Bloquer les attaques (statuts, école...) et porter une perspective de rupture

jeudi 15 mai 2014
par  Catherine

Les élections internes au SNES pour le renouvellement de la commission administrative nationale (CAN) et de certaines commissions administratives académiques (CAA) ont lieu du 5 au 28 mai inclus.
Le nouveau ministre B. Hamon a annoncé d’emblée vouloir mener à terme “l’ensemble des réformes” engagées : après avoir conforté la “réforme des ZEP”, aggravé le décret sur les rythmes scolaires, le gouvernement est sur le point de publier le décret Peillon sur les statuts. De nouveaux textes sont annoncés : circulaire de rentrée, modifications des décrets relatifs au conseil pédagogique, mise en place du conseil école-collège et de conseils de cycle... Ils programment de nouvelles et multiples taches obligatoires qui devront être accomplies sous le contrôle des chefs d’établissements.
Les élections internes du SNES peuvent permettre que s’exprime l’exigence de non publication du décret sur les statuts, l’opposition à la mise en œuvre de la “réforme” Peillon, et au-delà constituer un point d’appui pour la mobilisation.

Deux ans de promesses bafouées et de politique au service du patronat et du capitalisme ont donné la sanction des municipales... Et Hollande a choisi Valls pour diriger un gouvernement "de combat"... contre les salaires, l’emploi et les droits des travailleurEs.

Face au gouvernement de combat, changer d’orientation !

La direction du SNES porte aussi sa part de responsabilité dans les régressions sociales actuelles. Après avoir soutenu la candidature Hollande, elle a accompagné la politique du gouvernement. Au congrès de Marseille, elle persiste à ne pas vouloir se confronter à ce gouvernement de combat, refusant :
de lutter contre le projet de décret Peillon de casse des statuts, le présentant comme positif.
de s’appuyer sur les établissements mobilisés pour développer l’action contre des conditions de travail inacceptables, contre les DHG et les suppressions de postes, pour la baisse des effectifs et les ZEP.
d’appeler à la grève sur les salaires et l’emploi du 15 mai et à la manifestation nationale contre la politique d’austérité le 12 avril.
Dans les luttes récentes, comme au congrès, Émancipation a porté une conception différente du syndicalisme : les conquêtes sociales s’arrachent par le rapport de force, pas en cautionnant la politique gouvernementale dans des "concertations" bouclées d’avance. A l’heure où le pouvoir annonce une accélération des attaques, il est urgent pour le SNES de changer radicalement de ligne afin de contribuer à la résistance des salariéEs. C’est le sens de l’orientation présentée par Émancipation au vote des syndiquéEs, pour la CA nationale.

Pacte de responsabilité et statuts : contrer les attaques en cours

le "pacte de responsabilité" de Hollande conjugue démantèlement du code du travail, menaces sur la Sécurité sociale, austérité accrue dans le public. L’urgence est de le mettre en échec, en exigeant son retrait et en construisant la grève interprofessionnelle.
dans l’éducation, la réforme des statuts de Peillon est une pièce majeure de ce pacte. La direction du SNES a refusé de boycotter ou de demander le report du Comité Technique Ministériel sur ce sujet. En fait elle a, par son vote en abstention, laissé passer un projet de décret qui abroge les statuts de 1950 et redéfinit le métier en "missions". Avec, en plus des heures d’enseignement, une multitude de tâches, permettant d’augmenter la charge de travail. Ce décret ouvre la porte à l’annualisation, légalise les compléments de services et les primes à la place des décharges et renforce le pouvoir des hiérarchies locales. Il est regrettable que les tendances UA comme EE refusent de demander le retrait de ces projets, alors qu’Émancipation est intervenue en ce sens dès le Conseil National de janvier.
Il est urgent que le SNES exige et se donne les moyens d’imposer le retrait et la non-publication des décrets Peillon, et leur oppose ses propres revendications (baisse du temps de service et de travail, arrêt de la précarité).

