Rupture ou continuité ?

mardi 26 juin 2012

La situation actuelle est inédite. Non pas en raison du calendrier politique, ou des incertitudes qui pèsent sur l’issue des élections législative au moment où s’écrit ce texte, mais parce qu’on garde l’espoir de mettre enfin un terme à au moins dix ans d’attaques et de régressions sociales. Pendant la présidence de Sarkozy, ces attaques se sont multipliées avec un rythme et une gravité sans précédent. D’où aujourd’hui ce sentiment d’urgence largement répandu, renforcé dans le secteur privé par les annonces de licenciements massifs.

Cette mandature s’est aussi illustrée par une méthode de gouvernement, le "dialogue social", à laquelle toutes les directions des organisations syndicales dites représentatives ont participé, et qu’elles ont donc cautionné et légitimé. Comment dès lors ces directions peuvent-elles poursuivre dans la même logique, au vu du bilan de ce quinquennat ? Comment peuvent-elles s’illusionner sur un "dialogue social rénové", quand on connait les menaces et les dangers que le projet socialiste comporte ?

Ce projet, on en connait de longue date la philosophie : rassurer les marchés financiers, mutualiser les dettes publiques de la zone euro avec les "eurobons". Mais mutualiser la dette c’est accepter de faire payer par les travailleuses et travailleurs européenNEs une dette qui n’est pas la leur ! Il s’agit aussi d’accorder quelques concessions pour faire accepter d’autres abandons (par exemple, retraite à 60 ans avec 41 annuités, pour celles et ceux qui ont travaillé depuis l’âge de 18 ans, mais abandon du taux plein à 37, 5 annuités). Mais les mobilisations de ces dernières années ont eu pour objectif de défendre les acquis sociaux, non d’accepter qu’ils soient rognés !

La méthode est également connue : le “dialogue social rénové”, encensé par Laurence Parisot, avec une “grande conférence sociale” prévue en juillet… pendant les vacances. De même, dans l’éducation, Vincent Peillon prévoit une concertation durant l’été, pour une nouvelle loi de programmation en octobre.

Des décisions importantes peuvent donc être prises pendant les vacances d’été, sur les cadeaux à l’école privée, sur les rythmes scolaires et le calendrier des vacances, sur les conditions de la rentrée 2012. On devine déjà, par exemple, que le nombre de postes supplémentaires envisagé dans l’Éducation Nationale pour septembre ne permettra pas l’annulation de toutes les suppressions décidées par le gouvernement Fillon.

Vincent Peillon a d’ailleurs bien précisé qu’il ne s’agit pas d’ouvrir des négociations, mais de simples concertations, et que “les arbitrages” sur la nouvelle loi seraient rendus fin juillet.

Malgré tout, les attentes sont fortes. Le vote exprimé le 6 mai, c’était un vote pour que soient démantelées toutes les mesures réactionnaires de Sarkozy, un vote pour les revendications, et non un vote d’adhésion au projet défendu par François Hollande. Il nous faut donc faire campagne dès maintenant pour mettre les collègues en alerte, pour être réactifs et mobilisables y compris pendant les vacances. C’est maintenant qu’il faut poser l’éventualité d’une grève à la rentrée. C’est maintenant que se joue l’abrogation de toutes les mesures de destruction de Sarkozy, tout attentisme rendrait la reconquête sociale encore plus difficile.

Retrouvons-nous à la Semaine de Châtillon-en-Vendelais pour en débattre et approfondir nos analyses.

Raymond Jousmet, 31 mai 2012.


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