Éradiquer la précarité, dans l’ESR et ailleurs

mercredi 11 juin 2014
par  QD, Administrateur

Ci-dessous et en pièce jointe la contribution de camarades du SNESUP (Emancipation) pour le congrès d’étude.

Éradiquer la précarité, dans l’ESR et ailleurs

La précarité, d’abord moyen pour sous-payer les personnels ou pallier l’insuffisance des recrutements, devient une norme de gestion du salariat. Déjà massive dans les services publics, la précarité a encore augmenté du fait des suppressions de postes et des attaques visant à remplacer les titulaires par des précaires. L’Enseignement supérieur et la recherche (ESR) sont particulièrement touchés : par le nombre de précaires (50000 personnels), par la multiplication des formes de précarité (doctorantEs contractuelLEs, ATER, vacataires, CDI, CDD dans les labos, dans les formations, dans les administrations et l’ensemble des services…).

À l’heure où les universités sont asphyxiées par leurs “Responsabilités et Compétences Elargies” (RCE), à l’heure des gels et des suppressions de postes de fonctionnaires, la précarité est en effet devenue une pièce maîtresse de la nouvelle université capitaliste, et doit donc constituer pour le SNESUP une priorité. Si le supplément au Mensuel du mois de février, relatif à la (seule) précarité enseignante dans le supérieur, a eu le mérite de dresser un état des lieux assorti de témoignages importants, à ce jour il n’a été accompagné d’aucun mot d’ordre, d’aucune action du syndicat pour prendre le mal à la racine. Pire, la direction du SNESUP n’a eu aucune expression relative aux luttes des précaires engagées depuis lors à Bordeaux, Tours, Toulouse, Caen, Clermont-Ferrand, Sciences Po…

Par le passé, le SNESUP s’était pourtant opposé, à juste titre, au protocole Tron sur la “résorption de la précarité dans la Fonction publique”. Rappelons que la loi Sauvadet issue de ce protocole ne titularise ou CDIse qu’une poignée de précaires au vu de leur présence massive dans l’ESR public, et que certaines catégories sont exclues des dispositifs mis en place. Cette loi prévoit de développer le CDI (qui n’est nullement une garantie d’emploi en cas de suppression de poste) dans la Fonction publique, menaçant à terme le principe même du statut. De ce point de vue, on ne saurait se contenter de la CDIsation des personnels de l’ESR ayant enchaîné les CDD multiemployeur sur plusieurs années : touTEs, il s’agit de les titulariser.

Rappelons aussi qu’en dehors de vagues déclarations de principe vouées à rester lettre morte (Cf. rapport Le Déaut), le gouvernement n’a rien prévu pour lutter contre le recours à la précarité comme mode de “gestion” dans l’ESR public. La loi d’orientation de juillet 2013 n’en dit pas un mot et maintient au contraire, par exemple, l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), responsable de l’accroissement massif de l’emploi précaire dans la recherche publique.

Le SNESUP doit exiger
- la suppression de l’ANR et l’arrêt du financement de la recherche sur projet, pour le retour à un financement pérenne de la recherche publique à la hauteur des besoins.
- la fin du recrutement contractuel dans les établissements d’ESR.
- l’abrogation de la loi Sauvadet et la mise en place d’un plan pluriannuel de créations d’emplois de fonctionnaires à la hauteur des besoins, le « dégel » des postes et la restitution de tous les postes supprimés, dans le cadre d’un retour d’une gestion de la masse salariale des universités par l’Etat.

Le SNESUP doit
- s’opposer fermement à toutes les formes d’externalisation qui sévissent aujourd’hui dans l’ESR en voie de privatisation (des travaux d’entretien, d’imprimerie, etc. jusqu’aux “certifications” des formations…)
- rappeler que toutes les missions de l’Université doivent être assumées par des personnels statutaires de la fonction publique de l’État.

Le SNESUP doit en particulier agir pour :
- la garantie de réemploi pour touTEs : plus un seul licenciement, et arrêt du recrutement de précaires dans la Fonction publique et dans l’ESR en particulier
- la titularisation immédiate et sans condition restrictive de tous les personnels non-titulaires, toutes catégories confondues
- le soutien et l’impulsion de tout recours juridique collectif contre l’exploitation à grande échelle des personnels précaires (« fausses » vacations, contrats « adaptés », non-renouvellements de contrats…)
- l’organisation de ces personnels, en soutenant les collectifs existants ou en les impulsant partout où c’est possible.

Danièle André, Claude-Michel Braud, Thierry Champion, Émilie Devriendt, Valérie Gillot, Alfred Knapp, Stéphane Mounier (Émancipation)


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