Résister & Construire Tous Ensemble !

vendredi 6 avril 2012

Le SNASUB, syndicat de la FSU qui syndique les personnels administratifs et des bibliothèques, tient son congrès dans un contexte particulier. Une tendance d’opposition pour un syndicalisme de lutte et de résistance propose une orientation alternative au suffrage des syndiqué-e-s : la liste RCTE ("Résister et Construite Tous Ensemble"). Les militant-e-s d’Émancipation dans le SNASUB en sont parties prenantes. Voici le texte d’orientation de la cette liste.

Résister !

Une crise économique d’une ampleur inédite dont les premières victimes sont les peuples

L’économie européenne est entrée dans une phase de crise sans précédent. Le taux de chômage atteint 10,3 % dans l’ensemble des pays de la zone euro, montant à 22,9 % de la population active et 49,6% des jeunes de moins de 25 ans en Espagne. En Grèce 18,8 % de la population active et 46,6 % des moins de 25 ans sont sans emploi.

En France, le taux de chômage est de 10%. Les salaires et les pensions sont gelés. Et combien de salariés précaires, tenus de travailler dans des conditions de plus en plus indignes pour des salaires de plus en plus dérisoires ? 28 % des SDF ont déclaré avoir eu, avant de se retrouver à la rue, une profession.

La proportion d’anciens contractuels de droit public, ou, même d’anciens fonctionnaires, même si elle reste encore très faible, va croissant, ce qui démontre l’inanité de l’idée selon laquelle les agents publics vivraient encore dans une sorte de sanctuaire. Pire, environ 25 % des SDF déclarent travailler (CDD, intérim, CES ou autre petit boulot. 17 % des concernés « bénéficient » même d’un CDI.

Le remboursement de la dette : un odieux chantage

La réalité est que personne, à présent, n’est épargné par la crise du capitalisme et que le théâtre de la tragédie grecque s’étendra progressivement à l’Europe si rien n’est mis en œuvre pour enrayer la fuite en arrière du capitalisme aux abois. Rembourser la dette souscrite par des institutions financières pour que le système des profits continue de tourner est devenu insupportable. Aujourd’hui, l’Etat français consacre près de 50 milliards d’euros au remboursement des intérêts de la dette !

Nos statuts, nos acquis et nos métiers sont attaqués !

Nous subissons une offensive généralisée :

- Sur les moyens et les droits syndicaux en régression
- Sur la précarité avec comme objectif la substitution du contrat au statut au lieu de la revendication la plus juste et la plus unifiante : celle de la titularisation immédiate de tous les précaires
- Sur le siphonage de la sécurité sociale, de la santé, des mutuelles, des minima sociaux
- Sur les salaires désormais gelés
- Sur l’aggravation de la contre-réforme des retraites : il serait temps de remettre en débat la revendication de la retraite à 60 ans et des 37,5 années de cotisations 
- Sur l’augmentation des impôts les plus injustes, la mise en place de la journée de carence, de la TVA sociale au détriment des plus modestes
- Sur le démantèlement de nos services publics avec le recours de plus en plus au privé et à l’externalisation des services et une privatisation rampante comme pour les CROUS, l’accentuation de la RGPP, les suppressions de postes avec pour corollaire le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux (comment croire dans ces conditions à un protocole d’accord pour résorber la précarité, qu’heureusement la FSU n’a pas signé).

Casse des statuts, individualisation des carrières, souffrance au travail

Tout cela entraîne le développement de la souffrance au travail, accentuée par le développement du salaire au mérite et la mise en place du salaire trinôme, la généralisation des entretiens professionnels conduisant à l’infantilisation, à l’arbitraire et au clientélisme, sous la houlette du N+1. La LRU et le passage aux RCE qui donnent un pouvoir exorbitant aux présidents d’université ne sont qu’un premier pas vers l’"autonomie" de tous les établissements de la maternelle à l’université.

Pour combattre toutes ces mesures réactionnaires qui vont s’accentuer sous le prétexte d’austérité et de récession et gagner sur nos revendications, il faudra compter sur nos propres forces et impulser, rassembler et soutenir dans la grève et dans les luttes tous les salariés, en oeuvrant pour l’unité la plus large et interprofessionnelle public-privé contre la destruction des tous les acquis sociaux obtenus de haute lutte par les travailleurs.

