Sans-Papiers : Sarkozy veut ses 25000 expulsions ; la lutte continue et doit se renforcer

lundi 15 janvier 2007
par  Rédaction de la revue Émancipation

Le Réseau Education Sans Frontières qui a tenu sa dernière réunion nationale le 18 novembre à Paris avait décidé de faire du 22 novembre une date nationale de manifestations devant les préfectures pour signifier la permanence d’un combat aux côtés des sans-papiers alors que Le Figaro et l’entourage de Sarkozy s’emploient à répandre l’idée que la mobilisation serait en recul par rapport au printemps dernier. Les manifestants étaient présents devant 45 préfectures (1). Ces manifestations mettaient également en lumière la mise en place des Réseaux Université Sans Frontières (RUSF) puisque les étudiants étrangers sont désignés comme les nouvelles cibles de Sarkozy.

(article téléchargeable en PDF avec le reste de la revue à cet endroit)

Depuis des années nous nous mobilisons pour défendre dans ce pays une tradition d’hospitalité et d’accueil qui date de l’esprit révolutionnaire de 1789 et de la tradition des Droits de l’Homme.

La politique migratoire comme laboratoire du libéralisme
Ce combat nous le menons ensemble dans des conditions politiques différentes et face à des gouvernements différents. Notre expérience accumulée dans ces luttes de l’immigration aux côtés des demandeursd’asile, des déboutés, des sans-papiers, de leur famille, de leurs parents, de leurs enfants et notre connaissance cumulée de ces questions dans toute les régions du monde nous montre que l’horreur est possible et qu’elle peut devenir l’horreur mondialisée des vingt ou trente prochaines années.

Au bout il y a la multiplication des situations de travail clandestin, forme moderne de l’esclavage, la réduction du prix du travail et des droits sociaux pour toutes et tous et dans tous les pays.

En ce sens l’immigration et son traitement, en Afrique, aux frontières des Etats-Unis, dans le bassin méditerranéen, en Europe ou en Chine constituent bien le laboratoire mondial du libéralisme en acte. Ce simple constat, s’il est partagé, devrait forcer l’ensemble des organisations démocratiques à venir renforcer la lutte pour le droit à l’existence, pour le droit de circulation, pour le simple droit d’avoir des droits : pour la régularisation de tous les sans-papiers.

La situation actuelle en France
En France, actuellement, cette horreur s’incarne dans la politique d’un gouvernement qui a décidé au printemps dernier de réduire les droits des étrangers vivant en France, notamment le droit de vivre en famille, et de condamner à la précarité à vie les milliers de Sans-Papiers que ces nouvelles lois (CESEDA) vont fabriquer.

Cette politique s’incarne plus précisément encore dans la personne d’un ministre de l’Intérieur, Sarkozy qui a décidé de devenir président de la république et se pose comme le grand organisateur d’une vague répressive qui prétend s’étendre à L’Europe et à l’ensemble du bassin méditerranéen, où l’on va cueillir des enfants et des jeunes à l’école, au lycée, à l’université ou à leurs portes, où l’on va expulser des malades à leur sortie de l’hôpital quand rien n’est possible pour eux dans le pays qu’ils ont fui, où l’on va rafler des pères, des mères et des célibataires dans des opérations de police dans les quartiers populaires de Paris.

Que cela plaise ou non en hauts lieux nous pensons que cette situation est une honte pour la France d’aujourd’hui, mais aussi une honte pour la mémoire.

Poursuivre la lutte
Sarkozy a demandé 25000 expulsions à ses préfets pour l’année 2006. Il pense devoir ses 25000 expulsions à l’électorat de Le Pen sans lequel son projet présidentiel peut être incertain.

Les mobilisations partout en France où des citoyens se retrouvent à devoir cacher des hommes, des femmes et des enfants ont mis à mal ces projets d’expulsions.

De là une véritable radicalisation des pratiques policières au cours des dernières semaines, de là une fragilisation des parcours universitaires pour nombre d’étudiants étrangers malgré les déclarations récentes de Sarkozy, de là des difficultés croissantes pour obtenir le droit de soigner des gens dans des hôpitaux où gagne la suspicion à l’égard des malades étrangers.

De là des expulsions où l’arbitraire est la règle et où le chiffre devient la loi.

Ils ne s’arrêteront que là où nous les arrêterons. Il nous faut donc rapidement être plus forts.

Dans la période électorale qui s’ouvre nous voulons dire à toutes celles et à tous ceux qui s’engagent dans ces campagnes politiques que la question des sans-papiers, est bien une véritable lutte quotidienne avant d’être un thème électoral. Cette lutte nous la menons et nous vous invitons à la mener avec nous avant, pendant et après les échéances électorales pour l’arrêt des expulsions, pour la régularisation de tous, pour le droit à l’éducation pour tous et pour la fermeture des centres de rétention.

Didier PAGES

Pour RESF 63 le 22 novembre 2006

(1) En Guyane il y avait même deux rassemblements, à Cayenne et à Saint Laurent du Maroni. Signalons également la mise en place d’un RESF à Mayotte et même un RESF Maroc.


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