PSA-Aulnay ne doit pas fermer !

mercredi 3 octobre 2012
par  QD, Administrateur

PSA-Aulnay ne doit pas fermer !

PSA annonce 8300 suppressions d’emplois dans ses usines (3 300 à Aulnay, 1 400 à Rennes)… avec les conséquences en chaîne dans la sous-traitance et dans l’environnement économique local : un drame pour des milliers de salariés !

Cela n’est pas fatal, mais résulte d’un choix entre les intérêts du capital détruisant des emplois au profit des actionnaires… et ceux des salarié-e-s et de la collectivité. Il y a donc urgence à renforcer la mobilisation des salarié-es du groupe PSA et des sous-traitants, à construire la convergence des luttes de tous les secteurs visés par des plans de licenciements, et à organiser la solidarité des autres secteurs et le soutien des populations des villes touchées. Ce n’est pas aux populations de payer les conséquences des politiques européennes d’austérité porteuses de régression sociale.

Hypocrisie générale
Des responsables politiques font mine de s’étonner des choix de la direction de PSA Les restructurations de l’industrie automobile mondiale sont à l’œuvre depuis les années 2000. Les responsables politiques n’ont pas réagi alors que les problèmes étaient connus : Appel d’air des marchés asiatiques d’un côté, et tassement des marchés européens et nord-américains de l’autre, le scénario était connu. Les groupes accélèrent leur mondialisation par des alliances, comme Renault-Nissan à la fin des années 1990, et des plate-formes communes de production de blocs moteurs, pièces mécaniques, de chaînes de montage, de co-filiales sous-traitantes et des délocalisations.

Le capitalisme en crise accentue sa violence destructrice pour maintenir le taux de profit et les dividendes des actionnaires. Ainsi en 2011, le groupe PSA a versé 449 millions d’euros de dividendes et de rachats d’actions. La holding Peugeot (FFP), détenue à 74 % par la famille, empoche 57 millions d’euros, sans compter les revenus de postes importants ou les jetons de présence aux conseils d’administrations divers.

Un plan gouvernemental sans ambitions
Quelle attitude du gouvernement alors que PSA veut jeter à la rue des milliers de salarié-es ? Une fois de plus, il se limite aux aides au patronat du secteur presque sans aucune avec contrepartie au mieux une renégociation à la marge du plan de sauvegarde de l’emploi. Au lieu de mesures coercitives face à l’irresponsabilité sociale des constructeurs de la branche, pour maintenir les salariés dans leurs droits et l’activité économique des sites, on a droit à des discours lénifiants, sans contenu, sur « la nécessité de conforter la filière » ou « l’incitation à l’achat de véhicules français, fabriqués en France ».

Le gouvernement devrait se battre pour une politique européenne coopérative pour la filière automobile, prenant en compte les impératifs écologiques. En réalité, il laisse le patronat automobile imposer des choix technologiques et écologiques du futur. Pire, il laisse croire que les aides fiscales, accordées sans contreparties, vont conduire les grands groupes à développer la recherche et l’emploi, alors que l’expérience montre qu’elles ne servent qu’à enrichir un peu plus les actionnaires.

D’autres choix sont possibles
Pour gagner face à PSA, il faut d’abord éviter la concurrence pour le partage de l’activité entre les différents sites : les directions de groupe savent très bien déshabiller les uns au profit des autres. Ensuite, ne pas espérer limiter la « casse » en donnant la priorité aux seuls salarié-es en CDI de PSA, aux dépens des salariés précaires du groupe (intérim, CDD) et à ceux des sous-traitants.

Enfin, ne pas se limiter à agir pour améliorer le « plan social » ou augmenter la « prime à la valise », alors que d’autres solutions existent pour empêcher tout licenciement direct ou indirect

Quelques propositions de l’Union syndicale Solidaires
- Maintien du site d’Aulnay. L’entrée de l’Etat au capital, par exemple à la hauteur de 20 %, permettrait de mettre en avant d’autres solutions, comme obliger la famille Peugeot à investir un milliard d’euros en contrepartie des aides publiques reçues. L’Etat doit d’ailleurs agir de même concernant Renault.
- O avec les salarié-es concernés mais aussi toute la population sur les questions de la socialisation, du contrôle des salarié-es sur ce qu’ils et elles produisent, sur l’usage de la plus-value dégagée, sur les investissements utiles à la société…
- Protéger Les salarié-es des aléas des restructurations dues aux évolutions de la filière automobile. Pour cela, un fonds financé par le patronat de la branche doit permettre aux salarié-es de garder leur rémunération, leur protection sociale et plus globalement l’ensemble de leurs droits sociaux, pendant le temps nécessaire pour retrouver un emploi comparable, et prendre en charge le financement de leur éventuelle reconversion.

Au-delà du cas de PSA et de la filière automobile, le gouvernement doit engager des réformes visant à donner plus de droits aux travailleurs/euses. Notamment un droit de veto suspensif sur les licenciements collectifs pour les représentants syndicaux. et un nouveau statut du salarié garantissant la pérennité des droits et acquis sociaux

Il faut également poser la question de la réduction du temps de travail avec embauches correspondantes et l’amélioration les conditions de travail. C’est une nécessité face à l’augmentation de la productivité, aux nouvelles technologies et à la montée du chômage.

Annick Champeau


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