Appel au boycott des Jeux Olympiques de Pékin 2008

vendredi 9 février 2007
par  Rédaction de la revue Émancipation

À Moscou, en juillet 2000, le Comité international olympique (CIO) confia à la ville de Pékin l’organisation des jeux olympiques d’été 2008. Cette décision place ainsi la Chine en position de modèle politique, social, économique et sportif pour toute la planète. Or, le Parti-État chinois, qui liquida dans le sang ses opposants lors des événements de Tien An Men en 1989, continue de bafouer les droits démocratiques élémentaires, multiplie les camps de concentration ("rééducation", "travail") et développe une géopolitique d’agressions. La charte olympique y changera-t-elle quelque chose ? L’histoire prouve que le CIO ne respecte pas ses idéaux de "fraternité", de "paix" et d"amitié".

(article téléchargeable en PDF avec le reste de la revue à cet endroit)

Après les jeux de la croix gammée (Berlin 1936), les jeux du goulag (Moscou 1980), voici les jeux du despotisme d’État totalitaire et de l’esclavagisme sportif. Derrière le voile idéologique du "plus grand show sportif de l’histoire", un véritable projet de mondialisation se dessine. Pékin en sera l’incarnation spécifique, après d’autres villes (Mexico en 1968 ou Los Angeles en 1984) et avant de nouvelles (Londres en 2012, etc.). La "machinerie silencieuse de l’olympisme" voulue par Coubertin doit cesser de nuire :

Réprimer et détruire

Le gouvernement chinois tente de briser tout ce que la Chine compte de dissidents, d’opposants, d’insoumis, d’intellectuels critiques, de pauvres, d’improductifs et de syndicats libres. La peine de mort s’est officiellement appliquée à 1770 individus en 2005, et 3990 y sont condamnés. La Laogai Research Foundation dénombre 4 000 camps de travail. L’organisation de ces J.O. accélère la destruction de nombreux quartiers populaires (hutongs) et sites historiques dans le cadre d’une urbanisation sauvage dirigée contre les populations les plus pauvres (expropriations de terres, etc.). La reconnaissance internationale des jeux, consacrée par le consensus olympique, donnera un visa d’honorabilité à ces violences.

Conquérir et coloniser

La Chine, qui a des visées de conquête sur Taïwan, poursuit également une offensive diplomatico-guerrière à l’encontre du Japon et terrorise la région autonome des Ouïghours. La colonisation du Tibet prend une tournure de génocide assassinats, tortures et avortements forcés se pratiquent en totale impunité. Grâce aux illusions de "paix et d’amitié entre les peuples", les J.O. ont toujours servi d’écran aux stratégies bellicistes et exterminatrices (Hitler et la Seconde Guerre mondiale, les Soviétiques et l’Afghanistan).

Doper, surveiller et punir

Avec la course aux médailles, la course aux armements biologiques entre la Chine et le reste du monde est lancée. L’enjeu en est l’hégémonie sur les marchés internationaux. Dans la logique même de la compétition sportive, l’élevage sportif chinois est le prolongement d’un système d’encadrement de la population qui avait déjà cours en RDA, en Roumanie, en URSS et à Cuba. Le dopage, la surveillance et la punition sont érigés en système de contrôle. Les robots anabolisés et transfusés sont lancés à l’assaut des podiums.

Corrompre et trafiquer

Le CIO, comme toute honorable société, coopte ses membres parmi les hommes d’affaires, les conseillers politiques, les aristocrates, les financiers et les champions reconvertis dans le lobbying. La corruption de certains de ses membres a été révélée par de nombreux scandales. Est-ce d’une multinationale aux fonctionnements occultes, qui défend ses propres intérêts (Mac Donald’s, Coca-Cola, Kodak, Panasonic, etc.), que nous pouvons attendre une démocratisation de la Chine ? La signification des J.O., bien loin des rêves de "fête", réside dans une stratégie de croissance du marché et de l’affairisme. Et la manœuvre diplomatique du CIO consiste bien, à l’occasion des J.O. 2008, à soutenir un régime totalitaire esclavagiste.

Abrutir et gaspiller

Le matraquage médiatique du spectacle olympique participe d’un monde où la liberté disparaît. Camp de travail force rime avec camp d’entraînement. Cinq milliards d’euros sont actuellement dépensés pour imposer des "réjouissances" de quinze jours dans un pays où la population opprimée manque de tout. Le gaspillage de la fête olympique est une insulte à la misère du monde. Comment pouvons-nous tolérer que le milieu sportif, doté de fortunes colossales, donne une leçon de solidarité aux milliards d’individus vivant avec moins d’un euro par jour ?

Pour l’ensemble de ces raisons, nous appelons les associations de défense des droits de l’homme, les organisations humanitaires, politiques et syndicales, les travailleurs, le monde sportif et l’ensemble des citoyens à se prononcer pour le boycott de cette compétition et de l’ensemble des manifestations liées à son organisation.

BOYCOTT

DES JEUX OLYMPIQUES DE PÉKIN !

L’appel est lancé par le Collectif pour le boycott des J. O. de Pékin soutenu par : Collectifs anti J.O., GrouCHOS (Groupe contre l’horreur olympique et sportive), Offensive libertaire et sociale , Association Discordances (Bordeaux), Fédération Syndicale Étudiante (Caen), Revue L’Émancipation syndicale et pédagogique , Revue Illusio .

Rallye-Dakar : la course à la mort continue…ou le vrai visage des rapports nord-sud.

Depuis deux ans le Rallye-Dakar prend son départ à Lisbonne. Les organisateurs évitent ainsi la France et ses quelques manifestations qui ont chaque année tenté de dénoncer ce "rallye de la honte" (1). L’an dernier : trois morts, un pilote australien de 41 ans et deux jeunes garçons de 10 et 14 ans. Les organisateurs promettaient encore davantage de sécurité pour l’édition 2007, comme ils le font depuis 1979 chaque fois que cette folie fait des victimes, c’est-à-dire pratiquement tous les ans. Seules 7 éditions de cette course à la mort n’ont tué personne.

En 2007, deux jours après son arrivée sur le sol marocain, le Rallye a fait sa première victime : Elmer Symons un motard Sud africain de 29 ans. La caravane continue, the show must go on à travers les villages du Maroc et de l’ouest africain transformés en aire de jeux de bourgeois occidentaux. Dans le même temps la police marocaine assure la sous-traitance des politiques européennes contre l’immigration en traquant les sans-papiers venus du Mali, du Burkina de Guinée ou du Sénégal qui tentent de remonter vers le nord…

Bientôt 50 morts ? La glorieuse incertitude du sport et le cynisme occidental.

Didier Pagès

11 janvier 2007

(1) Dans le numéro 3 de la revue Illusio, Idéologies contemporaines automne 2006 , un bon dossier critique de 30 pages sur le Rallye de la Honte. 500 pages 10 € en vente à notre librairie.


Commentaires  (fermé)

Logo de  Morgane
mardi 14 août 2007 à 13h14 - par   Morgane

J’appelle au boycot des jeux olympiques de Pékin qui sont à tous points de vues un véritable scandale humanitaire et humain. une bassesse de l’Occident avide de marchés juteux.
C’est cautionner ce que fait le régime chinois.
Je refuse...