Un syndicalisme de lutte contre l’économie de la connaissance

Contribution de la tendance Émancipation au congrès d’étude du SNESUP
jeudi 26 avril 2012

Renvoyant aux calendes post-électorales la construction de tout rapport de force, la direction du SNESUP - qui a participé au renouvellement des Conseils centraux d’Universités à la sauce LRU avec le même objectif cogestionnaire qu’en 2007 – s’apprête pour son Congrès d’étude 2012… à approfondir une “bonne” mastérisation, une évaluation “formative” des personnels, et une “meilleure lisibilité” pour de “nouveaux parcours” ! La contribution de nos camarades dénonce cette logique de dialogue social.

Une chose est claire : quel que soit le contexte issu des échéances politiques dans lequel le congrès d’études sera amené à définir ses mandats, et quel que soit le pouvoir en charge de la conduite de la politique, nous ne devons surtout pas baisser la garde. Il y a urgence à pouvoir mettre en avant, et sans attendre la rentrée, des revendications radicales pour en finir avec la casse européenne du service public de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche, impulsée à marche forcée en France par ce gouvernement. L’hypothétique annonce en réponse à “l’appel du SNESUP” d’une abrogation, ou “réforme”, de la LRU n’entraînera pas à elle seule l’effondrement de la mécanique des lois scélérates qui la structurent et sont venues progressivement la renforcer, s’il n’y a pas parallèlement une volonté de rupture effective avec le syndicalisme de “dialogue social” qui l’alimente.

QUELLES PERSPECTIVES
POUR LE SYNDICALISME UNIVERSITAIRE ?

Le syndicalisme ne peut espérer gagner sur ces revendications avec un pouvoir qui nous amène et nous condamne à discuter et accompagner de manière plus ou moins critique l’application de régressions programmées et imposées. Déplorer que la communauté universitaire ou scientifique n’ait été consultée à aucun moment du processus de “réforme”, exiger de “pouvoir participer activement et démocratiquement aux décisions prises”, voilà qui hypothèque étrangement la construction du rapport de force nécessaire au rétablissement d’une dynamique à l’université, celle qui lui restituera “L’autonomie scientifique et pédagogique En tant qu’université d’état” (A. Fraïsse). Les conquêtes sociales s’obtiennent dans les luttes et non par des concertations biaisées !

Le SNESUP ne doit donc pas se contenter de prendre position pour l’abrogation de la LRU ou le retrait des contre-réformes du sarkozysme. Notre syndicat doit être porteur de mots d’ordre clairs et radicaux, pour ne pas reproduire l’échec de la mobilisation exemplaire de 2009. Il ne peut faire l’impasse sur le refus du démantèlement des IUFM et du système de formation, l’abrogation du nouvel arrêté relatif à la Licence et, au-delà, doit revendiquer celle du LMD et des décrets de 2002 en remettant en cause l’ensemble du dispositif européen de marchandisation de l’éducation et de l’ESR.

FACE AUX CONTRE-RÉFORMES
OPPOSER UN PROJET ÉMANCIPATEUR

Sous cette dernière présidence, le gouvernement a entrepris à marche forcée une transformation radicale de tout le système éducatif pour le soumettre aux exigences d’un patronat néolibéral. La loi d’orientation de 2005 est le socle des déréglementations faisant des jeunes une main-d’oeuvre vouée à la précarité, la flexibilité, la mobilité dans une logique de “ compétences” à l’aune d’une économie de la connaissance et son management de la maternelle à l’université : “Livret Personnel de Compétences”, “réforme” de la licence... Ce sont les preuves patentes d’un contrôle social généralisé.

Ce “New-Management” d’entreprises universitaires, touche aussi bien les étudiant-e-s que les personnels introduisant une logique libérale lors de “l’évaluation des personnels” dans un objectif global de “modulation des services”, prémices à la destruction des statuts de la fonction publique et dans le cadre du décret de 2009, celui des Enseignants-Chercheurs. Le processus final consiste à rentabiliser la gestion financière des RCE et celui des services “ gestionnaires” des ressources dites humaines. Les président-e-s deviennent patronnEs d’entreprises à “dégraisser”. La pénurie budgétaire est prétexte au gel massif des emplois, à la précarisation croissante de tous les personnels, à l’augmentation prochaine des frais d’inscription pour les étudiant-e-s.

Dès lors, il n’est plus possible pour le SNESUP-FSU de se limiter à la dénonciation d’aspects ponctuels de la transformation capitaliste de l’école et de son université laïques. Élaborons avec les étudiant-e-s et la FSU, un projet émancipateur en rupture avec la loi d’orientation de 2005, sans hiérarchie entre les savoirs, sans sélection précoce.

UNIFICATION SYNDICALE
ET CONVERGENCE DES LUTTES

Pour Émancipation, une unification syndicale est certes nécessaire, mais elle doit se fonder sur les principes d’une lutte passant par des actes en rupture avec le capitalisme. L’indépendance syndicale doit être assurée face aux gouvernements, partis et forces confessionnelles (Charte d’Amiens). Cela passe par des actes concrets : les revendications, la démocratie dans les luttes et les mouvements sociaux (AG souveraines et coordinations), dans l’ESR, avec tous les syndicats étudiant-e-s sans exclusive.

Bernard Deknuydt et Georges Hugot, Émancipation


Contacts : ema.au.snesup@gmail.com et/ou
congres-snesup@emancipation.fr


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