Le Code du Travail malmené ...

L’année 2007 commence très mal pour les animateurs et l’éducation populaire
lundi 5 février 2007
par  Jean-François Chalot

Le Conseil National de l’Education Populaire et de la Jeunesse a tenu une séance plénière le jeudi 11 janvier 2007.
Il s’agissait surtout de voter le projet de décret relatif à l’évolution des BAFA et des BAFD...
L’obligation pour les directeurs titulaires du BAFD de faire tous les cinq ans une piqûre de rappel , c’est à dire de suivre une formationcomme stagiaire ou formateur est supprimée...
Cest une économie non négligeable pour les employeurs et la fin du contact régulier entre les directeurs et les mouvements d’éducation populaire....
Cette réforme n’a eu comme opposition que celle des syndicats de salariés !
Certaines associations d’éducation populaire comme les CEMEA étaient pour le maintien de cette obligation maintenant supprimée, mais qu’importe puisque les FRANCAS, fédération des centres de loisirs étaient favorables à cette réforme.... L’unité a un coût ..

Il ne fallait pas faire de vagues durant ce CNEPJ, même pas protester contre le fait que le Ministre ait décidé contre l’avis de la commission d’agrément Education populaire de donner ce label aux scouts unitaires et à l’IFAC qui sont tout sauf des mouvements d’éducation populaire...
Il ne fallait pas faire de vagues parce que les enjeux étaient autre part....Pendant des années les employeurs associatifs ont demandé de pouvoir se libérer des contraintes du code du travail...

Or cette réforme fondamentale est réalisée...Cette évolution tant attendue mérite bien que les organisations d’éducation populaire se tiennent bien sages au cours de ce CNEPJ

Les grandes associations d’éducation populaire sont satisfaites....Aujourd’hui elles vont pouvoir disposer de deux dispositifs légaux, découlant d’une loi votée par la droite parlementaire et traduite en décrets et arrêtés :

- le contrat d’engagement éducatif
- le volontariat

Dans les deux cas, il leur sera possible d’engager du personnel et de le payer sous le SMIC.
Cette loi du 23 mai 2006 a été demandée par les directions des grands mouvements d’éducation populaire....
Les sénateurs communistes et socialistes ont voté contre ce texte scélérat et toutes les organisations syndicales de l’animation : CGT,FO, CFDT, FSU, UNSA et SUD ont exprimé, ensemble, dans l’unité leur opposition à cette dérogation au code du travail...

CETTE LOI EST EFFECTIVEMENT UNE LOI SCELERATE

Le contrat d’engagement éducatif est une « mine d’or » pour les employeurs....
Ils peuvent employer des animateurs durant 80 jours par an, en ne leur versant que 2,1 heure de SMIC par jour de travail complet !

Le volontariat associatif, quant à lui permet aux associations de recruter un « volontaire « en lui versant une indemnité mensuelle pouvant aller jusqu’à 627 € par mois....Certains seront même rémunérés sous le seil des 600 €

AUJOURD’HUI LE GOUVERNEMENT MOBILISE SES SERVICES POUR FAIRE DU CHIFFRE

Le Ministère Jeunese et Sports a demandé aux directions départementales de placer 20 000 contrats pour 2007
Beaucoup de fonctionnaires, conseillers d’éducation populaire renaclent, certains refusent de se retrouver en VRP au lieu de remplir leur mission de conseil et d’accompagnement.

Devant cette situation inédite des Directeurs départementaux Jeunesse et Sports recrutent des contractuels....Des précaires pour placer des précaires au moins il y a là une logique !

Les associations d’éducation d’éducation populaire passent de la transformation sociale au libéralisme ,sans aucun remord
Face aux réductions des crédits publics affectés aux associations, certaines d’entre elles ont licencié du personnel...
Des projets sont déjà en cours : il s’agit d’engager des volontaires pour remplacer les emplois supprimés, il suffit pour cela de modifier un peu les missions...

Cette situation est inadmissible.

A u sein des associations, des militantes et militants s’opposent à ces dérives libérales et les syndicats d’animateurs n’ont pas renoncé à s’opposer à ces textes dans le cadre du combat social mais aussi au niveau juridique.

Il est clair aussi que si l’action des syndicats est nécessaire, il est undispensable qu’au niveau fédéral et confédéral, il y ait des relais....

Jean-François CHALOT