Évaluation, modulation : c’est toujours non !

mercredi 11 juin 2014
par  QD, Administrateur

Ci-dessous et en pièce jointe la contribution de deux camarades du SNESUP (Emancipation) pour le congrès d’étude.

Évaluation, modulation : c’est toujours non !

Lors du dernier congrès d’orientation, la direction nationale du SNESUP s’est arrangée pour ne pas mettre au vote une motion présentée par des camarades issuEs de plusieurs tendances. À l’approche du congrès d’études, dont les conditions de travail constituent l’un des quatre thèmes, nous tenons à rappeler les termes de cette motion :

Le Congrès du SNESUP se prononce contre toute forme d’évaluation individuelle systématique et récurrente des enseignantEs-chercheurEs (EC).

Il s’oppose à toute modulation de service des EC.

Il continue d’exiger l’abrogation du décret de 2009 modifiant leur statut.

Plus largement, le SNESUP revendique l’abrogation des décrets sur les entretiens individuels d’évaluation dans toute la Fonction publique.

Ces revendications sont plus que jamais d’actualité, à l’heure où le décret modifiant le statut des enseignantEs-chercheurEs (EC), finalisé quelques mois avant le remaniement ministériel, n’a toujours pas été publié. Rappelons que, dans la « bataille d’amendements » à laquelle elle s’est livrée sur ce texte, la direction du SNESUP n’a jamais défendu le retrait de l’évaluation, rebaptisée pour l’occasion « suivi de carrière » (appellation reprise par le ministère dans le projet de décret…), après avoir été nommée « évaluation formative » : les camarades auront peut-être à l’esprit les vives tensions qui, à cet égard, avaient précédé la tenue du congrès d’études de 2012. Rappelons aussi qu’au dernier congrès de la FSU, la direction du SNESUP a impunément contourné ses mandats, en appelant à voter contre un amendement qui, opposé à l’évaluation des EC, demandait en conséquence l’abrogation du décret statutaire de 2009.

Or si, ces derniers mois, la direction du SNESUP a exprimé clairement son refus de la modulation (cf. le 4-pages sur le projet de décret : « Le SNESUP-FSU s’oppose à toute modulation des services et son amendement de suppression de […] celle-ci a été voté par le CTU »), il n’en va pas de même pour l’évaluation « rebaptisée suivi de carrière » : « Le SNESUP-FSU estime que le suivi de carrière doit relever d’une démarche volontaire et confidentielle, dont l’objectif ne peut être que l’amélioration des conditions d’exercice du métier » (ibid.). Sa critique des modalités du dispositif défini par le projet de décret ne s’oppose donc en rien au principe même de l’évaluation. Enfin, comment croire que, dans le cadre de la LRU comme dans tout autre cadre, l’« amélioration des conditions d’exercice du métier » puisse être conditionnée à l’examen bureaucratique d’un rapport d’activité ! Dans le cadre de la LRU, toute disposition de ce type ne saurait être autre chose qu’un outil supplémentaire pour exploiter les EC, raison pour laquelle il est nécessaire de lutter tout à la fois contre le cadre et contre la disposition.

Les déléguéEs n’ayant pu le faire lors du congrès d’orientation, il est aujourd’hui impératif qu’ils et elles s’emparent de la question, fût-ce lors d’un congrès d’études, pour reformuler clairement les mandats du syndicat sur ce point : ni modulation des services (fût-elle « facultative »), ni évaluation (quel que soit le nom qu’on voudrait lui donner). Cette exigence ne pourra être obtenue qu’en commençant par réaffirmer clairement notre opposition à la marchandisation-managérisation de l’ESR, notre attachement à la première de nos missions fondamentales – l’enseignement (qui ne saurait être considéré comme une sanction) – et à un statut protecteur propre à renforcer le service public d’enseignement et de recherche.

Il est impératif que le syndicat mette tout en œuvre pour obtenir satisfaction. Appuyons-nous sur le recul du gouvernement relatif à l’évaluation des collègues du secondaire en 2012, pour supprimer une telle disposition dans nos statuts. Contre la mise sous pression des EC, contre la doctrine de l’« excellence », contre l’individualisation et la concurrence généralisées qu’elle impose au détriment de l’exercice de nos métiers, au détriment des solidarités, au détriment du sens de nos missions scientifiques et émancipatrices, luttons par tous les moyens pour l’abrogation de toutes les « réformes » mises en place pour mettre au pas et détruire l’université publique !

Thierry Champion et Émilie Devriendt (éluEs Émancipation à la Commission administrative nationale)


Documents joints

Télécharger la contribution
Télécharger la contribution

Brèves

2 février - Communiqué PPCR

Mise en œuvre du protocole PPCR : plus de risques que de bénéfices sur la feuille de paye (...)

1er octobre 2016 - L’évaluation en débat au CDFN de la FSU

Le projet de réforme de l’évaluation des personnels vient compléter l’ensemble des réformes qui ont (...)

2 septembre 2016 - Retrait du projet “d’évaluation” des personnels enseignants !

La mise en place de la loi de “refondation” de l’école (2013) impose la redéfinition du métier (...)