Loire-Atlantique à Nantes (44), qui accompagnent les jeunes de 11 à 25 ans dans les quartiers défavorisés. Après 100 jours de grève, grâce à une détermination à tenir, à une caisse de grève, et à un front syndical (CGT/Solidaires) robuste et intransigeant, ils et elles ont obtenu une victoire : abandon du projet de réduire les congés de 5 à 4 semaines ; augmentation des salaires augmentation nette de 300 à 400€ par agent.e.

Dans les hôpitaux

A l’hôpital Antoine-Béclère (AP-HP) de Clamart (92), grève illimitée, à partir du 15/1, du service de médecine infectieuse, contre un effectif insuffisant et des conditions de travail dégradées (3 minutes par patient !!!). Les grévistes (début février) exigent toujours plus de moyens humains et matériels.

A la maternité Pellegrin de Bordeaux (33), la grève (depuis le 19/1) a porté ses fruits : cinq postes ont été créés, une première victoire.

A Novillars (25), l’hôpital psychiatrique (près de Besançon) suit quelque 9 000 patient.es avec plus de 800 salarié.es, la colère accumulée contre la volonté de la direction de réorganiser le travail dans un sens désastreux a conduit à une journée de grève le 5/2, avec rassemblement devant la presse à qui les grévistes ont expliqué les conditions de travail. En AG, vote d’un nouveau jour de grève.

Hôpital Lyon-Sud (69) : grève illimitée, à l’appel de la CGT et de FO, aux urgences à partir du 11/2, pour dénoncer le manque de moyens et la dégradation des conditions de travail… avec des temps d’attente en hausse pour les patient.es. Les exigences : renforcer durablement les équipes ; toujours remplacer les absences ; rouvrir des lits d’aval ; présence médicale senior renforcée. Conséquence de la grève : la direction refusait l’accès aux soins de certains patient.es et les envoyaient vers d’autres hôpitaux !

Grève illimitée aux urgences de l’hôpital d’Ajaccio (2A), à l’appel de l’intersyndicale STC-CFDT, suivie par 75% de l’effectif sur une centaine. Les grévistes dénoncent les attentes indignes pour les patient.es et le manque de sécurité sanitaire générée par les effectifs insuffisants.

Au CHU de Caen (14), ce sont les services de chirurgie qui sont en grève illimitée depuis le 10/2, sur un préavis de Sud Santé Sociaux contre la volonté de la direction de mettre en œuvre un plan autoritaire d’horaires en 12 heures dans le service, sans moyens supplémentaires, sans effectifs, sans matériel.

Angers (49) : la grève des urgences au CHU, commencée le 19/1, se poursuit (au 15/2). Le 6, les grévistes, qui exigent toujours des lits et des effectifs, ont rencontré Christophe Béchu, maire d’Angers, président du conseil de surveillance du CHU. Le 14, une manifestation a eu lieu en ville.

A Chartres (28) aussi, les personnels des urgences de l’hôpital Louis-Pasteur, épuisés, ont entamé une grève illimitée le 12/2, à l’appel de la CGT et de FO. Les grévistes exigent notamment des personnels paramédicaux (aides-soignantes, infirmièr.es, brancardier.es, etc.).

Grève illimitée du personnel paramédical, notamment des urgences du centre hospitalier de Remiremont (88), à compter du 23/2, avec un préavis déposé par la CFDT, et soutenu par l’Ademat-h, association d’usager.es. Le but de la grève est de « faire valoir (le) droit à une sécurité et une qualité d’exercice, droit à des consignes claires et écrites pour la sécurité des patients avant tout ».

Grève illimitée, depuis le 24/2, du personnel du Centre Hospitalier Intercommunal des Vallées de l’Ariège (09) pour dénoncer les sous-effectifs et les emplois précaires.

A Annonay (07), le personnel de l’hôpital s’est mis en grève le 10/2 contre le sous-effectif, les absences non remplacées et les contrats pourris destinés aux nouveaux/elles embauché.es. Le 24/2, un rassemblement, appelé par CGT et CFDT, a réuni 150 personnes devant les bureaux de la direction.

