Pour reprendre nos vies et notre rapport au monde
Bayrou a été emporté par la colère de tou·tes celles et ceux qui en ont ras le bol de voir leur vie, leur travail, leur santé toujours plus malmenées.
C’est un premier succès de l’appel à bloquer le 10 septembre, qui encourage mais ne doit pas démobiliser.
En effet, avec ou sans Bayrou, ce sont les mêmes budgets d’austérité, les mêmes politiques d’exploitation et de répression, que vont continuer d’imposer Macron et les gouvernements fantoches qu’il sort de son chapeau.
En fait, ce genre de personnel politique, Macron y compris, ce n’est que des marionnettes au service de la poignée de patrons, de financiers, de possédants qui détiennent déjà l’essentiel des richesses produites, mais qui n’en ont jamais assez. Cette minorité veut faire payer la crise du système capitaliste en surexploitant encore plus les humains, les autres êtres vivants et les ressources naturelles.
L’avidité infinie de nouveaux profits propre à ce système économique, bute sur les limites du vivant, des ressources du sous-sol et des océans, des quantités d’eau douce disponible et du productivisme, notamment en matière de santé, d’alimentation et de catastrophes environnementales. Alors, considérant qu’il règne sans opposition sur le monde, le capitalisme passe en force : guerres commerciales, pour les ressources, territoriales, coloniales, génocide à Gaza, militarisme et embrigadement de la jeunesse, pactes avec les tyrans de ce monde et les extrêmes droites….
Comment continuer ?
Les forces politiques et syndicales, dont c’est la responsabilité de résister face à une telle offensive, considèrent – pour la plupart – que le capitalisme est incontournable. Qu’elles cogèrent directement avec lui une partie des attaques contre les travailleurs-ses et les populations, comme la CFDT. Ou bien qu’elles détournent les confrontations menaçant ce système vers les journées d’action espacées et « le dialogue social » qui ne peut que grappiller des miettes. On a vu ce que ça a donné avec la lutte contre les retraites Macron et vis-à-vis des gilets jaunes.
D’où la perte de confiance par rapport à ces organisations et l’apparition de formes de luttes différentes comme les ZAD, les soulèvements de la terre, « bloquons tout » le 10 septembre…
Le 10 septembre, avant même sa tenue, est déjà un succès, en renvoyant Bayrou à ses malversations de Bétharram et à ses poursuites pour détournements de fonds. C’est un véritable engouement populaire, un renouvellement encourageant des formes de luttes et des perspectives de transformation sociale et un succès médiatique. Voir par exemple
https://emancipation.fr/2025/09/05/comment-creer-et-multiplier-les-groupes-locaux/ et
Chaque jour augmente la mobilisation, au point que de nombreuses sections syndicales, de la base au niveau départemental, et au niveau national Solidaires, la CGT, et des syndicats et tendances de la FSU, appellent ou soutiennent le 10 septembre. Et ce malgré l’appel de l’intersyndicale interprofessionnelle nationale, qui ne cite même pas le 10 et n’appelle qu’au 18 septembre. Le pouvoir, lui, prend peur, dénonce et annonce vouloir réprimer.
Malgré tout c’est le 10 qui apparaît comme le point fort de la rentrée. Avec de très nombreuses formes d’actions partout. Mais pour espérer gagner enfin sur les exigences revendicatives, il faudra plus d’une journée et amplifier encore la mobilisation. Cela peut se faire par des appels pour les jours suivants et par la coordination à tous les niveaux des actions des collectifs Bloquons tout. Mais surtout par le soutien aux travailleurs -ses qui reconduisent la grève (et facilitent ainsi la poursuite du mouvement), à leurs AG (inter)syndicales, à leurs caisses de grève.
On voit bien que pour gagner, syndicats et collectifs gagneraient à travailler ensemble, avec leur culture et moyens différents, dans un respect mutuel, sans prétention à imposer un fonctionnement ou un contrôle du mouvement.
Bayrou et son budget partis, il faut poursuivre la mobilisation, l’ancrer dans les entreprises et les quartiers pour se débarrasser définitivement des clones potentiels, de droites de plus en plus extrêmes, pour exproprier les exploiteurs et mettre en place à tous les niveaux des alternatives anticapitalistes. En mettant au centre la sauvegarde de l’environnement, dans une démarche éco syndicaliste associant habitant·es, usager.es, travailleurs -ses. Particulièrement dans les secteurs qui nécessitent une réorientation des productions, telle que celle bien engagée autour de la raffinerie de Grandpuits.
Contact : tendance@emancipation.fr
Site : http://www.emancipation.fr
Ce tract peut être téléchargé ci dessous :
