Contre la dictature religieuse, ni les bombardements impérialistes, ni le retour de la monarchie ne sont la solution !
En décembre 2025, une nouvelle fois, le peuple iranien se soulevait pour faire valoir ses revendications sociales et démocratiques, pour en finir avec la dictature de la « République Islamique ».
À une échelle plus importante, avec des objectifs politiques plus larges, il prenait appui sur les précédentes mobilisations, dont « Femmes, Vie, Liberté » qui avaient été brisées par la répression.
Début janvier 2026, la mobilisation s’amplifiait encore : le 8 janvier, on évoque 1 million de manifestants à Téhéran, 5 millions pour l’ensemble du pays ; des foules de manifestants encore le 9 janvier.
Pour faire face à cette mobilisation qui menaçait son existence, le régime s’était préparé, planifiant une répression d’un niveau sans précédent. Du 8 au 10 janvier, c’est un véritable massacre qui est organisé dans tout le pays, des tireurs sur les toits, des véhicules avec mitrailleuses tirent sur les manifestants. Les morts se comptent par milliers, plus de 10 000, voire plus de 30 000… L’ampleur de la répression du fait de la censure, de la coupure d’Internet, n’est mesurable que dans les jours qui suivent, tandis qu’arrestations et exécutions se poursuivent.
Un impérialisme étatsunien inquiet
Mais d’autres que les dirigeants de la « République Islamique » s’inquiétaient : pour l’impérialisme étatsunien, il n’était pas acceptable que le peuple iranien puisse balayer une dictature. Pour Trump aujourd’hui, comme pour ses prédécesseurs dans le passé (par exemple lorsque le peuple iranien chassa la monarchie des Pahlavi en 1979), une insurrection populaire en Iran menaçant l’ordre capitaliste devait être brisée, quels que soient les discours prétendant rompre avec l’interventionnisme passé.
Les États-Unis oscillent donc, sur cet objectif, entre deux tactiques : soit laisser le soin à la République Islamique d’écraser toute mobilisation, en légitimant ce régime par des négociations concernant l’armement et l’industrie nucléaire ; soit considérer que, malgré la répression, ce régime sera balayé par les masses, et alors organiser une alternative politique encadrant le peuple iranien et respectant les exigences des États-Unis et d’Israël : c’est la carte de la restauration monarchique, ou d’un régime des mollahs « rafraichi » à la botte des États-Unis.
Donald Trump encourage ainsi les manifestants tout en négociant, sur le nucléaire, avec le régime iranien qui poursuit la répression.
Trump se dresse contre le mouvement démocratique
Par exemple, le 13 janvier, Donald Trump écrit : « Patriotes iraniens, continuez à protester – reprenez le contrôle de vos institutions ! Sauvegardez les noms des tueurs et des agresseurs. Ils paieront un lourd tribut. J’ai annulé toutes les réunions avec des responsables iraniens jusqu’à ce que les meurtres insensés de manifestants cessent. L’AIDE EST EN ROUTE. MIGA !!! », (MIGA pour « Make Iran great again »).
Mais le 14 janvier, il déclare : « on me dit que les massacres ont cessé ». Sous entendant : le régime redevient fréquentable…
Des négociations officielles sont ainsi engagées, dont une rencontre le 6 février à Oman.
L’objectif de Trump va au-delà de l’objectif officiel d’un accord sur le nucléaire (proche de celui de Vienne de 2015, qu’il a lui-même rompu). Il s’agit pour lui de renforcer son contrôle économique et militaire dans la région, notamment face à son concurrent chinois qui s’y est fortement développé (par exemple la Chine est le premier partenaire commercial de l’Iran). Ce qui nécessite d’entraver tout mouvement aspirant à instaurer une démocratie.
Car malgré les massacres des 8 et 9 janvier, malgré la répression, les mobilisations ont repris en Iran notamment lors des commémoration au 40e jour de deuil et lorsque les université ont ré-ouvert.
Ainsi, les bombardements massifs américano-israéliens commencés le 28 février ont détruit une partie de l’arsenal militaire du régime des mollahs, mais également facilité la répression par le régime des opposants, mis sous cloche la contestation sociale et augmenté encore le nombre de morts civils.
Mais dans les discours officiels, les « buts » de cette guerre demeurent variables, en apparence confus ou contradictoires. La raison est que, fondamentalement, c’est en réaction à la mobilisation et pour l’entraver ou la canaliser vers une restauration monarchique que cette campagne militaire a lieu.
À l’étape actuelle, Émancipation–69 reprend à son compte la pancarte d’une manifestante :
« Ni théocratie, Ni monarchie, Ni impérialisme »
L’impérialisme français n’a rien à faire au Moyen-Orient : ni base militaire, ni présence de soldats, de navires, d’avions… Retour du porte-avion Charles de Gaulle et du groupe naval !
4 mars 2026
Émancipation Lyon//69 : https://www.emancipation69.fr/
