Stage syndical - Subvertir les pratiques pédagogiques. Quelle école : pour qui ? pour quoi ?

dimanche 8 décembre 2013

Jeudi 30 janvier et vendredi 31 janvier 2014

de 9h à 17h

à la Bourse du Travail de Paris

3 rue du Château d’Eau, Paris 11e – M°République

La pédagogie n’étant jamais neutre, nos pratiques seront ce qu’elles sont en fonction de choix : préparer les jeunes à occuper leur place dans la société ou les préparer à la transformer en transformant déjà le plus petit et le plus proche. Ce choix se fait tous les jours ; parfois, à propos de détails. Mettre en place des dispositifs qui permettent aux dominés de prendre la parole, organiser des cours en partant des intérêts des élèves, chercher à les outiller au mieux, c’est faire aussi autre chose que du pédagogique. C’est faire du « social » et du politique, au sens fort du terme. Celui qui contient l’idée d’un projet de société vu dans sa globalité et à l’intérieur de conflits entre les classes, les peuples, les sexes, les générations. C’est en prenant parti dans ce conflit, sur le plan personnel et collectif, que l’éducation se définit.” (1)


Enjeu de pouvoir et de luttes entre des intérêts contradictoires, l’école - n’en déplaise à ceux qui rêvent de sa “sanctuarisation” - est le reflet de notre société : dérives autoritaires, arrestation et fichage de sans-papiers, marchandisation, intrusions publicitaires, reconduction et légitimation des inégalités sociales...

Pour certains, c’est un gisement financier encore trop inexploré. Mais c’est aussi une entreprise de promotion de valeurs et de comportements (de soumission, d’individualisme et de consommation). Ces stratégies s’affichent ouvertement (les cours de soutien privés) mais avancent aussi de manière plus insidieuse : injonctions économiques, discours et pratiques pédagogiques mieux à même de répondre aux “nouvelles exigences” patronales (compétences, “employabilité”, etc.). Pour ne pas en être les complices involontaires ou, pire, impuissants, nous devons les comprendre et les combattre. Non pas en suivant le vent réactionnaire qui souffle sur l’école... ce serait faire peu de cas de cette réalité, déjà dénoncée par Célestin Freinet : “l’école est fille et servante du capitalisme”. Si l’on réalise combien l’école se prête à cet investissement par le libéralisme, “on en vient aussi à se demander si le mode de gouvernement néolibéral ne doit pas beaucoup à la logique scolaire […] et aux modalités de gouvernement qui ont été développées et perfectionnées au sein de l’institution scolaire” (2). Avec “son” École, Jules Ferry ne déclarait-il vouloir “clore l’ère des révolutions” ? Alors, quelles pratiques voulons et pouvons-nous mettre en place ?


Ce stage est organisé par SUD éducation avec la revue N’autre école, Émancipation, CNT, GFEN, le site Questions de classe...


La demande de stage doit être faite un mois à l’avance au plus tard auprès de l’autorité compétente et par voie hiérarchique. Un double de la demande doit être communiqué au syndicat SUD éducation 92, 30 bis, rue des Boulets – 75011 Paris ; sudeducation92@gmail.com ; http://sudeducation92.ouvaton.org

Ce stage est réalisé sous forme de stage syndical donnant droit à autorisation d’absence, pour toute demande d’informations écrire à er@emancipation.fr

(1) Noëlle De Smet, Au front des classes, face à la classe, aux côtés des élèves, dans les luttes sociales, Couleur livre et Cgé, coll. L’école au quotidien, 2009.

(2) Charlotte Nordmann, “À propos de La Nouvelle école capitaliste, Peut-on défendre l’école sans la critiquer ?” La Revue des livres n°2 novembre – décembre 2011.