Brèves d’Auber… un 13 septembre…

jeudi 17 octobre 2013
par  Catherine

Nous avons pris le pouls, dans 16 écoles de la ville, dix jours après une rentrée qui s’annonçait compliquée à Aubervilliers. La rentrée 2013, l’année de tous les changements, pour les enseignants, les enfants et leurs familles !

Les nouveaux rythmes à Auber, aujourd’hui, c’est ça :

Des enseignants à qui on demande dès le mois de juin de rester jusqu’à 16h le 3 septembre, au cas où… Puis finalement, contrordre donné à la pré-rentrée, le 3 septembre, à 14h30, les enseignants des écoles B de la ville laissent leurs élèves aux encadrants du périscolaire, quoiqu’il arrive…

En petite section, horreur, malheur ! Les enfants pleurent beaucoup, les maîtresses restent tous les jours jusqu’à 16h pour ne pas perturber les petits davantage. Elles demandent de faire leurs heures d’APC au moins jusqu’à la Toussaint les mardis et vendredis jusqu’à 16h… l’IEN refuse.

Une directrice de périscolaire d’une école, envoyée en urgence sur une autre école, problème de personnels, sans doute !

Où sont les listes ? Chaque jour, c’est le casse-tête, la confusion pour les élèves qui confondent périscolaire et centre de loisirs, 14h30 et 16h. Les enseignants doivent constituer des listes, souvent erronées, les animateurs n’en ont pas, et courent partout !

Des enfants, qui restent 1h30 dans une cour de récréation, avec quelques ballons de foot, quelques feuilles et des feutres… C’est la mise en route à ce qu’il parait !

Des enfants, qui restent sous la pluie, parce que… pas de salle, en cas de pluie… C’est la mise en route parait-il !

Un enfant de CP, tout seul dans la rue, à 16h, parce que le périscolaire n’a pas fait la jonction avec le temps d’étude… ou inversement ! A qui la faute ?

Les enfants sont déjà fatigués, le jeudi de la première semaine a été terrible, nous dit un enseignant de cycle 3… Rentrée difficile ou nouveaux rythmes inadaptés ?

Un élève de CM1 a oublié son cartable mercredi dernier, pensant qu’il venait pour une journée de centre de loisirs… Pas facile, cette mise en route !

Le premier jeudi de la semaine de rentrée, un élève de CM1 décide de rentrer chez lui à 11h 30. La maitresse s’interroge. Il a dû confondre mercredi avec jeudi. Mais non ! Sa mère ne peut juste pas venir le chercher à 14h30 et elle n’a pas compris que les activités périscolaires étaient gratuites. Pourtant, le maire l’avait promis, toutes les informations nécessaires aux parents seraient dans Aubermensuel.

Une maman demande, en réunion de parents/enseignants, pourquoi son fils ne fait pas d’accro-branche, ainsi qu’il était écrit sur la plaquette municipale… Hum… que dire… c’est la mise en route madame !

Un directeur a fait les comptes : les enseignants des écoles A de la ville vont travailler 7h30 de plus que les collègues des écoles B, du fait des jours fériés de l’année…

Dans une école, il faut séparer la cour de récréation en deux, pour ne pas mélanger les élèves sous la responsabilité des enseignants (temps d’APC) et ceux sous la responsabilité des animateurs du périscolaire. On fait ça comment ?

Dans une autre école, il faut trouver des salles, car l’automne arrive et le périscolaire a besoin d’espaces. Mais les enseignants refusent. Cela va changer le métier, nous dit un directeur. Fini le temps où on laissait la maquette ou les travaux d’arts plastiques dans la classe, en attendant le lendemain. Non, maintenant, la mairie va livrer des casiers, pour que, chaque matin et chaque soir, les enfants rangent et dérangent leurs affaires, pour éviter tout problème en cas de multi-utilisation de la classe…

Sur un groupe scolaire qui partage la même cour, celle ci est utilisée pour les activités périscolaires de 14h30 à 16h. Résultat : plus de possibilité de faire de l’éducation physique après 14h 30 et un bruit permanent pendant 1h 30, ce qui déconcentre les élèves qui sont eux en classe jusqu’à 16h .

Impossible de faire des emplois du temps équitables pour les élèves regroupés dans une CLIN alors que la maitresse a un emploi du temps A et que les élèves viennent d’écoles A et B. Au final, les enfants de l’école B ont moins d’heures en CLIN que ceux de l’école A.

A dix jours de la reprise, le constat est sans appel. Toutes les difficultés que nous avions soulevées depuis un an apparaissent. La mise en route sera longue, et laborieuse, certes. Les collègues rencontrés sont massivement contre cette réforme des rythmes, ils sont déjà exaspérés par toute cette organisation désorganisée, par ce temps de présence à l’école qui a augmenté, par l’inquiétude de voir très vite, des enfants fatigués d’un rythme qu’ils n’ont pas choisi…

Le combat n’est pas terminé, continuons la lutte !