Congrès FSU (thème 4) : interventions et motions Emancipation

vendredi 15 février 2013
par  QD, Administrateur

Le thème 1 du congrès de la FSU portait sur "Etat du syndicalisme et avenir de la FSU". Il a été aussi débattu des propositions de modifications statutaires concernant la FSU. Voici les interventions des délégué-e-s d’Emancipation, et en pièce jointe les amendements et motions d’Emancipation.

Intervention sur l’amendement concernant la loi de « rénovation du dialogue social » (Stéphane Sirot)

La logique de la loi de « rénovation du dialogue social » est contraire aux intérêts du mouvement syndical, à ses valeurs. Elle ne fait que répondre aux impératifs de l’Etat en matière de relations sociales qui sont autant de dangers pour les personnels et leurs syndicats.

Le premier impératif de l’Etat est de mieux contrôler, contraindre et restreindre l’exercice du droit syndical. Le deuxième est d’écarter le spectre du rapport de forces, d’amener les syndicats à dissocier la lutte du processus de négociations. Le troisième est de mettre en musique un dispositif d’accords dits « donnant-donnant » qui ne sont rien d’autre qu’un moyen de dynamiter les droits du monde du travail. Le quatrième, enfin, est d’avoir face à lui des acteurs syndicaux bureaucratisés et institutionnalisés, des élus plutôt que des militants, légalisés par un acte électoral et surtout pas légitimés par leur capacité à rassembler, à construire des mobilisations efficaces.

Au fond, l’Etat, pour asseoir sa paix sociale, encourage les syndicats à tourner le dos à leur histoire, à leur tradition.

Faut-il rappeler que jusqu’en ce début de XXIe siècle, le syndicalisme n’a jamais voulu faire de l’élection la pierre angulaire de sa représentativité ?

Faut-il rappeler que sa légitimité, tant qu’il s’est pleinement considéré comme un contre-pouvoir autonome, et non comme un partenaire social de l’appareil d’Etat, il l’a bâtie sur sa capacité à construire les rapports de forces qui, seuls, tout au long de notre histoire sociale, lui ont permis de gagner des droits et des protections ?

Il n’est pas trop tard pour débattre et réagir. C’est cette démarche, cet espoir que porte Emancipation en demandant à notre congrès de donner un coup d’arrêt à cette désastreuse mutation du syndicalisme en se prononçant pour l’abrogation de la loi de 2010. Il s’agit aussi de donner aussi un signal aux autres organisations syndicales qui, pour certaines, sont en train de constater que c’est le contrat issu d’un dialogue fallacieusement dit « social » qui opprime et que c’est la lutte qui peut libérer, faire reculer le rouleau compresseur des contre-réformes et nous permettre d’acquérir un jour des droits nouveaux.

Intervention sur les structures de la FSU (Quentin Dauphiné)

J’interviens pour présenter l’amendement Emancipation sur les structures de la Fédération.

A Emancipation, nous considérons que la structuration de la FSU en syndicats catégoriels montre de plus en plus son inanité :
- d’abord à la base : à la base, la FSU n’existe pas, les sections locales n’ont aucun moyen financier ni militant, les sections départementales elles aussi ont du mal à avoir une vraie vie.
- ensuite au sommet : en plus des problème ’orientation, les oppositions entre syndicats nationaux désarment la fédération. Le gouvernement peut à loisir opposer les catégories, diviser pour mieux régner. ainsi la FSU n’a jamais été en capacité de présenter un front uni face à la "masterisation", et aujourd’hui encore elle n’oppose aucune cohérence aux projets gouvernementaux sur la formation des maîtres.

Nous proposons de réorganiser la fédération sur la base suivante : une fédération organisée en syndicats généraux regroupant toutes les catégories de personnels sur leur lieur de travail, une fédération qui facilite l’organisation de travailleurs, une fédération qui favorise la conscience de leurs intérêts communs et de leurs luttes communes.

Cette structuration en unions Locales permettrait de développer un syndicalisme qui unifie au lieu de diviser. cette structuration gagnerait à ne pas se limiter à l’échelle locale, mais à s’appliquer à tous les échelons de lé fédération.

Intervention sur la proposition de modification n°1 des statuts de la FSU (Pierre-Olivier Poyard)

Pour la FSU, voter la proposition d’Emancipation apparaît comme une évidence, pour trois raisons au moins :

1) Il n’y a pas de réelle transformation sociale d’ensemble sans rupture avec le capitalisme.
Notre modification statutaire a la mérite de la clarté, elle donne du contenu à l’anticapitalisme (présent dans la FSU).
Notre but final est l’expropriation du capital. Nos revendications immédiates sont vaines, tant qu’il existe une propriété privée capitaliste. Elle fonde les rapports de production actuels, l’aliénation du travail sur le capital.
C’est pourquoi il est logique et rationnel d’exiger sa suppression. Cette modification de nos statuts précise clairement quel est notre projet de société commun.

2) Il s’agit d’un principe de base du syndicalisme, celui de la Charte d’Amiens de 1906, fondatrice du mouvement syndical ouvrier. Je cite :
"il (le syndicat) prépare l’émancipation intégrale (des travailleurs) qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste". Affirmer la continuité historique de la FSU avec cette Charte est pertinent.

3) Je suis sûr que cette modification sera bien accueillie par plusieurs centaines de camarades présents à ce congrès. Elle reprend l’avant-dernier paragraphe de l’article 4 d’un important syndicat de la FSU. Je cite :
"Le but final du syndicat est l’émancipation complète de travailleurs, cette émancipation ne pouvant être obtenue que par l’expropriation capitaliste".

Quel est ce syndicat ? Il s’agit du SNES…

Je vous demande donc de faire de ce projet de société du SNES (et certainement celui d’autre syndicats et tendances), celui de toute la FSU en votant pour cette modification de nos statuts.


Documents joints

télécharger les amenements et motions Emancipation
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