Dans ces secteurs, le SNASUB doit revendiquer clairement le retrait des mesures gouvernementales détruisant nos acquis et nos statuts, refuser la participation au « dialogue social » qui n’est qu’un jeu de dupes et engager dès maintenant, partout où c’est possible dans les établissements des mobilisations durables qui nous permettront de remporter des victoires. Non, les salarié-e-s ne sont pas amorphes : ils attendent des syndicats des positions offensives et revendicatives leur permettant de voir le bout du tunnel.

Construire !

Un syndicalisme de lutte

La lutte difficile que nous menons contre cette politique de destruction sociale est par trop affaiblie par l’accompagnement ponctuel ou systématique des réformes par les directions syndicales. Cette stratégie nuit à l’unité nécessaire aux succès des mobilisations et cède aux mirages de concertations qui ne constituent pas un “dialogue” et n’ont rien de “social”.

A 10 ans d’écart, les deux conflits successifs sur les retraites, perdus tous les deux quand la mobilisation était si forte posent la question de la responsabilité de ces directions qui, au lieu de contribuer à créer les conditions d’une grève générale, seule à même de faire vraiment reculer le gouvernement, relèguent et maintiennent les secteurs en lutte dans un cloisonnement paralysant.

Imposer au gouvernement une véritable négociation signifie construire les mobilisations, développer le rapport de force en faveur des salariés et leur en donner la maîtrise en rendant compte auprès d’eux.

Or, notre action collective est trop souvent desservie par des modes de mobilisation inefficaces : partiels, mal coordonnés et parfois dépassés. Le SNASUB peine à faire des propositions de revendications et d’actions réellement capables de mobiliser les collègues. Il ne parvient que partiellement à analyser l’évolution des secteurs où nous intervenons.

Paralysé par la crise qui n’en finit plus de sa liste majoritaire, les divisions incessantes, l’absence de rotation des mandats et l’absence de prise en compte de ses différentes sensibilités, il est dans l’incapacité de renouveler son fonctionnement.

Un SNASUB pluraliste et unitaire

Pourtant, dans le SNASUB, des adhérents font au quotidien le choix de la lutte et de la mobilisation, dans les instances face à l’administration, dans les assemblées générales, les coordinations, dans la rue avec tous les autres salariés et chômeurs, jeunes, retraités en lutte pour sauver les acquis obtenus au cours de deux siècles de combat par nos parents et nos grands-parents. C’est cette action quotidienne dont notre liste veut se faire l’écho.

Nous avons donc besoin d’un SNASUB à l’écoute de tous, qui s’engage à définir une orientation claire résultant d’une discussion associant tous les adhérents. C’est la seule manière de ranimer le débat démocratique et de garantir la possibilité d’un meilleur fonctionnement.

C’est aussi la garantie d’un renouvellement qui respecte les disponibilités réelles des syndiqués militant à différents niveaux. La diversité ne serait pas synonyme de division mais de richesse si nous faisions enfin le choix de l’unité et la fraternité.

Nous avons besoin d’une organisation qui se mette entièrement au service de l’action, des personnels et du service public, avec des secteurs permanents d’activité, professionnels et transversaux, pour analyser correctement et proposer des formes de lutte dynamiques en lien avec la FSU et avec les autres syndicats. Il est urgent d’organiser des réunions des instances nationales plus efficaces et fraternelles qui donnent envie d’y participer plutôt que de les fuir !

Il faut enfin tout mettre en œuvre pour le renforcement et le renouvellement des équipes militantes en donnant envie et en permettant à tous les syndiqués qui le souhaitent de participer au travail collectif.

Avec la FSU, nous devons contribuer à la réflexion sur la recomposition syndicale avec pour objectif la convergence des syndicats refusant l’accompagnement cynique ou résigné des contre-réformes.

Tous ensemble !

La situation difficile que nous connaissons est propice au repli. Repli sur soi, dans le syndicat, alors que nous avons besoin d’un outil de lutte efficace qui informe largement. Repli corporatiste, au travail, quand la situation commande au contraire l’unité la plus large des salariés. Repli identitaire et nationaliste, alors que c’est l’ensemble des peuples qui est frappé par la crise. Pour autant, nous ne nous résolvons pas à abandonner le Tous ensemble !

Tous ensemble dans le syndicat, cela signifie qu’au-delà des divergences, nous devons pouvoir contribuer d’un même élan aux luttes. Le syndicat doit permettre à tous d’exprimer ses aspirations, de les faire progresser dans la fraternité et la solidarité. C’est un outil qui doit permettre de mieux connaître ses droits, de les faire respecter et d’en conquérir de nouveaux.

