Le congrès de la FSU débat de l’action !

samedi 16 février 2013
par  QD, Administrateur

Dès l’ouverture du congrès, au vu des enjeux, Emancipation a proposé que le congrès réponde à la volonté de lutte qui s’exprime : d’abord en suspendant ses travaux le lendemain, pour aller participer aux manifestations locales. Ensuite en changeant son ordre du jour : plutôt que de débattre de l’action le dernier jour, quand une partie des académies partent en vacances… débattre tout de suite des questions d’action, afin de mettre en place un dispositif permettant de donner des suites à la grève du 12 février, pour déjouer la stratégie ministérielle (essouffler la mobilisation en s’appuyant sur les zones de vacances). Le refus de cette demande donne le ton du congrès : une volonté de lutte qui s’exprime pour que la FSU s’oppose à la politique gouvernementale, mais aussi une direction nationale qui s’y refuse.

Ci-dessous les interventions d’Emancipation sur les questions d’action : d’abord à l’ouverture du congrès, et ensuite lors du débat sur l’action le dernier jour.

face à une direction UA-EE qui ne proposait rien de concret (même le mot "grève" semblait difficile à écrire !), nos interventions ont proposé une plateforme revendicative et un dispositif d’action, détaillés dans la motion Emancipation sur l’action que vous pouvez télécharger en pièce jointe.

Intervention d’Emancipation sur l’ordre du jour du congrès (Quentin Dauphiné)

J’interviens sur l’ordre du jour du congrès au nom de la tendance Emancipation.

En effet, notre congrès s’ouvre dans une situation particulière, et il doit y répondre : demain une grande partie des personnels des écoles seront en grève, des centaines d’écoles seront fermées... et en grève pour le retrait du projet de décret sur les "rythmes scolaires".

De notre point de vue cette grève ne concerne pas que les seuls enseignants des écoles, ni même seulement les enseignants : elle concerne toute l’éducation, c’est pour cela que nous avons proposé que la FSU toute entière appelle à la grève du 12 février.

Et elle concerne tout l’éducation pour une raison assez évidente : elle constitue une première riposte d’ampleur nationale au projet éducatif du gouvernement, projet qui reprend la politique éducative au service du capitalisme que nous avons déjà connu. Derrière le fameux décret sur les "rythmes scolaires", c’est l’avenir de l’école publique et son indépendance face aux pouvoirs locaux qui se jouent. derrière le décret sur les "rythmes scolaires" c’est la loi d’orientation sur l’école - dont il constitue un avant-goût - qui est en cause.

Pour nous ce congrès doit donc d’abord se placer aux côtés des personnels en lutte, et ensuite mettre en place un dispositif de lutte pour le retrait des projets gouvernementaux et la satisfaction des revendications.

nous faisons donc deux propositions :
- demain mardi : suspendre les travaux du congrès pour participer aux manifestations et rassemblements qui pourraient se tenir dans le département.
- changer notre ordre du jour : c’est aujourd’hui, alors que le gouvernement compte sur les zones de vacances pour disloquer le mouvement... qu’il faut discuter d’action, pour être en prise avec la situation.

Présentation du texte Emancipation sur l’action (Serge da Silva)

Je tenais à expliquer que si Emancipation propose beaucoup d’amendements et de modifications, c’est parce que parfois à un petit mot prêt, le sens des phrases s’en trouve gravement changé. A Emancipation, nous voulons une FSU "dans la rue" et pas une FSU "à la rue".

Le texte action proposé ne permet pas de répondre aux attaques de ce gouvernement d’austérité.
Nous ne sommes pas obligés de prendre un ton solennel pour parler des choses graves mais il est tant d’aller droit au but.

Le texte action-Emancipation propose 3 axes pour une FSU, soucieuse de faire preuve de son utilité auprès des personnels déjà en lutte.
Pour nous, l’action c’est la grève : une bonne grève vaut mieux que 10 négociations !

