Émancipation


Tendance intersyndicale

Chronique des sexismes ordinaires (Revue n°6 de février 2022)

Bonne année, bonne santé 2022 !

Depuis deux années les peurs liées à la santé sont au cœur de nos vies. Sur ce sujet, aussi, les inégalités entre hommes et femmes sont prégnantes et largement dévoilées par des auteures comme Alyson MCgregor : Le sexe de la santé. Notre médecine centrée sur les hommes met en danger la santé des femmes et aussi Femmes et santé, encore une affaire d’hommes de C. Vidal et M. Salle ou encore Femmes invisibles. Comment le manque de données sur les femmes dessine un monde fait pour les hommes de Caroline Criado Perez. On y apprend que la grande majorité des médicaments sur le marché n’est jamais testée sur des femmes, que la différence de prise en charge entre patients et patientes est “abyssale, androcentrée” avec souvent une réduction de leurs besoins médicaux aux organes reproducteurs, or il faut “redéfinir la santé des femmes comme englobant leur être en totalité”. La recherche, la formation médicale, les politiques de santé doivent enfin prendre en compte des différences et singularités de genre, pour une véritable égalité des droits. À suivre !

Emmanuelle

Une anti-IVG à la tête du parlement européen

Depuis le 18 janvier dernier, la présidence du parlement européen est occupée par Roberta Metsola, eurodéputée maltaise, farouchement hostile à l’IVG. Elle a très largement battu les autres candidat·es en lice à cette élection à savoir l’eurodéputée écologiste suédoise Alice Bah Kuhnke, l’élue espagnole Sira Rego (gauche radicale) et l’eurodéputé polonais Kosma Zlotowski (eurosceptiques).

Cette élection est le résultat de “petits arrangements” à la mode de Bruxelles. En effet Roberta Metsola succède au socialiste italien David Sassoli et en vertu d’un accord de coalition conclu en juin 2019 entre les conservateurs du PPE, les socialistes et les libéraux de Renew (où siègent les élus de LREM), ce dernier devait céder sa place à un membre du Parti populaire européen, dont Roberta Metsola est membre, c’est fait.

Une quarantaine d’années après l’élection en 1979 de Simone Veil… quel signe nous envoie ce scrutin ?

Celle dont le pays demeure le seul en Europe où l’avortement est strictement interdit, celle qui en septembre dernier s’est abstenue au cours d’un vote appelant la Commission européenne à criminaliser les violences faites aux femmes, peut-elle assurer comme elle l’a fait avant son élection, que les positions du parlement passeront toujours devant ses convictions personnelles ?

Il est malheureusement permis de douter qu’elle facilitera le travail à toutes celles et ceux qui oeuvrent pour que le droit à l’IVG fasse partie des droits fondamentaux et qu’il soit inscrit dans un texte européen qui ne puisse pas être remis en cause par les États.

Joëlle


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