Tous ensemble avec nos collègues, cela signifie que nous combattons les dérives corporatistes et clientélistes qui discréditent l’action syndicale et que nous favorisons l’action de tous, syndiqués et non syndiqués, dans le cadre interprofessionnel.

Tous ensemble, contre le racisme et les exclusions, contre le sexisme et les discriminations de toute nature.

Tous ensemble enfin, parce que la solidarité internationale est aujourd’hui plus qu’hier une nécessité face à l’offensive des puissants. Les politiques d’austérité imposées par les États membres de l’Union et les Institutions européennes pour « assainir » les dépenses publiques rendent plus que jamais nécessaire une résistance de tous les peuples. Les salarié-e-s ne doivent pas payer le coût d’une crise dont ils ne sont pas responsables.

Votez pour la liste d’orientation

Résister & Construire

Tous Ensemble !

NOS REVENDICATIONS IMMÉDIATES POUR LES SALARIÉS

SALAIRES
Une augmentation générale des salaires : +300 euros minimum pour tous, 5% d’augmentation de la valeur du point d’indice et pas un salaire à moins de 1700 euros nets ; relèvement des bas salaires, défense du pouvoir d’achat de tous par l’indexation des salaires sur les prix ; intégration des régimes indemnitaires aux salaires.

CARRIÈRES
Une réelle amélioration des carrières à partir d’une refonte des grilles indiciaires (début de carrière du C à 1700 euros) qui permette un rythme d’avancement égal et accéléré pour tous et un départ en retraite avec une pension de 1700 euros minimum à 37,5 annuités et l’âge de référence à 60 ans.

STATUTS
Un statut commun plus avantageux, dans le cadre réaffirmé de la fonction publique de l’État, pour tous les personnels administratifs, techniques et des bibliothèques.

EMPLOI ET PRÉCARITÉ
A l’opposé du protocole Tron, le recrutement massif de fonctionnaires, permettant l’arrêt définitif de la précarité avec la titularisation des agents non titulaires ayant un an d’ancienneté cumulée, avec un reclassement basé sur l’ancienneté ; des emplois à temps complet au lieu de cumul à temps partiel. L’arrêt du recrutement de précaires.

EUROPE SOCIALE
Contre les traités européens qui organisent le recul social, Les convergences et l’unification par le haut de nos revendications : salaire, protection sociale, services publics… par l’organisation de luttes coordonnées.

AMELIORER LE FONCTIONNEMENT DU SNASUB : C’EST POSSIBLE !

Le SNASUB manque de militants ce qui entraîne la sous fréquentation et la mauvaise préparation des instances, leur manque de renouvellement, le surinvestissement de quelques camarades, un manque de réflexion et de travail collectifs. Le tout dans une ambiance exécrable. A cela s’ajoute le fait que certains camarades, pourtant élus, sont écartés des dossiers, pour des raisons vraisemblablement politiques.

DES PROPOSITIONS POUR MIEUX TRAVAILLER
- Un travail des instances préparé avec un calendrier prévisionnel des séances et des documents préparatoires aux travaux pour réflexion et mandatement.
- Un débat favorisé par la limitation du temps de parole de toutes les interventions.
- Des collectifs d’animation de ces secteurs travaillant en permanence et sous la responsabilité des instances délibératives.
- Des sections locales renforcées, mieux reconnues et soutenues.

DES PROPOSITIONS POUR INFORMER ET RENDRE COMPTE
- Un site Internet dynamique géré de manière coopérative et pluraliste en lien avec les nouvelles technologies de communication.
- Un Convergences national réalisé par une équipe de rédaction élargie.
- Des tracts, des communiqués de presse et des motions d’actualités réguliers et diffusés largement.

DES PROPOSITIONS POUR RENFORCER NOTRE COLLECTIF MILITANT
- Une participation élargie au travail des instances nationales ou locales à des syndiqués désireux de contribuer au travail collectif.
- Une limitation des mandats et des décharges, seule à même de favoriser la rotation des postes de responsabilité.
- Des sessions régulières de formation aux nouvelles modalités de dialogue social (CT-CHS-CT, etc.) pour les équipes militantes et une coordination des élus.
- Une participation active à la vie de la FSU, avec élaboration collective et comptes rendus réguliers à tous les niveaux du SNASUB, pour bénéficier de la dimension inter catégorielle qu’apporte la Fédération.


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