Émancipation


Tendance intersyndicale

Chronique des sexismes ordinaires (Revue n°04 de décembre 2022

Violences masculines

Marie-Cécile Naves, sociologue chercheuse à l’Institut des relations internationales et stratégiques, montre que plus de 90 % des tueries sont le fait des hommes. Plusieurs centaines de fusillades de masse se produisent chaque année aux États Unis. En 2021, où vingt millions d’armes à feu ont été vendues, il y en a eu près de 700, souvent à motivation raciste ! Cette violence genrée devrait questionner, alors que le congrès fédéral n’a toujours pas voté de loi significative, que le business est florissant, on dépolitise la question : “acte isolé d’un fanatique”, comme si cette violence masculine était “normale” !

Emmanuelle

Légalisation du mariage homosexuel, dans tout le Mexique

En 2009, le district fédéral de Mexico avait ouvert la voie de la légalisation du mariage pour les couples de même sexe. Il aura fallu plus de 12 années de luttes pour élargir ce droit aux 31 États de ce pays latino-américain où le poids de la religion catholique est encore extrêmement prégnant. Le 27 octobre, l’État de Tamaulipas au nord-est qui était le dernier où l’union des personnes homosexuelles était criminalisée l’a finalement légalisé. Par cette décision le Mexique rejoint la trentaine de pays au monde où le mariage pour tou·tes est légal sur l’ensemble du territoire.

Joëlle

Le chemin est encore long

Jeudi 24 novembre, l’assemblée nationale s’est prononcée en faveur de l’intégration du droit à l’avortement dans la Constitution. Les député·es ont voté à une large majorité (332 pour-32 contre) une proposition émanant de La France Insoumise. Le texte, résultat d’un compromis entre la gauche et la majorité est le suivant : “La loi garantit l’effectivité et l’égal accès au droit à l’interruption volontaire de grossesse”.

Cette formulation permettra-t-elle de convaincre les membres du Sénat ?

On peut s’interroger sur la question. En effet, le 19 octobre dernier, le projet d’inscrire dans la constitution le droit fondamental à l’interruption de grossesse et à la contraception, a été rejeté au prétexte que cela n’était pas justifié au regard de “la situation en France”.

Il y a quelques années, la situation aux États-Unis laissait-elle présager la décision prise en juin par la Cour Suprême ? On peut aussi se poser des questions sur l’évolution de ce droit concernant la Hongrie ou l’Italie. D’expérience, on sait la fragilité de ce droit. L’enjeu de sa constitutionnalisation est de se prémunir d’une régression éventuelle telle que celle que connaissent les Américaines et certaines Européennes.

Espérons que cette proposition franchira avec succès les différentes étapes qui restent à parcourir et que la “garantie de l’effectivité” de ce droit se concrétisera enfin car malgré quelques avancées récentes, l’accès à l’IVG demeure encore trop inégal selon le lieu de résidence et le niveau social des femmes qui souhaitent y avoir recours (Enquête de le DREES du 27/09/2022).

Joëlle

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