Émancipation


tendance intersyndicale

Lyon – Communiqué de presse du Collectif pour les Lycées en Education Prioritaire (CLEP) : Dans les quartiers populaires, l’éducation doit redevenir prioritaire !

Il y a quelques semaines, 7 lycées de l’Est-Lyonnais lançaient un appel pour un retour des lycées dans l’éducation prioritaire. Cet appel est désormais signé par 13 lycées de 4 académies ainsi que 5 organisations syndicales départementales et une section départementale FCPE. Voir l’appel ci-dessous.

Plusieurs lycées signataires de cet appel sont en grève pour dénoncer l’insuffisance des moyens accordés par le Ministère à leurs lycées au moment où se prépare la rentrée prochaine. + 6,7 Milliards d’euros pour le budget 2026 de la Défense, contre seulement + 200 millions pour l’Education : c’est un scandale !

  • Lundi 9/03 : Sembat-Seguin (Vénissieux, 69).
  • Lundi 16/03 : Galilée (Gennevilliers, 92).
  • Mardi 17/03 : Jacques Brel et Sembat-Seguin (Vénissieux, 69), Camus-Sermenaz (Rillieux-La-Pape, 69), Robert Doisneau (Vaulx-en-Velin, 69).
  • Mardi 17/03 : Victor Hugo (Marseille, 13), Diderot (Marseille, 13) et Montgrand (Marseille, 13), Marcel Pagnol (Marseille, 13), César Baldaccini (Marseille, 13), Nelson Mandela (Marseille, 13)…

Comme chaque année, c’est au mois de janvier-février que sont attribuées les DHG (dotations horaires globales) prévisionnelles pour la rentrée suivante. Nous constatons une nouvelle fois que les moyens sont totalement insuffisants pour répondre aux besoins de nos élèves. Alors que nos lycées recrutent essentiellement des élèves ayant été scolarisé.e.s dans des collèges REP+, que nos indices de positionnement social (l’IPS est calculé en fonction de l’origine sociale des élèves d’un établissement) sont particulièrement faibles par rapport à ceux constatés dans les autres lycées (souvent autour de 80-90 contre 110 en moyenne dans le Rhône dans les lycées publics et 140 dans les lycées privés !), les Rectorats continuent d’entasser nos élèves dans des classes à 35 élèves.

Les conséquences sont connues. D’une part, un climat scolaire dégradé et des incidents graves (jets de divers projectiles en classe sur les enseignant.e.s, dont des pétards et fumigènes) qui génèrent souffrance et arrêts de travail chez les personnel.le.s. D’autre part, des difficultés scolaires des élèves non prises en charge qui mènent à des résultats au baccalauréat très inférieurs à la moyenne nationale. Ni chair à canons ni chair à Uber, nos élèves doivent redevenir prioritaires !

NOUS AVONS DEMANDE UNE AUDIENCE COMMUNE AU RECTORAT POUR CE MARDI 17/03. Elle est soutenue par une large intersyndicale dans les différents lycées et par la section FCPE du lycée Doisneau et la section PEEP du lycée Brel.

Pour le moment, cherchant à diviser, le Rectorat n’accorde une audience qu’au lycée Doisneau. Nous allons redire que nous souhaitons aborder conjointement la situation de nos différents lycées qui rencontrent tous les mêmes difficultés.

Au niveau du Rhône, nous revendiquons :

  • L’ouverture de divisions supplémentaires à plusieurs niveaux et pour plusieurs filières, de manière à éviter les classes à 35 élèves comme c’est le cas actuellement.
  • La comptabilisation des élèves UPE2A dans les effectifs de secondes pour le calcul des seuils d’ouverture de classe. Les élèves allophones ne sont pas des élèves fantômes.
  • Une allocation progressive des moyens portée à au moins 70 heures (alors qu’elle n’est plus que de 20 heures environ) comme c’était encore le cas dans certains de nos lycées il y a quelques années. Ces moyens sont nécessaires pour dédoubler les classes à chaque fois que les besoins de nos élèves le nécessitent.
  • La priorisation de nos lycées pour le recrutement de personnel de vie scolaire et médico-sociaux et pour l’affectation sur les postes d’enseignant·e·s non pourvus ou non remplacés.
  • Des dispositifs conséquents d’HSE et d’IMP pour mener à bien les projets nécessaires à l’épanouissement de nos élèves : aide aux devoirs, ateliers de remédiation, cordées de la réussite, EVARS…
  • Des temps de concertation intégrés aux services des enseignant·e·s, le travail en équipe étant une nécessité absolue dans nos établissements.

Au niveau national,

nous revendiquons la publication d’une nouvelle carte de l’éducation prioritaire qui intègre à nouveau les lycées. L’intégration des lycées à cette carte devra être assortie :

  • de seuils fixes et clairs concernant les effectifs par classe (20 élèves maximum en Seconde GT et en voie Technologique ; 24 élèves maximum en Première et en Terminale Générales ; 12 élèves en CAP, 15 élèves en 3ème prépa métiers et en bac pro) ;
  • de moyens supplémentaires conséquents, en heures-poste, pour dédoubler les classes et réaliser les projets pédagogiques dont nos élèves ont besoin ;
  • d’embauches massives de personnels de vie scolaire (CPE et AED), de personnels du pole médico-social (infirmier·e·s, assistant·e·s sociaux.sociales, médecin scolaire, psychologue de l’éducation nationale) ;
  • d’un système de bonifications pour les mutations, de primes pour tous les personnels exerçant dans nos lycées et d’avantages spécifiques d’ancienneté (ASA) de manière à stabiliser les équipes et rendre nos métiers attractifs ;
  • de moyens pour l’éducation socio-culturelle
  • de moyens pour la rénovation du bâti et des équipements et la mise aux normes.

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