1er axe :
Un appel à la grève le 28 février en relation avec le mouvement dans le premier degré, avec impulsion d’assemblées générales et de structures de coordination afin que les personnels de l’enseignement, de l’animation et des services techniques puissent décider des suites à donner à leur mobilisation. Ils pourront ainsi juger eux même de la nécessité de reconduire la grève jusqu’à la satisfaction de leurs revendications et d’étendre leur mobilisation à l’ensemble des secteurs mobilisés ou mobilisables dans la fonction publique.

Les possibilités d’un mouvement dans les secteurs de l’Enseignement ou liés se dessinent :

- Des enseignants du premiers degrés appellent dans le 92 à la grève ce 28 février et au retour des vacances afin de contrer l’effritement.
- Après que Peillon ait annoncé son intention d’étendre sa réforme des rythmes au collège et au lycée, la question de l’extension du mouvement au second degré se pose.
- Dans le supérieur, la protestation monte contre le choix du gouvernement de maintenir toutes les contre réformes de Sarkozy, pour exiger l’abrogation de la LRU et contre le projet de loi Fioraso.
- Et avec la MAP, c’est la perspective d’un mouvement dans toute la fonction publique qui se pose.

Je devine les critiques : "Oui mais sur quels mots d’ordre" ?

La FSU doit être à l’écoute des plateformes existantes pour les personnels déjà en lutte et mettre en débats d’ autres mots d’ordre en relation avec les attaques gouvernementales. En fonction du niveau de convergence et d’extension qu’ils jugeront nécessaire, les personnels pourront reprendre :
- l’abrogation du décret sur les rythmes scolaires
- le retrait de la loi d’orientation sur l’école
- le retrait du projet de loi Fioraso et l’abrogation de la LRU et du pacte pour la recherche
- l’arrêt de la MAP et la création de tous les postes statutaires nécessaires

ou encore
- la titularisation immédiate de touTEs les précaires sans condition de concours ni de nationalité

2ème axe :
Un appel à la grève le 5 mars contre la transcription de l’accords de "flexisécurité" afin de rejoindre l’appel de la CGT et de FO dans les Transports. La FSU doit se montrer consciente qu’une dégradation des conditions de travail dans le privé se répercutera sans attendre dans le public avec pour se faire les prévisibles campagnes de dénigrement présentant les fonctionnaires comme des privilégiéEs et des corporatistes. Comme l’indiquait Thierry Le Paon, la MAP et les accords de flexisécurité ont la même logique : celle de faire payer la crise aux travailleurs.

La réussite du 5 mars, appuyée sur celle du 28 janvier, constituerait un premier pas important dans la construction d’un mouvement interprofessionnel public-privé, avec l’objectif de la grève générale contre la politique destructrice du gouvernement.

3ème axe :
L’appel à la grève dans la Justice le 18 février montre la volonté de rompre avec la logique répressive du précédent gouvernement. Pourtant, au lieu de se battre contre les patrons voyous, Valls se mobilise pour surveiller, contrôler et réprimer les mouvements sociaux (salariéEs mobiliséEs contre les patrons licencieurs, militantEs antinucléaires ou encore de Notre Dame des Landes). Comme sous Sarkozy, la FSU doit dénoncer la répression et participer à des collectifs anti-répression, comme elle le fait localement sur les questions liées aux migrantEs ou aux Roms.

Face à un gouvernement qui d’un côté adopte des mesures anti-sociale et de l’autre, organise la répression des mouvements sociaux, les illusions ne sont plus permises. L’élection de Hollande n’a pas signé l’armistice de la guerre sociale.

