Noëlle Guilbon : Quelqu’une de juste, droite, passionnante, passionnée...

mardi 9 avril 2013
par  Catherine

Après un dur hiver de maladie et de traitements épuisants, Noëlle Guilbon aura choisi le jour du printemps pour nous quitter…

Tout un symbole : le renouveau, la grande remise en cause de la nature, elle en a toujours fait sa règle de vie au niveau personnel et social. Sûre de ses choix, dans la vie comme en politique, elle a su à chaque fois les faire évoluer vers plus d’intelligence collective et en même temps d’affection envers toutes celles et ceux qui comptaient pour elles : son fils Baptiste, son compagnon Pierre, sa famille, ses amiEs, dont nous étions fierEs d’être.

Forte de ses convictions, exigeante comme journaliste, comme pédagogue, comme militante, Noëlle a choisi ses investissements sans ambiguïté, fermant certaines portes parce que son enthousiasme avait été trahi : le PC pour cause de stalinisme, l’École Émancipée pour cause de scission, le militantisme syndical pour cause de retraite…

Mais, jusqu’à la fin, même pendant la maladie qui l’a emportée, elle n’a pas supporté la chasse aux pauvres, aux excluEs, aux précaires, aux Sans Papiers, aux Roms et elle a combattu le racisme, le colonialisme, la répression…

Elle recensait les horreurs du capitalisme, les émeutes, les grèves, les luttes et popularisait ces informations, notamment sur la liste interne d’Émancipation.

Très engagée pour la Palestine, elle avait participé à la mission judéo-arabe d’octobre 2010.

Elle avait choisie Émancipation sans ambiguïté, mais n’y ménageait pas ses critiques vis-à-vis des positions d’équilibre (elle aurait qualifiées “d’équilibriste”) de la tendance sur la laïcité. Pour autant elle était une des figures fortes de nos Semaines estivales. Et ce syndicalisme qu’elle a abandonné en même temps que son travail de prof. de Lettres ô combien enthousiaste, généreux et exigeant, elle l’a également porté à un niveau qui gagnerait à être plus généralisé.

C’est le collège Travail de Bagnolet qui a gagné Noëlle à Émancipation, mais elle a très largement contribué à gagner le collège Travail et plus largement la Seine-Saint-Denis et l’Ile-de-France aux idées chères à Émancipation, par son intelligence des réunions, son sens de l’animation collective, des mouvements, sa bonne maîtrise du rapport aux médias, aux élèves mobilisés et à leurs parents…

Conciliant les deux sains principes de ne jamais lâcher une position et du refus de parvenir, elle bataillait sans relâche sur ce qui lui semblait essentiel, dans les réunions syndicales, dans les AG et coordinations et dans les congrès, particulièrement sur ce qui touchait à la démocratie dans les luttes, à la pédagogie, aux droits et libertés… et refusait opiniâtrement d’occuper des responsabilités syndicales à la hauteur de ses pratiques.

Son intégrité, sa pugnacité et bien sûr son goût pour l’argot et les insultes affectueuses dérangeait celles et ceux qui s’arrêtent à l’apparence ou qui rechignent à mener le débat… dommage pour ces camarades ! De même que sa démesure pour sacrifier au tabac et au vin (pas à l’alcool, au vin, ce qui m’a toujours convaincu que Noëlle n’était pas alcoolique, mais digne descendante des dieux “païen” du vin).

Ces plaisirs-là, cette manière-là de parler, elle les revendiquait, comme les prolétaires dont elle s’est toujours sentie si proche. Elle savait que ces plaisirs elle les paierait un jour (d’où un certain fatalisme qui a marqué sa trop longue lutte contre le cancer) mais elle résistait bien même si parfois elle nous entraînait dans de lyriques bacchanales.

Noëlle c’était tout cela : un attachant mélange de pratiques militantes aussi froides en apparence qu’efficaces et de truculence hédoniste, teintée d’un humour décapant auquel il était difficile d’échapper. Et même si elle n’a pas eu le dernier mot (mais qui l’a en définitive ?), le meilleur hommage que nous pouvons lui rendre… et celui qui lui plaira le plus, c’est de boire un bon coup à sa santé, pour trouver ensemble la force de continuer à gagner des combats.


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