Le 06 décembre s’est tenue une journée de mobilisation pour défendre la loi de 1905 et la laïcité, loin des tentatives de récupérations xénophobe et réactionnaires orchestrées par l’extrême-droite et les forces au service du capitalisme. Elle a articulé colloque universitaire (pour la réflexion) et meeting unitaire (pour l’action), à l’initiative de plusieurs organisations. Nous reproduisons ci-dessous l’inteervention d’Emancipation lors dudit meeting.
Bonjour camarades,
Je m’exprime au titre d’Emancipation tendance intersyndicale. Nous sommes une tendance de syndicalistes du monde de l’éducation, issue du syndicalisme révolutionnaire. Vous ne serez donc pas surpris et surprises si mon propos tournera beaucoup autour de l’école.
Nous sommes dans une situation qui évolue. Ainsi, depuis deux ans les révélations s’enchaînent sur le scandale autour de l’enseignement catholique. L’enseignement catholique c’est le favoritisme et le clientélisme ; l’enseignement catholique ce sont des financements publics massifs au détriment de l’école publique ; l’enseignement catholique ce sont les maltraitances que subit une partie de la jeunesse scolarisée ; et enfin l’enseignement catholique, ce sont des complicités au plus haut niveau de l’État.
Et aujourd’hui il est de plus en plus visible que l’enseignement catholique c’est une école de classe, une école conçue par et pour la bourgeoisie, et dans ses propres intérêts.
Dans le même temps l’école publique et sa jeunesse sont en souffrance : classes surchargées, inclusion scolaire sacrifiée, « réformes » de sélection sociale, stigmatisation islamophobe d’une partie de la jeunesse du fait de ses origines… et maintenant c’est aussi la répression policière de la jeunesse des quartiers populaires, et c’est aussi la volonté d’un embrigadement militariste pour que la jeunesse accepte de se soumettre, pour qu’elle accepte de se sacrifier pour les intérêts d’un gouvernement oppressif et réactionnaire. L’armée n’a rien à faire dans l’école publique !
Mais là aussi la situation évolue : la reconnaissance du saccage subi par l’école publique – l’école qui scolarise tous les enfants – avance. De même qu’avance la reconnaissance du rôle joué par l’enseignement catholique. Pour la première fois, un sondage montre que la majorité de la population souhaite la fin du financement public de l’enseignement privé, autrement dit l’abrogation des lois anti-laïques à commencer par la loi Debré ! Une partie des sondés pose même la question de la fin de l’enseignement catholique, autrement dit la nationalisation laïque de l’enseignement privé ! C’est le résultat d’un long travail politique et idéologique, travail qui est appelé à se poursuivre !
Faire de l’école publique un outil d’émancipation et d’épanouissement, qui accueille toute la jeunesse au lieu de la stigmatiser et de faire le jeu du racisme d’État, est la conséquence logique de l’action pour la laïcité des institutions. Pour cela il faut la loi de 1905, rien que la loi de 1905 mais toute la loi de 1905, et donc l’abrogation de la loi Debré !