Intervention Emancipation dans le débat action (Mathieu Pradel)

On a beaucoup discuté de la place du concours, de recrutement des enseignants, mais pas des contenus. Les nouvelles maquettes concentrent les objectifs des lois Fioraso et Peillon. Ce qui fonde ces concours, c’est le "référentiel de compétences professionnelles des métiers du professorat et de l’éducation".
Jusqu’alors tout lauréat du concours devenait professeur des écoles, certifié ou agrégé.
Dorénavant, le concours n’est plus, je cite, qu’un "jalon du parcours intégré de formation". Le candidat ne serait plus évalué sur des connaissances disciplinaires mais sur des compétences scientifiques et professionnelles en cours d’acquisition. C’est donc une redéfinition totale de nos métiers qui est ainsi prévue.
Je ne reviendrai pas sur le contenu du projet de loi Fioraso qui, dans la continuité de la LRU, enterre l’enseignement supérieur et la recherche publics. Le projet est massivement rejeté par l’ensemble de la communauté universitaire. A ce sujet, on peut noter des prises de positon d’UFR, de conseils centraux d’université, mais surtout d’assemblées générales (comme celle de Nanterre du 7 février qui a appelé à manifester le 12 février, ou l’AG des étudiants de Nantes qui s’est réunie hier).
Face à cela, que fait la FSU ? L’intersyndicale du supérieur a appelé à organiser des AG le18 février, le jour où le projet de loi Fioraso doit être présenté au CNESER. Mais cet appel ne contient pas la demande de retrait du projet de loi Fioraso, revendication fondamentale pour construire la mobilisation pour arracher toutes les revendications des personnels. Il ne s’agit pas de "peser" pour faire modifier la loi, ni de l’amender, ni de demander de nouvelles négociations comme demandé dans le texte.
Il est absolument nécessaire que la FSU se prononce pour le retrait des projets de loi Fioraso, Peillon et de décentralisation qui forment un tout cohérent, et qu’elle appelle, sur cette base, à la mobilisation des personnels.
Les mobilisations qui s’annoncent, celles qui ont commencé dans le premier degré, montrent que pour défendre les revendications, il faut combattre ce gouvernement. C’est cette orientation qu’Emancipation continuera à défendre pour que la FSU joue son rôle, pour une FSU de lutte au service des personnels.

Intervention Emancipation (Catherine Laurenti) sur l’action

Ne pas exiger l’abrogation du décret sur les rythmes scolaires, ni le retrait des projets de loi Peillon et Fioraso… c’est donner quitus au gouvernement pour poursuivre sa politique réactionnaire qui s’inscrit dans la droite ligne de Sarkozy-Chatel.

Les professeurs des écoles ont montré la voie en descendant massivement dans la rue. Nous, nous devons continuer la lutte. Si nous ne le faisons pas, voici ce qui nous attend si nous faisons un peu de prospective :

Une école de plus en plus inégalitaire… car ne nous leurrons pas, les activités péri-éducatives seront payantes, et excluant les enfants des familles les plus défavorisées, creusant encore davantage les inégalités entre territoires.

Une école du socle qui nous est annoncée avec les conseils communs école-collège… cela provoquera la flexibilité des personnels ("échanges de services") pour aboutir à la fameuse "école du socle" du CP jusqu’en Troisième. A cet égard, certains établissements ECLAIR nous ont "éclairés" non seulement par les "échanges de services" qui s’y déroulent, mais aussi par la "polyvalence" des enseignants comme par exemple le "superprof de sciences" qui enseigne à la fois, les sciences physiques, la SVT et la technologie.

Sans oublier le corollaire de l’école du socle : le "collège universitaire" avec les désormais fameux "bac – 3 / bac + 3"), qui accentuera encore les inégalités et s’éloignera encore davantage du lycée unique, d’autant plus que l’enseignement professionnel sera dévolu aux régions, ce qui le rendra également encore plus inégalitaire et soumis aux diktats des entreprises.

Malheureusement, face aux attaques graves qui se profilent, le texte "action" qui nous est proposé par la direction est plutôt un texte d’inaction : par exemple, il ne propose pas la moindre date de grève pour élargir la mobilisation, qui a débuté et qui a été massive dans le primaire.

C’est pourquoi Emancipation, qui est soucieuse de garder le caractère unifié et laïque de l’école, pour ne pas la rendre encore plus inégalitaire qu’elle ne l’est déjà, propose de suivre la voie ouverte par les professeurs des écoles en appelant à la grève jusqu’au retrait de ces "réformes" néolibérales qui vendent l’école au capital.


Documents joints

télécharger le texte action d'Emancipation
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