EHPAD

A Verneuil-sur-Vienne (87), depuis le 3/2, l’EHPAD et centre de soins médicaux et de réadaptation La Chênaie, connait une grève inédite, dont les forces vives se sont élargies. Les grévistes protestent contre des droits supprimés par le groupe UGECAM, qui a décidé de ne plus prendre en compte la récupération de leurs jours fériés travaillés. Cela, avec des conditions de travail qui n’ont cessé de se dégrader. Ils et elles tiennent un piquet. Fin février, la grève continuait.

Dans des EHPAD de Soissons (02), L’Éclaircie et Saint-Lazare, la grève a démarré le 6/2, contre le manque de personnel et une aggravation des conditions de travail.

Médecine privée

Près de Blois, à Cour-Cheverny (41), un quart des soignant.es ont, à l’appel de la CGT, débrayé le 20/2 à la clinique psychiatrique (privée) La Borde, installé leur piquet de grève, et menacent de préparer une suite faute de négociations. Les exigences : des moyens humains, l’embauche d’une psychologue… et une hausse des salaires, qui sont bas et gelés.

Autres

La maison d’accueil spécialisée (associative) Les Jours heureux, à Épinay-sur-Orge (91) – qui accueille des adultes souffrant de déficience mentale – a vu ses personnels se mettre en grève le 17/2, contre le « management toxique » du directeur et la dégradation des conditions de travail, avec le soutien de certains parents.

Culture

Grève au Louvre

Le 2/2, le préavis de grève déposé mi-décembre était reconduit par des agent.es d’accueil, perturbant les visites d’un musée toujours partiellement ouvert. En plus du combat pour les conditions de travail, les grévistes luttent contre la privatisation de la culture au profit de groupes du luxe. Le 16/2, l’AG ayant à nouveau voté la grève, l’ouverture du musée est restée partielle.

Autres

A Nantes (44), les trois sites des Machines de l’Île (Éléphant, Carrousel des mondes marins, Galerie des machines, qui composent un espace d’exposition et d’animation sur l’île de Nantes) devaient rouvrir le 7/2, mais cette réouverture a été perturbée par une grève dont le préavis a été déposé jusqu’au 1er mars. De nombreux/ses grévistes, rejetant la précarité et les fiches de postes mal définies, réclamant de meilleurs salaires et une prime de froid pour les salarié.es qui travaillent dehors, ont empêché l’éléphant et le Carrousel de faire leurs petits tours habituels.

A Toulouse (31), les travailleurs/ses de la médiathèque du Grand Mirail ont obtenu, en 24h de grève le 17/2, et avec le soutien décisif des habitant.es, le maintien de l’ouverture de la médiathèque le dimanche, face au maire Jean-Luc Moudenc, un austéritaire invétéré.

Autres Fonction publique

Collectivités territoriales

Grève, le 9/2 à la préfecture de l’Oise, à l’appel de l’UNSA, à propos de la récupération des heures effectuées au-delà de la durée légale.

Autres grèves, dans le secteur privé

Ubisoft

Après un plan dévastateur annoncé le 21/1 afin de décentraliser le groupe, 5 organisations syndicales (STJV/CGT/Solidaire Informatique/CFE-CGC/le Printemps Écologique) ont appelé les travailleurs/ses d’Ubisoft à 3 jours (du 10 au 12/2) de grève internationale contre le plan massif de suppressions d’emplois (200 sur 1 100 rien qu’au siège à St Mandé). La colère est grande contre les licenciements, les 200 millions de coupes, la suppression du télétravail et la dégradation des conditions de travail (les accidents du travail se sont multipliés). La mobilisation a été très bien suivie : plusieurs centaines de grévistes le 10/2 à Paris, et 1 200 en France (sur 3 800 salarié.es). Grève aussi dans différentes villes de France (Bordeaux, Lyon, Montpellier, Annecy…), ainsi qu’à Milan (avec piquet devant le studio).


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