Appel pour construire une Coordination de Lutte Internationale

vendredi 8 juin 2012

Déclaration de la Réunion Syndicale Internationale "Plusieurs voix, un seul combat".

Organisations appelant à l’organisation d’une Rencontre Internationale à Paris, France, en mars 2013 

Nous voulons fortifier et développer toutes les luttes des travailleurs et des secteurs exploités et opprimés dans le monde entier. Nous souhaitons construire un pôle qui cherche à regrouper les secteurs des mouvements syndicaux, populaires et de la jeunesse, indépendants et alternatifs, qui dans le monde entier s’affrontent aux attaques du capital sous toutes ses formes, et n’acceptent pas la logique de conciliation des directions bureaucratiques traditionnelles. Nous appelons tous ceux qui luttent à se joindre à la construction de notre unité et solidarité basée sur l’internationalisme ouvrier.

Unité face à la crise

Nous pensons qu’il est fondamental, face à la crise, de construire notre unité internationale, en cherchant à coordonner et unifier nos luttes. Nous appelons tous ceux qui luttent et résistent, indépendamment de leur filiation ou non à quelque centrale ou organisation internationale que ce soit, pour qu’ils nous rejoignent dans la construction de l’unité internationale nécessaire pour affronter les plans impérialistes.

Nous voulons approfondir nos échanges d’expériences et discuter de manière libre et démocratique nos conceptions et visions, impulser la construction d’une Coordination de secteurs indépendants et alternatifs.

Nous souhaitons construire un réseau qui développe des actions de solidarité et d’unité, coordonne des campagnes et des initiatives communes, au-delà du fait de faire connaître nos luttes, actions et expériences, comme premiers pas de la fortification de l’unité internationale.

Rencontre Internationale

Nous appelons à la réalisation d’une Rencontre Internationale d’organisations syndicales et populaires, indépendantes et alternatives, fin mars-début avril 2013 à Paris, en France, pour avancer dans le débat et la compréhension de la réalité, et dans l’unité de nos luttes pour affronter les attaques.

Les attaques contre les travailleurs

La crise économique impérialiste se répète et s’exprime par l’approfondissement des contradictions d’un système de production, d’exploitation et d’oppression.

La plus grande crise, depuis 1929, est profonde et atteint tous les aspects de la vie des peuples du monde. Pour le patronat et ses gouvernements, une véritable guerre sociale est devenue nécessaire. Des attaques brutales contre nos droits et conquêtes sociales. L’appropriation des ressources naturelles avec des conséquences environnementales catastrophiques. Le pillage des biens publics et la déstructuration et privatisation des services publics. Le chômage pour les nouvelles générations et la perte de la protection sociale, des retraites et d’autres conquêtes. Tout cela pour garantir le patrimoine des banquiers et des entreprises multinationales.

Pour imposer leur issue à la crise, ils utilisent toutes les méthodes nécessaires : de la répression de toutes les manières que le rapport de forces leur permet ; par la criminalisation, les procès, les arrestations et la répression permanente contre tous ceux qui luttent contre leurs plans ; par l’intermédiaire d’occupations et d’interventions militaires pour garantir leurs projets ; par la division des mouvements, en utilisant toutes les formes d’oppression et discrimination qui peuvent nous diviser, tels la xénophobie, le machisme, l’homophobie, le racisme, etc.

Les conséquences concrètes en sont les attaques aux conquêtes des travailleurs européens ; par des coupes budgétaires dans l’éducation, la santé et les investissements publics dans la planète entière ; par les occupations militaires, comme en Afghanistan et en Haïti, entre autres ; dans la volonté d’intervenir dans le printemps arabe par la militarisation, l’envoi de troupes et l’occupation ; par la crise alimentaire, conséquence de la monopolisation de la production agricole ; par l’appropriation chaque fois plus vorace des ressources naturelles dans toute la planète et l’augmentation de la dégradation environnementale ; par le racisme, la xénophobie, le sexisme, le machisme, et tous types de préjugés et d’oppression ; par le recul brutal des politiques sociales universelles comme l’éducation, la santé, la sécurité sociale et autres services publics ; par la propagation permanente de la xénophobie qui, avec l’approfondissement de la crise, gagne un profil plus fascisant face aux secteurs immigrés.
Les effets de la crise ne se font pas ressentir de la même manière dans le monde entier. On ne peut pas comprendre comme contradictoire avec la crise économique impérialiste la croissance économique, qui se maintient encore en Amérique Latine en Chine et dans d’autres pays. S’exprime en fait des rythmes différents au sein d’une même situation de crise économique impérialiste, qui sont utilisés par l’intermédiaire d’investissements plus importants dans les pays où la combinaison de différents aspects tels une main d’œuvre bon marché, de nouveaux marchés, etc. permet une extraction de plus-value plus importante en cette période.