Porter une perspective de rupture, dans l’école et la société

contrer la casse de l’école publique : la loi d’orientation de Peillon prolonge celle de Fillon de 2005, pour formater les jeunes aux besoins du patronat, via la logique des "compétences" et du "socle commun". Elle maintient aussi le fichage (Base-Elèves) et le livret personnel de compétences. Le SNES et la FSU doivent en premier lieu lutter pour l’abrogation de toutes ces mesures visant à soumettre l’école aux exigences du patronat et ses personnels à une logique managériale.
Mais face à un système éducatif de plus en plus inégalitaire, il faut aussi porter la perspective d’une école laïque, émancipatrice, égalitaire et démocratique, sans hiérarchie entre les savoirs : une école formant des esprits libres et critiques, avec les moyens nécessaires, une liberté pédagogique permettant des pratiques coopératives et la construction des savoirs. Pour cela il faut aller vers l’unification entre les enseignements "généraux", "technologiques" et "professionnels", dans un tronc commun jusqu’à la fin de l’actuel lycée, sans orientation précoce, ce qui suppose la suppression des toutes les filières ségrégatives. Une telle école ne peut être que laïque : il faut donc abroger toutes les lois anti-laïques et nationaliser l’enseignement privé.
Mais une telle école ne peut prendre corps que dans le cadre d’un changement de société.

Faire aboutir les revendications, rompre avec le capitalisme

Le capitalisme attaque les droits sociaux et politiques, rompre avec ce système est nécessaire :

contrôle de l’économie par les travailleurEs, en mettant en cause la propriété capitaliste des moyens de production (expropriation des grands groupes industriels et financiers, des banques, refus des licenciements et de la précarité...), et en annulant la "dette publique" plutôt que de la payer à coups de plans d’austérité.

défense des salaires : non à l’individualisation qui oppose les personnels, défense d’une grille nationale, fin du blocage augmentations uniformes des salaires (300 euros pour toutEs, SMIC à 1700 euros net).
défense des conditions de travail et de vie : retour à la retraite à 60 ans (après 37,5 annuités maximum, 75% du dernier salaire). Dans l’enseignement la "masterisation" doit être abrogée, pour revenir à un recrutement au niveau licence suivi d’une formation payée en deux ans (enseignement1/3 de service). Plus largement, le SNES doit porter des revendications unifiant les différentes catégories, dans la perspective d’un corps unique sur la base des statuts les plus favorables.

combat contre la précarité, arme centrale pour le capitalisme qui veut en faire un mode de gestion généralisé. Tous les personnels doivent avoir un statut. Cela implique d’unir titulaires et précaires sur les revendications suivantes : aucun licenciement, titularisation immédiate de toutEs les précaires sans condition de concours ni de nationalité, arrêt du recrutement hors statut. Refus du développement des CDI dans la Fonction publique.

Un autre syndicalisme est nécessaire

Pour imposer ces ruptures, un autre syndicalisme est nécessaire, que celui mis en œuvre par l’exécutif national (avec le soutien d’une partie de l’Ecole Emancipée)
Contre la bureaucratisation, et les renoncements, les personnels doivent participer à la revitalisation de la vie syndicale, se syndiquer et se réapproprier leur syndicat :
en construisant l’unité dans les luttes : non pas des accords de sommet dans des intersyndicales qui ont mené à l’impasse de "journées d’action" sans lendemain. mais en favorisant la mise en place de cadres d’auto-organisation permettant aux personnels d’organiser la mobilisation à partir de la base et de la contrôler (AG intercatégorielles de déléguéEs mandatéEs se coordonnant à tous niveaux.). C’est le contraire de la cogestion, qui absorbe les militantEs dans la mise en place des réformes (trente réunions pour appliquer le rapport Pêcheur de mise en cause des carrières et salaires), et intègre de plus en plus le syndicalisme aux institutions du capitalisme.
en dépassant les divisions catégorielles artificielles, pour unifier les luttes : nous proposons de doter la FSU de sections locales rassemblant toutes les catégories.
en renforçant l’internationalisme : tous les travailleurEs ont les mêmes intérêts au-delà des frontières. Le mouvement syndical doit organiser la solidarité entre les peuples : pour l’annulation de la dette des pays dominés, contre le racisme et le sexisme, pour l’égalité des droits dans tous les domaines, pour le soutien aux peuples en lutte (syrien, palestinien.) et pour rompre avec les institutions internationales et européennes qui programment la régression sociale. Tous les sans-papiers doivent être régulariséEs.
en s’impliquant pleinement dans la défense des libertés : en finir avec la répression / criminalisation des mouvements sociaux, (levée des sanctions pour les militants syndicaux et les "désobéisseurs", lutte contre la militarisation et l’impunité de la police.).
Ce syndicalisme est indispensable, mais ne se construira pas sans vous : nous vous appelons à y participer, en commençant par voter et faire voter pour cette orientation et en la faisant connaître, afin qu ’elle soit défendue dans les instances du SNES, comme sur le terrain.

VOTEZ EMANCIPATION

Pour tout contact : er@emancipation.fr


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