Pas de critères : régularisation de touTEs les Sans-Papiers

samedi 25 août 2012

Ci-dessous le texte adopté lors de la Semaine d’Émancipation en juillet 2012, et concernant les Sans-papiers.

Les années Sarkozy-Hortefeux-Guéant ont été marquées par leur cortège d’horreurs : traque et criminalisation des Sans-Papiers, familles séparées, scandale des centres de rétention surpeuplés y compris avec des enfants, quotas d’expulsions … Cette politique a humilié, fait souffrir, tué. Elle s’est accompagnée de déclarations et d’actes racistes contre les Roms en particulier avec des propos dignes d’une période que l’on croyait révolue.

Avant même son élection, le candidat Hollande a annoncé que la politique du gouvernement précédent ne changerait pas sur le fond. Il a fait une promesse facile vite appliquée : l’abrogation de la circulaire Guéant qui ne concernait que les étudiantEs diplôméEs. Pour le reste, a-t-il écrit, « je conduirai une lutte implacable contre l’immigration clandestine » et « les régularisations seront opérées au cas par cas sur des critères objectifs » (proposition n° 50).

Le 19 avril, en pleine campagne électorale, une déclaration commune signée par 11 organisations dont la CGT, la FSU, Solidaires, RESF, l’UNEF … a demandé un « moratoire » sur les expulsions, la régularisation des seulEs Sans-papiers grévistes et l’ouverture de négociations sur des « critères nationaux améliorés ». Autant il est compréhensible dans la défense individuelle des Sans-papiers d’utiliser tous les moyens possibles, autant il n’est pas admissible d’accepter des critères qui sélectionneraient les Sans-papiers susceptibles d’être régulariséEs et les autres qui n’auraient droit à rien. La déclaration du 19 avril qui reprend l’idée de critères est dangereuse et inacceptable. Elle constitue de fait un abandon de la revendication de régulation de touTEs les Sans-papiers.

Hollande a nommé Valls au ministère de l’intérieur et celui-ci a annoncé la couleur. La décision de ne pas enfermer des familles dans des CRA est assortie de telles restrictions (dont l’assignation à résidence) qu’elle n’est pas vraiment un progrès.

Valls entend poursuivre la politique de Guéant avec le même objectif d’expulsions. Il voudra continuer la politique xénophobe européenne avec la barbarie qu’elle entraîne. Il maintiendra en poste les hauts fonctionnaires des préfectures ou de l’OFPRA aux comportements souvent racistes que les Sans-papiers affrontent quotidiennement. La machine à expulser fonctionnera à plein régime et les démantèlements des camps de Roms se poursuivront.

Á la différence de Guéant, Valls essaiera de convaincre l’opinion « de gauche » de la « justesse » de cette politique.

Émancipation appelle à ne pas tomber dans ce piège.et à ce que se réalise l’unité sur des revendications qui n’ont pas changé :

  • Fermeture de tous les centres de rétention.
  • Droit de libre circulation et d’installation.
  • Dénonciation de tous les processus européens qui visent à traquer les Sans-papiers (accords de Schengen, organisation de Frontex qui est en soi criminelle…).
  • Abrogation du décret Balladur qui interdit aux ComorienNEs de venir chez eux à Mayotte et a déjà causé plusieurs milliers de mortEs depuis 1994

Et bien sûr

  • Régularisation de touTes les Sans-papiers.

Transiger sur ces revendications conduirait à de nouvelles souffrances, à la division et à la prolongation sans fin de la politique barbare menée contre les Sans-papiers.

Émancipation tendance intersyndicale, 16 juillet

2012


Brèves

14 février - Réunion publique - Jeudi 23 février à 19h - Alep : un tournant ?

Résistances populaires en Syrie et manœuvres internationales
Réunion publique avec :
Ziad (...)