Indépendance

lundi 7 mai 2012

À l’heure où ces lignes sont écrites, la défaite de Sarkozy est annoncée. Ce fait exprime le rejet populaire – ici sur le terrain
électoral – des politiques d’austérité au service des intérêts capitalistes. La victoire de Sarkozy aurait signifié de nouvelles attaques brutales contre le salariat, les jeunes, les immigré-e-s… et celle de l’UMP aux législatives aboutirait au même résultat. Se débarrasser de Sarkozy et de l’UMP est donc nécessaire. Mais pas suffisant !

Certes, nous ne sommes pas (encore ?) en juin 36, où la grève générale de la classe ouvrière avait imposé au gouvernement de
Front Populaire la satisfaction de certaines revendications. Pour autant, les potentialités de mobilisation existent. Les militant-e-s
syndicalistes doivent s’appuyer dessus, et non “adapter” la revendication syndicale au prochain gouvernement. Ou encore sortir des “appels” en faveur de telle ou telle force politique… sur des contenus revendicatifs faisant surtout montre d’une volonté des directions de pratiquer un “dialogue social” de bon aloi avec le pouvoir, comme la plupart l’ont fait tout au long des années Sarkozy. Bradant ainsi l’indépendance syndicale et les revendications trop “radicales”.

D’autant plus que l’alternance promise par la direction du PS, et ses satellites, n’entend pas constituer une rupture avec la
politique de défense des intérêts capitalistes, qui a pris un tour de plus en plus réactionnaire au fil des années de gouvernements de
droite (et de “gauche” avant eux). Que ce soit sur l’abrogation des contre-réformes réactionnaires de la droite, dont beaucoup pourraient
être maintenues telles quelles ou réaménagées à la marge. Ou sur l’orientation politique générale : la direction du PS français peut très
bien mener une politique d’austérité à l’instar de ses homologues grecque, espagnole ou portugaise… dans le reste de l’Europe, où les
partis sociaux-démocrates prennent en charge le démantèlement des droits sociaux et démocratiques. C’est là que le syndicalisme doit jouer
son rôle !

Et la question n’est pas mineure. Car l’autre grande information ce soir nous vient de Grèce : l’effondrement électoral du Parti
Socialiste (le PASOK), qui rassemblait 43% des suffrages il y a trois ans… et à peine 15% aujourd’hui. Le PASOK avait mis en place
pas moins de neuf plans d’austérité, y compris dans le cadre d’un gouvernement d’ “union nationale” avec la droite et l’extrême-droite.
En France même, l’alliance UMP/FN qui s’est dessinée entre les deux tours nous montre un avenir possible : celui d’une coalition
réactionnaire et fascisante s’en prenant à l’existence même du mouvement ouvrier dont les relents pétainistes du 1er mai version
Sarkozy constituent un prélude symbolique.

Non, l’heure est à l’affirmation des revendications et au développement de mobilisations pour les imposer. Dans l’éducation, cela ne passe pas par des “concertations” en plein milieu de l’été sur une nouvelle “loi d’orientation” sur l’école, qui se contenterait d’aménager (alors qu’il s’agit de la supprimer) la loi Fillon de 2005 dont la nocivité est chaque jour plus visible. Mais bien plutôt, dans l’immédiat, par l’organisation du refus d’une rentrée 2012 sur les bases définies par le gouvernement “sorti”. Et plus globalement par la
construction d’un mouvement de rupture avec la politique suivie depuis tant d’années, dans l’éducation comme ailleurs. Cette orientation s’accompagne d’une perspective : la rupture avec le capitalisme. Et implique une démarche : l’indépendance syndicale.

Quentin Dauphiné

le 6 mai 2012 (22h30)


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