Comprendre d’une part les spécificités, et d’autre part ne pas considérer toutes les situations comme exactement similaires est fondamentale pour ceux qui veulent résister et lutter. Ainsi appréhenderla réalité comme un tout où, même là où il y a croissance, s’approfondit l’exploitation et l’appropriation des ressources publiques et naturelles : est la manière par laquelle on maintiendra une politique classiste internationaliste de combat contre l’ordre impérialiste international.

La résistance

Mais d’un autre côté, notre classe cherche toutes les manières possibles pour lutter et résister. Dans les grèves générales du peuple grec, dans les mobilisations des étudiants chiliens, dans les grèves en Chine, jusqu’au peuple arabe se mobilisant et descendant dans les rues et prenant les armes pour faire tomber des dictatures longues de plusieurs décennies, comme en Tunisie, Égypte, Libye, Syrie et Barhein, etc. De la lutte héroïque du peuple palestinien aux mobilisations des peuples originaires d’Amérique Latine en défense de l’eau, des ressources naturelles. Des manifestations de la jeunesse dans l’État espagnol et des mobilisations dans les rues des États-Unis, aux actions des étudiants britanniques contre les frais d’inscription, coupes budgétaires et privatisations, et aux cheminots affrontant le gouvernement dans l’approfondissement de sa politique de privatisation de grande envergure. Lors des grèves générales et mobilisations en Espagne, au Portugal, en France. Lorsque les communautés au Mozambique se mobilisant contre les effets des projets miniers des multinationales, ou lors des luttes des immigrants dans de nombreuses parties du monde.

Le printemps arabe est parvenu, au travers d’actions des masses, à mettre en échec et à faire tomber des dictatures de plusieurs dizaines d’années d’existence, a amené des vents nouveaux pour le mouvement, avec la possibilité de victoire pour ces mobilisations. C’est pour cela que l’appui aux peuples arabes est décisif, dans leur lutte contre les dictatures, combinées avec la dénonciation et le rejet de quelque intervention impérialiste que ce soit dans la région. Ces mobilisations, accompagnées de la résistance héroïque du peuple palestinien, peuvent conduire l’impérialisme à la défaite de l’état sioniste d’Israël, ce qui aurait des conséquences profondes pour la situation internationale.

Faillite des directions

Malheureusement, le grand capital et ses gouvernements, pour imposer leurs plans, comptent avec la collaboration de la majorité des organisations syndicales et populaires du monde. Des organisations bureaucratisées, sans démocratie, qui empêchent les travailleurs et la base de décider des orientations des luttes et de la résistance. Au-delà des discours, ils négocient etacceptent les pactes et les plans d’austérité, produits de la logique du capital. C’est pour cela qu’ils refusent de construire une véritable unité des travailleurs et travailleuses et des secteurs exploités et opprimés du monde entier. Ce rôle de ne pas appuyer, coordonner ou unifier les luttes est clair et catégorique dans la situation européenne, où se succèdent des grèves générales et des manifestations et où les directions traditionnelles se maintiennent à la direction de ces luttes pour tenter de les contrôler.

De nouvelles directions

Dans ce processus ont surgi de nombreuses tentatives d’expressions nouvelles d’organisation pour les luttes. Des tentatives de sauver la démocratie, où la base peut lutter, mais aussi décider, pour que nos luttes ne soient plus conduites vers les pactes et les négociations, dont la logique est la préservation de l’ordre du capital. De nouvelles expressions d’organisation que cherche à retrouver l’unité dans différents luttes. Mouvement syndical, mouvements populaires, luttes pour le logement et la terre, peuples originaires en défense de ses territoires et cultures, chômeurs, jeunesse, luttes contre toutes les formes d’oppressions et de préjugés, contre les interventions militaires, en défense du droit d’organisation et de manifestation, en défense de l’environnement, comme ressources de l’humanité, et non pour les intérêts du capital. Elles sont nombreuses !
La forme sous laquelle s’exprime ce processus de sauvetage des organisations de lutte, contre la conciliation, avec démocratie ouvrière et indépendance face au patronat et à ses gouvernements, prend des expressions différentes en relation à la réalité et l’histoire de chaque pays.

Nos organisations s’engagent à chercher à renforcer les luttes et la résistance des travailleurs avec un programme classiste, contre les oppressions et l’exploitation, anti-impérialiste, en défense des droits sociaux et des droits du travail, en défense des ressources naturelles et de l’environnement. Elles s’engagent également à développer des expériences d’organisation de démocratie ouvrière qui combine la participation de base et la défense de revendications concrètes de tous les jours, dans la perspective de répondre à la nécessité de construire un autre ordre économique et social qui rejette de manière radicale toute forme d’exploitation et d’oppression.

2012 – São Paulo / Brésil

Réunion Internationale

Organisations ayant déjà signé cette déclaration

CSP Conlutas (Brasil) ; Union Syndicale Solidaires (França) ; RMT - National Union of Rail, Maritime and Transport Workers (Inglaterra) ; Federação dos Sindicatos Independentes (Egito) ; Batay Ouvriye (Haiti) ; CCT - Confederacion de La Classe Trabajadora (Paraguai) ; CGT - Central General de Trabajadores y Trabajadoras (Costa Rica) ; COBAS – Sindicato de Comissiones de Base (Espanha) ; CUB – Confederazione Unitaria -Base (Itália) ; ANEL– Assembléia Nacional dos Estudantes Livre (Brasil), CONES - Coordinadora Nacional Estudiantes Secundarios (Chile), FEUCR- Federacion de Estudiantes de La Universidad de Costa Rica (Costa Rica) ; SYNTRASESH – Syndicat National des Travailleurs des Services de la Sante Humaine (Benin) ; SUTTAAA – Syndicat Unique des Travailleurs des Transports Aeriens ET Activites Annexes (Senegal) ; IAA R– Encontro Internacional de Trabalhadores de Montadoras (Alemanha) ; ISIS - Housing Assembly, ILRIG, GIWUSA (África do Sul) ; Alianza de Trabajadores de La Salud y Empleados Publicos (México) ; APUHL– Asociacion de Profissionales Universitarios del Hospital Laccade (Argentina) ; ANDES-SN, Construção Civil (PA/CE), Metalúrgicos São José dos Campos (SP), Petroleiros – (RJ/SE), Sintect (PE), Sintusp (SP), Simpere (PE), Municipários Porto Alegre (RS), Sindjustiça (CE), Federação Sindical e Democrática dos Metalúrgicos (MG), Sindess (MG), Sintrajud (MA) (Brasil) ; Defensoria Popular – Derechos Humanos, FENADAJ, Sindicato Cervecero Kunstmann-Valdívia, Sindicato Frival-Valdívia, Sindicato Kunstmann-Valdívia (Chile) ; SINDEU – Sindicato de Empleados y Empleadas de La Universidad de Costa Rica, Sindicato de Salud y La Seguridad (Costa Rica) ; Émancipation Tendance Intersyndicale (França) ; Liverpool TUC, UNITE – Community Casa Branch NN567, University and College Union Liverpool University, Liverpool Guild of Students, Liverpool University, NUS University College London, Asylum Voice Liverpool (Inglaterra) ; Sindicato de La Ninez, Sindicato de Periodistas, Sindicato de Trabajadores Club Centenario, Sitrasenavitat (Paraguai) ; Sindicato de Trabajadores de Celima, Sindicato Nacional de Backus y Johnston, Sindicato Unitário de Trabajadores Mineros, SUTE-13 Sindicato de Trabajadores de La Educacion – Villas Maria Del Triunfo/El Salvador, SUTE-14 Sindicato de Trabajadores de La Educacion – S. J. Miraflores/Lima, Centro Federado de La Faculdad de Psicologia (Peru) ; Espacio Classista – Agrupacion 1886 – SUINAV (Uruguai)


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